L’islamiste pro terroriste Tariq Ramadan, absent à son procès

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Le prédicateur de 63 ans ne s’est pas présenté à l’ouverture de son procès pour viols ce lundi, expliquant être hospitalisé en Suisse, un pays où il ne devrait pas être en raison de son contrôle judiciaire. L’avocat général a demandé un mandat d’arrêt en attendant la position de la cour sur la poursuite ou non de l’audience.

Un flottement chargé de tension a empli la salle Vedel, au palais de justice de Paris. Tariq Ramadan, attendu devant la cour criminelle qui doit le juger pour viols, brille par son absence, ce lundi matin. Le sulfureux prédicateur s’est fait porter malade : il serait hospitalisé en Suisse, après une soudaine crise survenue ce week-end, liée à la sclérose en plaques dont il souffre depuis de nombreuses années.
Coup de théâtre ou tartuferie, avant même le lever de rideau ? En attendant d’y voir plus clair, et surtout de recevoir les pièces prouvant l’état de santé inquiétant de l’accusé, la présidente de la cour a suspendu l’audience jusqu’à 15h30 ce lundi. D’ores et déjà, l’avocat général a requis une expertise médicale, et surtout un mandat d’arrêt international contre l’islamologue, qui, cingle-t-il, n’aurait pas respecté son contrôle judiciaire, et « utilise tous les moyens pour ne pas être jugé ».
Le prédicateur de 63 ans, déjà condamné par la justice helvète pour un viol sur une autre femme, doit comparaître jusqu’au 27 mars devant une cour composée uniquement de juges professionnels, et sous les yeux de trois parties civiles, dont l’une a demandé, pour raisons de sécurité, que le procès se déroule à huis clos. Il encourt jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.
À charge de Me Marie Burguburu, l’une de ses avocats, de commencer de parler dans ce procès très attendu, pour plaider un renvoi de l’audience – une énième péripétie dans cette affaire débutée en 2017. Le ton, étonnamment sec, d’emblée, trahit la raideur des échanges qui semblent avoir précédé quelques instants plus tôt en coulisses, avec la cour : « Nous étions à mille lieues de savoir, samedi en fin de journée quand nous avons eu connaissance d’une hospitalisation, sans plus de détail, qu’il ne pouvait pas être présent » justifie-t-elle.
« Cette absence est circonstanciée », ajoute Me Burguburu, avant de lire l’attestation produite par l’un des médecins suisses qui suit le sulfureux prédicateur pour les troubles neurologiques liés à sa maladie.
Contrôle judiciaire non respecté
Selon la défense, Tariq Ramadan se serait rendu en Suisse au chevet de sa mère âgée, et aurait été admis aux urgences de l’hôpital universitaire de Genève, en neurologie, en raison d’une soudaine poussée de sclérose en plaques.
« Nous n’avons pas ce bulletin d’hospitalisation », cingle de son côté l’avocat général, qui demande une expertise médicale, et, coup de théâtre dans le coup de théâtre, la délivrance d’un mandat d’arrêt international à l’encontre de Tariq Ramadan.

L’ancien professeur de 63 ans, en se faisant hospitaliser en Suisse sans avoir averti les autorités judiciaires de sa présence à l’étranger, aurait en effet violé le contrôle judiciaire auquel il est soumis depuis 2018, avec une domiciliation fixée à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
« Son contrôle judiciaire, il l’a respecté à l’esprit depuis toujours, et à la lettre quasiment depuis toujours, tente d’opposer Me Burguburu. La maladie n’est pas un choix ».
Dans la salle d’audience, deux des trois plaignantes se tiennent, tendues, sur leur banc. « Nous avons depuis un an une femme, qui s’est préparée à ce procès. Tout cela volerait en éclat pour des motifs dont nous ne maîtrisons ni les tenants ni les aboutissants », relève Me David-Olivier Kaminski, l’avocat de Henda Ayari, première des plaignantes à avoir déposé contre Tariq Ramadan, en 2017, dans le sillage de la vague #Metoo. La seconde partie civile, qui se fait appeler Christelle, et souffre d’un handicap qui la force à marcher avec une canne, « a fait l’objet d’une hospitalisation récente, indique son avocate. La troisième est terrée chez elle et reçoit des menaces. »
Après plusieurs rebondissements procéduraux, la cour d’appel de Paris avait ordonné en juin 2024 un procès contre Tariq Ramadan pour des viols sur ces trois femmes – les témoignages de deux autres victimes alléguées n’ont pas été retenus. Un viol aggravé, avec violences et sur personne vulnérable, commis sur « Christelle » à Lyon (Rhône) en octobre 2009 ; un autre viol qui aurait eu lieu en 2012 à Paris, contre Henda Ayari, une ex-salafiste devenue militante laïque qui avait déclenché l’affaire en portant plainte en octobre 2017 ; et un autre sur une troisième femme, remontant à 2016.
Des relations sexuelles particulièrement brutales
Les plaignantes ont décrit des relations sexuelles particulièrement brutales, résumées ainsi par les juges d’instruction dans leur ordonnance : « la main qui tient et force la tête, le bras qui empêche de bouger ou de se retourner, le poids du corps, le regard de fou, les paroles de domination et de soumission, les ordres, les gestes, cette attitude pour imposer les pénétrations ».
La star déchue, qui était devenue au tournant des années 2000 le porte-étendard d’une jeunesse européenne musulmane en quête identitaire, avait d’abord nié avoir eu des rapports sexuels avec ces femmes, puis admis à la mi-2018 l’existence de relations « adultères », empreintes « de domination » mais selon lui « consenties ». Malgré ce tournant majeur dans l’affaire, Tariq Ramadan a continué, jusqu’à ce jour, de clamer son innocence.
Source Le Parisien

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