Omar Youssef Souleimane : « Le drapeau palestinien, fonds de commerce électoral de Mélenchon »

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Par Omar youssef Souleimane

TRIBUNE – La présence de drapeaux palestiniens lors du meeting du chef de file insoumis à Saint-Denis, ce week-end, et la participation de la Prix Nobel de littérature Annie Ernaux, qui s’est affichée avec un keffieh, s’inscrivent dans le « projet clientéliste » de LFI pour conquérir l’Élysée, analyse le journaliste.
Journaliste et écrivain franco-syrien, Omar Youssef Souleimane est notamment l’auteur du livre Les Complices du mal (Plon, octobre 2025).

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Dimanche dernier, à Saint-Denis, le drapeau palestinien flottait sur le premier meeting présidentiel de Mélenchon, les keffiehs envahissaient la foule et la tribune : rien de tout cela n’est surprenant. Le chef de La France insoumise a fait de la Palestine le fil rouge de son discours, prolongeant une ligne assumée depuis le 7 octobre 2023. Derrière ce spectacle se dissimule pourtant une idéologie, sur laquelle LFI mise pour conquérir l’Élysée, une aubaine pour les médias des Frères musulmans, qui avaient déjà célébré sa candidature avec enthousiasme début mai.
Né en 1916, ce drapeau était le symbole de la révolte contre l’occupation ottomane (1517-1918). Il fut le socle du nationalisme arabe triomphant. Puis, à partir de 1948, l’année où les États arabes rejetèrent la solution onusienne des deux États, ce drapeau devint celui de la Palestine. C’était pour affirmer que cette cause était, et resterait, arabe et musulmane. Le parti Baas, en Syrie comme en Irak, s’en empara naturellement : sur les bureaux de Hafez el-Assad et de Saddam Hussein, dans leurs meetings, il trônait aux côtés du drapeau national. Résultat : la Palestine est devenue l’étendard d’une nation arabe rêvée, qui n’a jamais existé. La mosquée al-Aqsa et le keffieh étaient les piliers autour desquels ces dictateurs se rassemblaient, pendant qu’ils emprisonnaient, torturaient et affamaient leurs propres peuples. Ainsi, ils justifiaient leur corruption au nom de la lutte contre l’ennemi : Israël. Ils n’étaient pas les seuls : les djihadistes, comme le Hamas, ont fait de ce drapeau leur emblème de combat, et continuent de le faire.
Symbole de la «lutte contre l’impérialisme»
Si ces dictateurs utilisaient la Palestine dans un contexte nationaliste, on est en droit de s’interroger sur le lien entre une candidature présidentielle française et le drapeau palestinien, qui ne représente rien de la France, de son histoire ni de son patrimoine. Mais les cadres de LFI savent que ce drapeau est devenu, dans la mémoire collective de leurs militants, le symbole par excellence de la « lutte contre l’impérialisme ». Il nourrit une nostalgie révolutionnaire, comparable au culte de Che Guevara : le frisson de la révolte contre l’Occident, l’ivresse des causes lointaines. La différence est cruelle : Guevara, qu’on l’admire ou qu’on le condamne, se battait vraiment, au péril de sa vie, contre des régimes qu’il jugeait oppresseurs. Ces militants, eux, agitent des drapeaux dans les meetings parisiens tout en ouvrant les portes aux islamistes.
L’enthousiasme mélenchoniste pour la Palestine trouve un écho fidèle dans les médias fréristes.
Il n’est donc pas étonnant que Mélenchon ait dédié son rassemblement au peuple palestinien, « martyr d’une invasion et d’un génocide », en regardant Rima Hassan, assise à sa gauche sur la tribune, comme un tableau vivant de cette alliance. LFI cherche une légitimité auprès des musulmans de France en faisant de cette cause un sujet prioritaire. Quitte à refuser de qualifier le Hamas d’organisation terroriste, quitte à défendre des militants condamnés pour terrorisme, comme Salah Hamouri, Franco-Palestinien condamné en Israël pour complot visant à assassiner Ovadia Yosef, ancien grand rabbin. Et tant pis pour les victimes civiles israéliennes et arabes massacrées par le Hamas le 7 octobre 2023. Car pour Rima Hassan, l’action du Hamas est « légitime du point de vue du droit international », elle qui déclarait sur al-Jazeera en 2024 : « La Palestine est une cause européenne. » C’est ainsi que l’Occident devient, dans leur rhétorique, le représentant du racisme, du colonialisme et du patriarcat, pendant que la Palestine incarne la justice, l’humanisme et le féminisme. Même si à Gaza, sous le Hamas, les femmes sont soumises à la charia, obligées à un code vestimentaire islamique et écartées de la vie publique.

L’enthousiasme mélenchoniste pour la Palestine trouve un écho fidèle dans les médias fréristes. « Le retour du “rebelle” défenseur de Gaza : quelles sont les chances de Mélenchon à la présidentielle française ? » C’est en ces termes qu’al-Jazeera a accueilli sa candidature. Cette chaîne, soutenant le Hamas sans réserve, adopte une ligne éditoriale qui présente la France comme un pays arriéré, islamophobe et raciste. D’autres médias proches des Frères musulmans présentent Mélenchon comme un sauveur des musulmans de France et le seul véritable allié de la Palestine. L’agence de presse Safa, financée par le Hamas, a commenté sa candidature en ces mots : « Candidat à la présidence française : il est de notre devoir d’être en première ligne pour combattre le génocide à Gaza. »
D’ici 2027, LFI n’offrira à la France qu’un projet communautaire : diviser les Français, instrumentaliser les musulmans, et faire de la Palestine un fonds de commerce identitaire. Ce projet clientéliste n’a rien à voir avec les musulmans, dont il méprise la diversité en les réduisant à une seule cause, un seul drapeau, un seul bulletin de vote. Il n’a rien à voir avec la Palestine non plus, dont la souffrance réelle lui sert de carburant électoral.
Source Le Figaro

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1 Comment

  1. David 92 dit :

    Un torchon plutôt.

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