Subvention à l’Unrwa : la mairie de Marseille avait été alertée, elle n’a pas voulu entendre

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Le vendredi 26 janvier, la mairie de Marseille a suspendu le versement d’une subvention à l’Unrwa. Aide votée alors qu’elle avait été alertée sur l’implication supposée des membres de l’association dans l’attaque du 7 octobre 2023.
Par Sarah-Louise Guille

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Le vendredi 15 décembre dernier, à l’occasion du dernier conseil municipal marseillais, une subvention de 80 000 euros était accordée à l’Unrwa, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. Un mois et demi plus tard, le 26 janvier, la mairie de Marseille annonçait que cette aide, en faveur de l’association onusienne, était suspendue. Et pour cause !
Dans un communiqué daté du vendredi 26 janvier, Philippe Lazzarini, le commissaire général de l’agence annonçait : « Les autorités israéliennes ont fourni à l’Unrwa des informations sur l’implication supposée de plusieurs de ses employés » dans l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Suite à ces révélations, l’Unrwa a pris la décision de « congédier les employés concernés et d’ouvrir une enquête sans attendre ». Des phrases sans surprise pour beaucoup d’observateurs et lecteurs de la presse étrangère, américaine notamment. Valérie Boyer, sénatrice LR des Bouches-du-Rhône et conseillère municipale de Marseille est l’une d’entre eux.
Lors du dernier conseil municipal de la deuxième ville de France, elle a d’ailleurs pris la parole pour alerter Benoît Payan : « Selon plusieurs médias sérieux, cet organisme entretient des relations plutôt ambiguës avec les terroristes du Hamas, lesquels se serviraient régulièrement dans les aides humanitaires acheminées par cette association précisément. » Elle a ensuite ajouté : « Certains de ses employés ont versé dans l’apologie du terrorisme et ses dirigeants adoptent une position unilatérale dans le conflit qui sévit au Moyen-Orient. On est loin, très très loin, des objectifs de concorde et de paix que nous souhaitons tous ici. » Tout en affirmant qu’il fallait aider « les victimes des conflits armés », la conseillère municipale demandait la suspension du vote pour cette association en particulier.

Benoît Payan n’a pas manqué de réagir à cette intervention. Le maire non élu de la cité phocéenne s’est dit « extrêmement interpellé et extrêmement choqué » par les propos de Valérie Boyer. Il a déclaré : « Soutenir que la France a versé 57 millions d’euros à une agence onusienne proche du terrorisme est quelque chose qui me parait relever de l’excès ou tout au moins de l’erreur. » Pour l’édile, dire que « l’agence que la France aurait choisie ne serait pas respectable, c’est une honte. » Tout au long de sa réponse, le maire a pointé du doigt l’élue LR. Il l’a accusée de vouloir « engager la ville de Marseille sur une pente glissante ». Les mots choisis se voulaient réprobateurs et accablants. Un mois et demi plus tard, l’histoire donne raison à Valérie Boyer.
La sénatrice ne s’en réjouit pas. Elle regrette de ne pas avoir été entendue et le ton employé par le maire à son égard : « J’avais alerté sur le fait qu’on avait des soupçons sur le personnel et sur l’utilisation des fonds qui avaient plus servi à faire des tunnels qu’à aider les civils palestiniens. J’ai demandé au maire d’avoir plus d’informations. J’ai été très surprise de sa réponse ». L’édile avait sous-entendu que sa position sur l’Unrwa n’était qu’une manière de combattre Emmanuel Macron. Au vu des éléments mis dernièrement en avant, cette défense peine à tenir. L’élue estime avoir été malmenée lors du dernier conseil municipal, elle confie à Valeurs Actuelles : « Je vais demander des excuses et lui rappeler comment ça fonctionne. Le devoir d’un parlementaire c’est d’alerter. »
Benoît Payan, pantin ou funambule ?
Benoît Payan aurait-il oublié comment fonctionne la cinquième République ? Il laisse entendre que le chef de l’Etat et son gouvernement sont tout-puissants et que leurs choix ne peuvent pas être remis en question ou discutés : « Je suis Français, j’appartiens à la République française et je lui fais confiance ». Le maire de la seconde ville de France, qui n’est pourtant pas de son bord politique, serait-il le pantin d’Emmanuel Macron ? Certainement pas, lors de la réforme des retraites, au printemps dernier, il n’avait eu aucun mal à s’opposer à son président. Il avait même participé aux manifestations de protestation.
Benoît Payan n’a pas fait allégeance à Emmanuel Macron, il fait de la politique populaire. Il est le chef d’une ville dont une frange de la population descend dans la rue tous les samedis pour manifester son soutien à la Palestine et où des graffitis anti Israël sont réalisés çà et là depuis le 7 octobre 2023. Pour Valérie Boyer, cette subvention pourrait être « un moyen de satisfaire ses électeurs ». Mieux, en se cachant derrière une décision étatique, le maire pouvait contenter les uns sans froisser les autres et sans s’attirer les foudres de ses opposants et de la communauté juive (9% de la population marseillaise). Le vendredi 16 février 2024, lors du prochain conseil municipal, il gardera sans doute cette position pour retomber sur ses pattes mais la sénatrice LR qui sera présente a bien l’intention de le mettre face à ses responsabilités. Elle lui demandera des explications comme elle l’a fait avec le chef de l’Etat. Elle veut comprendre comment la France a pu accorder des subventions à l’Unrwa alors que des doutes entouraient déjà l’agence onusienne depuis plusieurs semaines. Elle s’interroge : « Soit les services de renseignements sont nuls, soit on n’a pas voulu voir ? » La question est posée.
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4 Commentaires

  1. benjamin dit :

    il n y a pas que les services de renseignements français qui seraient nuls concernant l urnwa a gaza ! il a aussi et surtout les services israeliens qui n ont pas fait leur job correctement et aussi bien sur le gouvernement d israel qui a ètè particulièrement nul et inconsequent !par exemple et a titre d avertissement les israeliens auraient du stopper le passage des milliers de camions d aide venant d israel!ce qui aurait immediatement declenchè la crise actuelle sur l urnwa!la meme demarche aurait ètè tres salutaire sur d autres multiples organismes d aide a gaza !tous plus ou moins complices des assassins du hamas !israel a denoncè ces oranisations mais sans passer a l acte … donc sans effet !aucun !bref :israel a ètè aveugle complètement sur gaza !exemple : les tunnels si dangereux construits au nez et a la barbe d israel !INCROYABLE !

  2. David dit :

    @ Benjamin
    Tout est dit .

  3. joseparis dit :

    « la mairie de Marseille a suspendu le versement d’une subvention à l’Unrwa ». Ce qu’il faut c’est arrêter définitivement de verser ces subventions à une organisation soit disant humanitaire qui emploie en fait des terroristes qui ont participé au pogrom du 07 octobre. Les gouvernements occidentaux savent très bien ce qu’est l’unrwa, s’ils continuent à verser de l’argent à cette organisation, ils sont complices du terrorisme islamiste.

  4. benjamin dit :

    la volontè du gouvernement d israel est la dissolution de l urnwa et son remplacement par une autre organisation humanitaire !laquelle ??on ne sait pas a ce stade !ce qui d ailleurs induirait la demission du secretaire general de l onu !notoirement anti israel !israel doit tenir bon sur cette ligne et ne plus garantir la securitè des agents de l urnwa operant a gaza !!

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