L’ANTISEMITE KEMI SEBA DECHU DE SA NATIONALITE FRANCAISE
Déchu de sa nationalité après des années de discours anti France et antisémites, Kémi Séba affirme avoir tout perdu. Sophie Aram dresse son portrait.
Déchu de sa nationalité après des années de discours anti France et antisémites, Kémi Séba affirme avoir tout perdu. @SophiaAram dresse son portrait.
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— Le Point (@LePoint) April 22, 2026
Déchu de la nationalité française en raison de ses liens avec la milice russe Wagner, voici que Kémi Séba se plaint à son auditoire : « J’ai tout perdu, on m’a interdit de rentrer dans mon pays. Le pays où je suis né, la France… Alors que je dénonce le néocolonialisme, j’ai jamais dénoncé les Français. » La logorrhée victimaire en forme de rétropédalage de l’influenceur panafricaniste n’enlève rien à la drôlerie de la situation d’un homme regrettant sincèrement de ne pouvoir entrer en France devant une foule de militants vomissant leur haine de ce pays. Une contradiction qui ne semble pas effleurer ce propagandiste « panafrica-russe » au parcours singulier et dont le fonds de commerce est un fourre-tout s’abritant derrière la façade d’une idéologie pseudo-décoloniale. Né à Strasbourg de parents béninois naturalisés français, le jeune Stellio Gilles Robert Capo Chichi rejoint en 1999 la très marginale section française de Nation of Islam, où il découvre les joies du suprématisme noir et du séparatisme racial et religieux, tout un programme.
Converti au kémitisme (religion néopaïenne inspirée de l’Égypte antique), il prend le nom de Kémi Séba et fonde en 2004 la Tribu Ka, un groupement radical réservé aux Noirs prônant la haine des « leucodermes » (des Blancs) et des Juifs. Une orientation qui le conduira naturellement à se rapprocher de Dieudonné et de son Théâtre de la Main-d’or. En 2006, il passe du discours antisémite aux actes en organisant une opération d’intimidation des commerçants juifs de la rue des Rosiers, dans le quartier du Marais, à Paris, qui conduira les pouvoirs publics à dissoudre la Tribu Ka et à prononcer plusieurs condamnations pour « provocation à la haine raciale, antisémitisme et apologie de crimes ». Il séjournera ensuite sept ans au Sénégal, à partir de 2011, occupé à des chroniques télé et à une vague ONG baptisée « Urgences panafricanistes », avant de finir par être expulsé vers la France pour avoir brûlé un billet de 5 000 francs CFA en public. Qu’à cela ne tienne, notre influenceur, qui n’a visiblement rien contre le rouble, se retrouve au service des mercenaires de Wagner et de leur propagande antioccidentale et pro-Kremlin en Afrique, avant d’être expulsé de Côte d’Ivoire, de Guinée, puis du Burkina Faso.
Plus tard, en juillet 2024, celui qui avait brûlé son passeport français quelques mois plus tôt s’en voit définitivement privé en raison de ses activités hostiles à la France, avant d’être arrêté en Afrique du Sud, ce mois-ci, sur la base d’un mandat d’arrêt international émis par le Bénin pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État ».
Pourtant, le caractère folklorique de ces tribulations exotiques ne saurait masquer la progression d’une idéologie racialiste, animée par la haine de la France, de l’Occident en général et des Juifs en particulier, et se réfugiant derrière une ligne pseudo-décoloniale qui ne trompe personne. Un fatras nauséabond auquel peuvent s’ajouter quelques théories complotistes antieuropéennes et prorusses considérant que tout est bon pour affaiblir de l’intérieur un Occident considéré comme ontologiquement colonial et mauvais.
Un discours très présent durant la dernière campagne municipale française, porté par des députés de La France insoumise et par Jean-Luc Mélenchon lui-même. Mais ce kit de victimisation est également présent sur les antennes de Radio Nova ou dans des médias dits « alternatifs ». Le plus navrant, c’est qu’il semble rencontrer un certain écho auprès des militants d’extrême gauche et d’une partie de cette troisième – voire quatrième – génération « issue de l’immigration » que ces pourvoyeurs de haine aimeraient cantonner dans un statut d’éternels arrivants et surtout de victimes. Victimes de tout, de l’Occident, du capitalisme, du colonialisme et, pourquoi pas, du choix de leurs aïeux de quitter d’anciennes colonies pour se réfugier chez leurs « oppresseurs »
Source Le Point

