LIBAN-Des dizaines de terroristes du Hezbollah gazés dans des tunnels
Robots et gaz dans les tunnels : la bataille de Ali Taher se précise, Hezbollah et Iraniens pris au piège
Alors que les négociations piétinent, Netanyahu a évoqué une « opération d’une importance majeure » en cours au Liban.
Les signaux négatifs reviennent au premier plan. Le Liban menace de ne pas participer au prochain cycle de négociations à Rome, tandis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu évoque une « opération d’une importance majeure » en cours au Liban. Il a révélé dimanche que l’armée israélienne avait mené ces derniers jours des opérations intensives visant, selon ses termes, des « terroristes », notamment des éléments présents sur les hauteurs de Ali Taher. Affirmant qu’Israël avait agi avec force au Liban ces derniers jours, Benjamin Netanyahu a indiqué ne pas pouvoir fournir davantage de détails sur la nature des opérations en cours. « Nous agissons avec sagesse et discernement, avec détermination et prudence, en coordination avec l’armée israélienne, et nous œuvrons à éliminer les menaces », a-t-il déclaré.
Le tableau se divise ainsi en deux images : celle de l’impasse politique et diplomatique, d’un côté, et celle de l’escalade militaire, de l’autre, que Benjamin Netanyahu pourrait déclencher à tout moment. Le Premier ministre israélien refuse de s’engager à respecter un quelconque cessez-le-feu au Liban ou à se retirer de nouvelles zones. Il pourrait ainsi exploiter le refus libanais de participer aux négociations pour intensifier ses opérations militaires. Celles-ci se poursuivent déjà, notamment autour de Ali Taher, que l’armée israélienne encercle en vue de lancer la bataille si l’armée libanaise n’accepte pas d’y entrer, d’en prendre le contrôle, de démanteler l’infrastructure militaire du Hezbollah et d’en évacuer ses combattants.

Ce qui s’est passé à Rome
Le problème ne date toutefois pas d’aujourd’hui. Il a éclaté au grand jour pendant le dernier round de négociations dans la capitale italienne , notamment lorsque la délégation libanaise a eu le sentiment que les Israéliens cherchaient uniquement à gagner du temps et qu’ils menaient, en quelque sorte, leur campagne électorale sur le front libanais, raison pour laquelle ils refusaient tout nouveau retrait. Cette situation a provoqué de fortes tensions au cours des discussions, poussant le chef de la délégation libanaise, Simon Karam, à quitter la salle. Des interventions américaines, ainsi que des contacts avec Baabda, ont finalement permis son retour à la table.
Un nouvel incident a ensuite éclaté après l’avertissement adressé par Israël à la localité de Mansouri, à la suite de l’explosion d’une charge contre une unité israélienne, attribuée par Israël au Hezbollah. La délégation militaire libanaise a alors présenté des rapports indiquant que l’engin explosif avait été posé avant l’accord de cessez-le-feu, tandis que les Israéliens ont cherché à présenter les faits différemment, en affirmant qu’il avait été installé récemment. Un autre différend est apparu lors des discussions portant sur les mécanismes techniques et militaires. Les Israéliens insistaient pour que les armes saisies par l’armée libanaise dans des positions ou des dépôts du Hezbollah soient détruites, tandis que la délégation militaire libanaise proposait de les conserver et de pouvoir les utiliser dès lors qu’elles étaient passées sous son contrôle.
Dans ce contexte de blocage, tous les regards sont tournés vers les contacts susceptibles d’avoir lieu entre responsables libanais et américains afin de tenter de remettre les négociations sur les rails. Les calculs de Benjamin Netanyahu semblent toutefois différents, lui qui paraît prêt à intensifier les opérations à tout moment. Il est impossible, à cet égard, de dissocier cette situation de l’escalade observée sur le terrain dans le Sud. Celle-ci s’est notamment traduite par le retour des forces israéliennes dans la localité de Zaoutar el-Gharbiyé, dans ce qui apparaît comme une tentative d’imposer un nouveau fait accompli : Israël pourrait revenir dans toute localité dont il s’est précédemment retiré. À cela s’ajoutent les tirs d’artillerie et les frappes de drones visant la colline de Ali Taher et ses environs

Ali Taher : ce qui se passe sur le terrain
Les forces israéliennes ont désormais resserré leur étau autour de Ali Taher. Selon nos informations, environ quarante combattants, du Hezbollah mais aussi certains membres des gardiens de la révolution iraniens, y seraient encerclés. Le Hezbollah aurait rejeté toutes les formules proposées pour ouvrir un passage sécurisé permettant l’évacuation de ses hommes de l’installation militaire et la remise de celle-ci à l’armée libanaise, en contrepartie du retrait des armes qui s’y trouvent.
Des sources sur le terrain ont dans ce contexte révélé à notre journal des détails supplémentaires sur l’opération évoquée par Benjamin Netanyahu. Selon elles, les forces israéliennes ont eu recours, lors de leur récente progression dans la région de Ali Taher, à des robots et à des véhicules télécommandés, afin d’avancer et de reconnaître le terrain sans exposer directement leurs soldats. D’après ces sources, l’armée israélienne a emprunté un itinéraire par l’arrière, à partir d’une zone située à l’est du passage de Kfar Tebnit, avant que les troupes et les véhicules ne progressent vers le nord de la localité, jusqu’au pied de la colline où se sont concentrées les opérations ces derniers temps. Les sources précisent que le recours à des robots s’est accompagné d’intenses opérations de reconnaissance et de ratissage sur le terrain, en raison notamment du relief difficile et de la configuration de la zone. Les forces israéliennes seraient ensuite parvenues, selon nos informations, à repérer plusieurs entrées de tunnels menant à l’intérieur de la colline et s’enfonçant profondément sous celle-ci. Après avoir découvert ces entrées, les forces israéliennes y ont injecté des gaz toxiques afin de tenter de neutraliser le réseau de tunnels présent dans la zone. Aucune information précise n’est toutefois disponible à ce stade sur la nature de ces gaz ni sur les conséquences de leur utilisation.
L’encerclement de Ali Taher signifie que toutes les voies permettant de ravitailler les combattants en armes et en vivres ont été coupées. Deux scénarios seraient dès lors envisageables : soit une opération commando israélienne menée par des forces spéciales pour prendre d’assaut l’installation, soit une opération militaire de grande ampleur en direction du site. Cette seconde option nécessiterait toutefois de mobiliser d’importantes forces et d’engager une bataille susceptible d’entraîner de lourdes pertes, d’autant que le Hezbollah aurait pris la décision de livrer un combat acharné pour empêcher la chute de cette position. Celle-ci revêt désormais une importance à plusieurs niveaux. D’abord en raison des combattants qui s’y trouvent. Ensuite du fait de son emplacement stratégique : Ali Taher surplombe Kfar Remmane et Nabatiyé : sa prise par Israël signifierait, militairement, la chute de Nabatiyé. Enfin, la chute de Ali Taher porterait un coup majeur à la deuxième ligne de défense du Hezbollah et permettrait à Israël de concentrer ensuite ses efforts sur la troisième, qui s’étend de la Békaa-Ouest au mont Rihane et à l’Iqlim al-Touffah. Les Israéliens ont à plusieurs reprises fait savoir qu’ils entendaient prendre le contrôle de ces hauteurs stratégiques, qui abritent d’importantes installations militaires.
source
JForum.Fr

