Israël et le 7-Octobre : la question interdite

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Par Pierre Lurçat
Il faut regarder l’entretien donné par Sarah Netanyahou à la journaliste Tal Meir de la chaîne 14. Ne serait-ce que pour découvrir le visage de la femme la plus vilipendée et caricaturée en Israël par les médias mainstream, qui ne lui pardonnent pas d’être l’épouse du Premier ministre. Il y a quelque chose de totalement irrationnel, et pour ainsi dire de maladif et pathologique dans cette haine envers celui qui a dépassé le record de longévité politique de Ben Gourion et envers sa famille. Je me suis souvent interrogé sur les causes de cette haine pathologique, qui remonte aux origines de la gauche israélienne.
Mais c’est un autre sujet sur lequel je veux m’arrêter ici. Celui de la soi-disant “théorie du complot” qu’aurait reprise à son compte Sarah Netéanyahou, en s’interrogeant sur la matinée fatidique du 7-Octobre. Car en écoutant cet entretien, on constate que non seulement Mme Nétanyahou n’a nullement repris à son compte une quelconque “théorie du complot”, et a déclaré explicitement qu’elle ne se réclame d’aucune “théorie”, mais qu’elle a en vérité posé une question légitime et indispensable.
Cette question, que des millions d’Israéliens et d’amis d’Israël dans le monde se posent depuis bientôt trois ans, est simple : pourquoi le Premier ministre n’a-t-il pas été mis au courant de l’attaque lancée par le Hamas en temps réel, durant la nuit fatidique du 6 au 7 Octobre ? Quelles étaient les motivations de ceux qui – au sein de l’armée et du Shin-Beth – ont sciemment dissimulé, ou retardé une information aussi vitale, à un moment crucial où tout était encore possible et où une réaction préventive de Tsahal aurait pu être ordonnée par le Premier ministre, s’il avait été tenu au courant par les services de sécurité et par les hauts échelons de l’armée ?
En empêchant même que cette question cruciale soit posée, les grands médias mainstream, animés par leur haine de Nétanyahou, renforcent le sentiment du public israélien qu’on lui cache quelque chose… Et c’est précisément ce sentiment qui peut donner naissance à de véritables théories du complot. Plus le “Deep State” israélien et ceux qui le servent s’obstinent à refuser que soient posées les questions véritables, plus ils encouragent les discours complotistes.
J’ajoute que ce n’est pas une “commission d’enquête” dirigée par la Cour suprême – juge et partie dans le plus effroyable échec militaire d’Israël – qui pourra faire la lumière sur cette question et sur toutes les autres. Il faudra pour cela qu’une véritable commission d’enquête publique indépendante du “Deep State” israélien voit le jour. En attendant ce jour, il est normal et légitime que chaque Israélien se pose les questions que Sarah Nétanyahou a posées cette semaine.

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