LIBAN-La chute d’Ali Taher : la forteresse du Hezbollah, c’était 20 ans de préparation iranienne
Pendant quarante ans, l’Iran a construit un cercle de feu autour d’Israël.
La pièce maîtresse de ce dispositif était le Hezbollah.
Le joyau du Hezbollah était le complexe qu’il a creusé dans la chaîne d’Ali Taher, la base la plus proche de ce calibre du « petit Satan ».
Il y a deux jours, cette base est tombée aux mains des Forces de défense israéliennes (FDI).
Fruit de vingt ans de travail, avec l’aide iranienne et à un coût considérable, la base comprenait des salles de commandement et de contrôle, des dépôts d’armes et de ravitaillement ainsi que des cliniques de campagne, tous enterrés entre 30 et 50 mètres dans la roche solide. Située à seulement dix kilomètres de la frontière israélienne, avec une vue dégagée sur le Litani et la vallée israélienne de Hula, cette base était le lieu à partir duquel le Hezbollah comptait coordonner sa propre opération du 7 octobre en Galilée.
Les forces israéliennes ont atteint la crête pour la première fois le 31 mai.
Le 12 juin, la division avait pris Kfar Tibnit ainsi que la majeure partie de la crête.
Puis est intervenu le cessez-le-feu, une semaine plus tard, laissant quarante combattants du Hezbollah piégés sous les pieds d’Israël. Une attaque aurait entraîné des pertes qu’Israël n’était pas prêt à assumer et aurait rompu un cessez-le-feu qu’il ne souhaitait pas briser.
Israël a donc entamé un siège.
Ils ont abattu toutes les tentatives de renfort, qu’il s’agisse d’infiltrations ou de drones de ravitaillement, et ont progressivement intensifié les opérations — en envoyant leurs propres drones dans les puits, en installant des haut-parleurs autour de la zone, fonctionnant 24 heures sur 24.
Après un été de siège, les hommes retranchés ont cédé — certains se sont repliés, d’autres n’ont pas pu — laissant les FDI en contrôle total de la crête.
À la mi-août, l’Iran a averti Washington qu’une attaque israélienne complète sur Ali Taher entraînerait une réponse à grande échelle.
Plus d’une douzaine de membres du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) se trouvaient sur place, ont indiqué trois responsables à Reuters, dont au moins deux officiers supérieurs. La question évidente de la présence d’officiers d’une armée étrangère sur un sol souverain est mise de côté — après tout, ce territoire n’est pas souverain, il s’agit du Liban, et le parrain du Liban la France, ne dit pas un mot.
La forteresse est désormais tombée, et la question d’une riposte revient à l’Iran.
Le problème est que l’Iran qui a proféré cette menace n’est pas l’Iran du passé, ni même du passé récent.
Au cours du mois écoulé, les États-Unis ont neutralisé Téhéran dans le détroit, rétabli une grande partie du trafic commercial qu’il avait perturbé et resserré l’étau économique. Un mois de siège a considérablement entamé la bravade de la République islamique.
L’Iran dispose de trois options : une réponse importante, une réponse limitée ou le silence.
Une réponse importante relancerait inévitablement la guerre. Cette perspective présente un intérêt pour un régime en difficulté : la discipline de guerre est la forme de contrôle de foule la plus simple, et si l’Iran est encore plus affaibli que ce que l’on croit, une mort héroïque dans la résistance correspond aux sensibilités djihadistes.
Une réponse limitée risque d’aboutir au même résultat par accident — Israël est prompt à répondre de manière disproportionnée à toute provocation, ce qui affaiblirait davantage le régime.
L’Iran peut encore prendre ce risque. Mais Téhéran a eu plusieurs occasions d’escalader significativement ces dernières semaines et les a toutes refusées, se contentant d’un équilibre précaire entre guerre et paix. Les observateurs ont également noté que la quantité de missiles interceptés en Jordanie indique que l’Iran dispose d’un stock limité de missiles de précision.
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