Le plombier avait découvert un atelier de fabrication d’explosifs appartenant à 2 islamistes à Villejuif : le procès s’ouvre mardi

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Deux hommes radicalisés, accusés d’avoir projeté un attentat à la bombe, sont jugés à partir de ce mardi devant la cour d’assises spécialement composée à Paris. La perspicacité d’un artisan intervenu dans un immeuble de Villejuif avait permis de déjouer un possible drame.
Par Timothée Boutry
L’enquête, comme souvent, a démarré grâce à un tuyau. Mais bien réel celui-là : une canalisation en fuite dans un immeuble de Villejuif (Val-de-Marne). Lors de son intervention, en ce 6 septembre 2017, le plombier missionné est intrigué par ce qu’il aperçoit sur la terrasse d’un appartement du 3e étage : une grande tente sous laquelle se trouvent plusieurs bouteilles de produits chimiques, un réchaud à gaz et des écrits en langue arabe. À l’intérieur, il devine la présence d’un fer à souder et de fils électriques. Par précaution, le plombier prévient la police.
Sans le savoir, l’artisan vient de découvrir un atelier de confection clandestin de TATP, l’explosif préféré de l’organisation Etat islamique. Les deux apprentis chimistes, deux hommes aux convictions djihadistes enracinées, sont jugés à partir de ce mardi 8 juin devant la cour d’assises spécialement composée à Paris. Lors de l’instruction, ils ont reconnu avoir projeté de commettre un attentat, mais sans avoir défini ni date ni cible précises.
Le propriétaire de l’appartement est rapidement identifié et interpellé l’après-midi même. Natif d’Amiens (Somme), Ali M. R. est âgé de 39 ans. À l’époque, son épouse et ses trois enfants sont en vacances à l’étranger. La perquisition de son domicile donne le vertige.
Les enquêteurs mettent la main sur des bouteilles d’acide chlorhydrique, d’acétone et d’eau oxygénée (les trois composants du TATP, dont plusieurs grammes sont retrouvés), quantité d’autres produits chimiques, mais aussi de très nombreux appareils électriques et un système de sonnettes avec bouton de contrôle à distance. Spontanément, Ali M. R. reconnaît que le mécanisme peut servir de détonateur.
«Il était 13h15. Des policiers armés, casqués, ont frappé à ma porte et m’ont dit : Vous avez dix secondes pour sortir», raconte Sylvie, habitante de l’immeuble, boulevard Chastenet-de-Géry. Sans plus d’explication, elle a juste eu le temps de prendre sa chienne en laisse. Après avoir établi un très large périmètre de sécurité qui a notamment obligé des candidats à un concours de l’école de la magistrature à se mettre à l’abri et les commerces à fermer, les démineurs du laboratoire central de la préfecture de police de Paris ont inventorié les produits. Selon une source proche de l’enquête, ils ont recensé au total 100 grammes de TATP, une dizaine de litres d’eau oxygénée et de quoi confectionner des colis piégés. Ils n’ont quitté les lieux que vers 19 heures, une fois le site sécurisé.

En début d’après-midi, les services antiterroristes ont retrouvé le propriétaire de l’appartement et l’un de ses proches, dans un Citroën Jumper blanc au Kremlin-Bicêtre, une commune limitrophe. Ils ont été interpellés sur la nationale 7. Le premier, âgé de 36 ans, né à Amiens (Somme), serait agent hospitalier au Kremlin-Bicêtre. Le second, un antiquaire de 47 ans, né en Tunisie, a été conduit chez lui, près de la porte de Brancion, dans le XVe pour une perquisition. Aucun n’est connu des services de renseignement. Aucun n’a été condamné. La Section antiterroriste de la brigade criminelle parisienne (SAT) et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont été saisies. Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a salué le «réflexe citoyen» de l’artisan à l’origine de l’alerte. Dans l’appartement du 3e étage, hier soir, les enquêteurs continuaient leurs constatations.

Sources
https://www.leparisien.fr/faits-divers/terrorisme-un-plombier-a-decouvert-un-atelier-de-fabrication-d-explosifs-a-villejuif-06-09-2017-7240830.php

Ils projetaient un attentat à la bombe pour se venger de la coalition qui combat l’organisation Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie. Deux hommes arrêtés mercredi 6 septembre après la découverte fortuite d’un laboratoire clandestin dans un studio de Villejuif (Val-de-Marne) ont été mis en examen, dimanche 10 septembre, pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.
Ali M. R., le propriétaire du studio, âgé de 36 ans, n’a jamais été condamné. Il était jusqu’ici inconnu des services de renseignement. Le second suspect, Frédéric L., un converti de 37 ans, était fiché « S », notamment en raison de son intérêt marqué pour la propagande de l’EI sur les réseaux sociaux. Un troisième homme arrêté mercredi a, lui, été relâché sans poursuites.
Lors d’une confrontation dimanche matin, Ali M. R. et Frédéric L. ont reconnu « avoir voulu confectionner une bombe pour commettre un attentat », mais n’ont évoqué aucun projet précis, a déclaré le procureur de Paris, François Molins, lors d’un point-presse. L’un d’eux a, cependant, précisé qu’ils avaient pensé à viser des militaires de l’opération « Sentinelle ».
C’est un coup de chance, inédit dans les annales de l’antiterrorisme, qui a permis de court-circuiter leur projet. Mercredi matin, deux artisans intervenant dans un immeuble de Villejuif aperçoivent, sur la terrasse d’un studio, une bâche recouvrant plusieurs bouteilles, un saladier contenant une pâte blanchâtre, des seringues et une balance. Dans l’appartement, ils découvrent des composants électriques et alertent aussitôt les services de police.
Sur place, les enquêteurs recensent 105 grammes de l’explosif artisanal TATP, ainsi que des éléments pouvant entrer dans la confection d’un système de mise à feu : un réveil bricolé avec des fils électriques, des piles, des seringues, des têtes d’allumettes et des ampoules de guirlande de Noël.
Ils mettent également la main sur un litre d’acide sulfurique, un litre d’acide chlorhydrique, huit litres d’acétone et de l’eau oxygénée, autant de substances permettant de fabriquer « entre trois et quatre kilos de TATP », a ajouté le procureur. Dans un box loué par Ali M. R. à Thiais (Val-de-Marne), les policiers trouveront quelques heures plus tard onze litres d’acétone, de l’eau oxygénée et deux litres d’acide sulfurique. Durant sa garde à vue, Frédéric L. a précisé que l’objectif était de confectionner jusqu’à dix kilos de TATP.
Le projet des deux hommes a vraisemblablement commencé à se concrétiser durant l’été. En garde à vue, Ali M. R. a expliqué avoir entreposé ces produits dans son studio en juillet, afin de « reproduire des tutoriels de confection de TATP » semblables à ceux diffusés par l’EI. Il a admis avoir réalisé, et filmé, deux tests sur sa terrasse : le premier fin juillet, le second deux jours avant son arrestation. Frédéric L. a, lui, admis sa participation à deux essais pyrotechniques, au début et à la fin du mois d’août.
Les policiers de la section antiterroriste de Paris et de la Direction générale de la sécurité intérieure, chargés de l’enquête, ont retrouvé les images de ces expériences sur des clés USB découvertes dans l’appartement. L’exploitation d’un ordinateur a, par ailleurs, mis au jour des recherches Internet relatives aux thèmes suivants : « chimie », « explosifs » et « Etat islamique », ainsi que la présence d’« anachid » (chants religieux) et de jeux vidéo de simulation de conduite, notamment de poids lourds.
Né à Amiens, Ali M. R., qui vend sur les marchés des marchandises achetées en gros, se serait radicalisé progressivement, selon le témoignage du troisième homme relâché dimanche. Selon Le Journal du dimanche, sa femme et leurs trois enfants âgés de deux à dix ans seraient toujours en vacances en Algérie, malgré la rentrée scolaire.
En recherche d’emploi depuis 2011, Frédéric L. a expliqué s’être converti à l’islam en 2008 et revendique une pratique assidue à partir de 2015. Dans son matériel informatique, les enquêteurs ont découvert des photos de kalachnikovs et des abonnements à des chaînes de discussion pro-EI sur la messagerie sécurisée Telegram. Il est également apparu qu’il avait été en contact en août 2016 sur Facebook avec le djihadiste Rachid Kassim, commanditaire de plusieurs attentats en France.
Les deux hommes – qui ont reconnu avoir envisagé de rejoindre l’EI en 2015, avant d’abandonner faute de moyens et de contacts sur place – ont élaboré leur projet dans l’angle mort des services de renseignement. Leur profil inquiète les autorités : ils n’ont jamais été condamnés et ne sont jamais passés par la Syrie. François Molins a d’ailleurs insisté, dimanche, sur la « menace durable représentée en France par les sympathisants de Daech qui sont restés dans notre pays et sont pénétrés par la propagande » de l’EI.
Soren Seelow
Source :
https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/09/10/explosifs-decouverts-a-villejuif-detention-requise-pour-deux-suspects-le-troisieme-homme-libere_5183600_1653578.html

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  1. capucine dit :

    une fois l’atelier de fabrication d’explosifs découverts il ne reste plus qu’à la police de trouver les deux islamistes peut-être fiché S , dans la nature !

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