VIDEO-Macron à Damas : la rencontre avec les Juifs syriens, un symbole aux multiples lectures
La rencontre entre Emmanuel Macron et des représentants de la communauté juive syrienne intervient alors que le nouveau pouvoir syrien multiplie les gestes d’ouverture envers les minorités, dans un contexte où cette séquence revêt une forte portée diplomatique et symbolique.
En marge de sa visite officielle à Damas, Emmanuel Macron a rencontré des représentants de la communauté juive syrienne. Une séquence rare dans un pays où la communauté juive, autrefois forte de plusieurs dizaines de milliers de personnes, ne compte plus aujourd’hui que quelques membres.
Cette rencontre intervient alors que les nouvelles autorités syriennes multiplient les gestes en direction des minorités religieuses. Elles ont annoncé la restauration de plusieurs synagogues et cimetières juifs, encouragent la préservation du patrimoine et mettent en avant ces initiatives dans leur stratégie de réintégration sur la scène internationale. La visite du président français, premier chef d’État de l’Union européenne à se rendre à Damas depuis le changement de pouvoir, s’inscrit dans cette dynamique de rapprochement avec les pays occidentaux.
Pour les derniers Juifs de Syrie et les membres de la diaspora, la restauration des lieux de culte et du patrimoine revêt une dimension particulière. Après des décennies de conflits et un exode massif, ces initiatives sont perçues par certains comme un moyen de préserver l’histoire d’une communauté plusieurs fois millénaire.
Mais cette image d’ouverture contraste avec d’autres signaux. Des vidéos diffusées ces derniers mois montrent encore des combattants de groupes armés proches des nouvelles autorités scandant « Khaybar, Khaybar, ya Yahoud », un slogan antisémite régulièrement repris par des mouvements islamistes. Le passé d’Ahmed al-Charaa, ancien chef du Front al-Nosra devenu président de transition, continue également d’alimenter les interrogations de plusieurs observateurs, malgré les engagements affichés par son gouvernement en faveur de la protection des minorités.
Au cours de sa visite, Emmanuel Macron a réaffirmé le soutien de la France à la reconstruction de la Syrie, tout en appelant les nouvelles autorités à garantir les droits de toutes les composantes de la société syrienne, notamment les minorités religieuses.
SOURCE
https://israj.media-j.com/
Une autre manière, pour Emmanuel Macron, de servir le narratif des islamistes reconditionnés en Syrie consiste à mettre en scène sa rencontre avec les Juifs syriens.
Je veux être très clair : je ne me permettrai jamais de juger l’émotion des Juifs de Syrie face à la restauration… pic.twitter.com/sGik5ooXJP
— Faraj Alexandre Rifai פרג’ אלכסנדר ריפאעי 🇫🇷 (@AlexandreRifai) July 7, 2026
Faraj Alexandre Rifai פרג’ אלכסנדר ריפאעי 🇫🇷
@AlexandreRifai
·
7 juil.
Une autre manière, pour Emmanuel Macron, de servir le narratif des islamistes reconditionnés en Syrie consiste à mettre en scène sa rencontre avec les Juifs syriens.
Je veux être très clair : je ne me permettrai jamais de juger l’émotion des Juifs de Syrie face à la restauration de leur patrimoine, ni leur attachement à leur pays. Personne n’a le droit de parler à leur place.
Mais le problème n’est pas là.
Le problème, c’est l’utilisation politique de cette rencontre par le nouveau pouvoir syrien et ses soutiens, qui s’en servent aussitôt comme d’une preuve de « modération » ainsi que par Macron qui en fait un élément de communication pour son voyage.
Oui, Ahmed al-Charaa promet de restaurer certains lieux du patrimoine juif. Très bien. Mais pendant ce temps, des milices proches du régime continuent de scander « Khaybar, Khaybar, ya Yahoud », et le même al-Charaa a déjà inscrit son combat dans une logique de « conquête » allant jusqu’à Jérusalem.
On ne change pas une matrice idéologique avec quelques images bien cadrées.
Ce qui me gêne profondément, c’est qu’Emmanuel Macron refuse de marcher en France contre la haine des Juifs, mais trouve opportun de se montrer avec des Juifs syriens à Damas, dans une séquence qui sert d’abord la communication du régime.
Cette rencontre n’est pas seulement symbolique. Elle devient un outil de blanchiment politique.
Le régime peut désormais dire : « Regardez, même les Juifs reviennent, même la France nous reconnaît, donc nous avons changé. »
Mais les minorités ne se protègent pas avec des clips de communication. Elles se protègent avec des garanties, des actes, une sécurité réelle, et une rupture idéologique claire avec le djihadisme.
À ce stade, je ne vois pas cette rupture. Je vois surtout une mise en scène.
Et Emmanuel Macron, par avidité d’images, y participe.
happywheels