« Nasrallah se retournerait dans sa tombe » : le regard sans concession d’un média libanais sur le Hezbollah
Deux ans après la mort de Hassan Nasrallah, le Hezbollah conserve ses armes, mais le monde sur lequel reposait sa puissance s’est effondré. À Beyrouth, une analyse dresse le bilan des pertes du mouvement, de la Syrie au Liban-Sud.
« Nasrallah se retournerait dans sa tombe… » : c’est sous ce titre que le média libanais francophone Ici Beyrouth examine ce qu’il reste de l’influence du chef du Hezbollah, tué le 27 septembre 2024. Son constat est sévère : plusieurs certitudes sur lesquelles Nasrallah avait bâti son pouvoir ont été ébranlées.
La rupture la plus visible est politique. Le 26 juin, le Liban et Israël ont signé sous médiation américaine un accord-cadre prévoyant que l’armée libanaise étende son autorité dans le Sud à mesure que les groupes armés y seront désarmés. Beyrouth négocie ainsi directement avec Israël sur un dossier où le Hezbollah entendait imposer sa volonté. Mais la signature d’un texte ne signifie pas que le mouvement a perdu sa capacité de blocage : il rejette l’accord et refuse de rendre ses armes.
Le Hezbollah a aussi vu son environnement régional se dégrader. La chute de Bachar el-Assad, en décembre 2024, l’a privé d’un allié essentiel en Syrie. L’Iran, son principal soutien, a subi de lourds coups. Dans le sud du Liban, les opérations israéliennes ont détruit une partie de ses infrastructures militaires, notamment des tunnels. Ces pertes n’effacent pourtant ni son implantation au Liban ni sa détermination à conserver ses armes.
C’est toute la tension relevée par Ici Beyrouth : le Hezbollah n’a pas disparu, et son désarmement reste loin d’être acquis. Mais il doit désormais défendre sa place dans un Liban qui négocie avec Israël et dans une région où les appuis sur lesquels comptait Nasrallah ne sont plus les mêmes.
