Le procès de six djihadistes français, dont un ayant revendiqué l’attentat de Nice, s’ouvre en Irak
Dans ce groupe de jihadistes présumés figure Adrien Guihal, qui a notamment revendiqué au nom de l’État islamique l’attentat de Nice, qui avait fait 86 morts le 14 juillet 2016.
Six Français sont jugés à partir de dimanche 20 septembre en Irak pour des accusations de terrorisme, les autorités irakiennes ayant engagé des poursuites à l’encontre de milliers de membres présumés du groupe jihadiste État islamique (EI). Une source judiciaire irakienne a indiqué à l’AFP que le procès de six ressortissants français s’était ouvert dans la matinée.
Si l’identité des Français n’a pas été révélée, la source judiciaire a indiqué qu’ils faisaient partie d’un groupe de 47 ressortissants français transférés en 2025 de la Syrie voisine, où l’EI avait pris le contrôle de vastes territoires à partir de 2014. Dans ce groupe figure Adrien Guihal, un vétéran du jihad français qui a notamment revendiqué au nom de l’EI l’attentat de Nice, qui avait fait 86 morts le 14 juillet 2016, jour de la fête nationale française.
Alors que la question du rapatriement des suspects de l’EI et de leurs familles est un sujet controversé en France, des avocats avaient exhorté Paris à rapatrier « de toute urgence » les détenus français transférés en Irak qui y risquent selon eux la peine de mort. Dans un communiqué publié jeudi, ces avocats, Mes Marie Dosé, Matthieu Bagard, Victoire d’Humières, Pauline Gamba-Martini et Baptiste Vachon, ont dénoncé l’opacité des procédures judiciaires menées en Irak, et l’impossibilité de représenter leurs clients, privés ainsi selon eux des droits de la défense.
Les tribunaux irakiens ont prononcé des centaines de condamnations à mort et de peines de prison à perpétuité contre des personnes reconnues coupables de « terrorisme », y compris des centaines de combattants étrangers de l’EI, dont certains capturés en Syrie et transférés de l’autre côté de la frontière.
En 2019, ils ont condamné à mort 11 ressortissants français, dont la peine a été commuée, en appel, en prison à perpétuité.
Les prisons irakiennes sont déjà bondées
Les prisons irakiennes, déjà bondées de suspects de l’EI, comptent des milliers de détenus supplémentaires depuis leur transfert de Syrie. Début 2026, plus de 5.700 personnes d’une soixantaine de nationalités, soupçonnées d’appartenir au groupe jihadiste, avaient été transférées en Irak après des années dans des camps du nord-est de la Syrie tenus par les forces kurdes. Leur transfert en Irak avait été effectué par les États-Unis après le retrait des forces kurdes de cette région, sous la pression de l’armée syrienne qui s’y était déployée. Parmi les 5.700 personnes figuraient au moins cinq ressortissants français.
Début septembre, la justice irakienne a indiqué qu’elle avait achevé l’interrogatoire de ces milliers de suspects et qu’elle allait désormais pouvoir les juger. Les investigations ont permis d’identifier plusieurs commandants de l’EI, dont de hauts responsables, ainsi que six personnes soupçonnées d’avoir réduit en esclavage des membres de la minorité yazidie, persécutée par le groupe jihadiste, selon la justice irakienne. Elle a ajouté que 457 Syriens devaient être remis à leur pays après que les investigations n’ont fait apparaître aucun élément justifiant des poursuites.
Source
https://www.bfmtv.com/international/moyen-orient/irak/le-proces-de-six-francais-presumes-jihadistes-dont-un-ayant-revendique-l-attentat-de-nice-s-ouvre-en-irak_AD-202609200254.html
