Tout le clan Merah est parti en Syrie

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Souad, sa sœur, n’est pas le seule membre du « clan Merah » à avoir gagné la Syrie. Sabri Essid, le « demi-frère » de Merah, pourtant visé par une information judiciaire, et une petite dizaine de Toulousains l’ont précédée. L’enquête du JDD.
Une famille entière qui se volatilise du jour au lendemain, ce n’est pas si fréquent. À Toulouse, dans la cité du Mirail, les voisins ont fini par s’inquiéter lorsque l’appartement de la famille Essid est resté silencieux plus d’une dizaine de jours. Quatre enfants de 12 ans à 6 mois, cela fait du bruit. Lorsque, le 17 avril, les pompiers appelés à la rescousse ont défoncé la porte, ils ont découvert un logement méticuleusement nettoyé et rangé. Comme avant un très long voyage. Sabri Essid, le « demi-frère de Mohamed Merah », comme il se définissait lui-même devant la dépouille de celui-ci, en mars 2012, et sa famille sont partis pour la Syrie. Longue barbe et tunique blanche, Sabri Essid fait partie des rares hommes qui ont mis en terre le tireur de Toulouse. Et pour cause. Son père, Mohamed Essid, un Tunisien de 60 ans, a épousé religieusement la mère de Mohamed Merah, Zoulika, en 2010. Après une séparation, le couple se serait d’ailleurs reformé.
Avec Souad, la sœur du tueur au scooter, c’est un autre personnage clé du clan Merah qui s’est lancé dans le djihad. Un musulman radical au casier judiciaire chargé, en théorie très surveillé par les services spécialisés de la police française, et qui n’en est pas à son premier séjour en Syrie… Selon nos informations, Essid, son épouse, le fils de celle-ci âgé de 12 ans, leurs deux jumelles d’une vingtaine de mois et le petit denier de quelques mois seulement ont emprunté le même itinéraire que Souad Merah : le bus qui relie Toulouse à Barcelone puis l’avion pour Istanbul et enfin un vol intérieur turc pour rejoindre la frontière syrienne. Comme de simples vacanciers…
Pourtant Sabri Essid, 30 ans, n’est pas un touriste lambda. Fin 2006, il a été arrêté par les Américains à la frontière irako-¬syrienne en compagnie d’un Albigeois converti à l’islam, Thomas Barnouin. Rendus à la France, les deux hommes ont été jugés en 2009 avec une petite dizaine de comparses toulousains par la 14e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs à visées terroristes. Sabri Essid écope de quatre ans de prison à Fleury-Mérogis. Il purge également une condamnation dans une affaire de mariage forcé, pour laquelle sa « jeune épousée » avait obtenu sa condamnation pour viol… En novembre 2010, à sa sortie, il retourne vivre à Toulouse. Pendant son exil carcéral, Essid reçoit peu de visites en dehors de celles de sa famille. Le seul « copain de la cité » qui lui donne des nouvelles, vient le voir et lui envoie même un peu d’argent s’appelle Mohamed Merah.

Même si les deux familles ne sont pas encore liées par le mariage des parents, Essid et Merah sont des frères religieux, élevés dans le berceau du fondamentalisme religieux des cités. Ils appartiennent à une communauté ultraradicale qui s’est formée au début des années 2000 autour d’Olivier Corel, un « émir » d’origine syrienne qui vit à Artigat, le village ariégeois de Martin Guerre. Mohamed Essid, le père de Sabri, anime les réunions toulousaines dans son propre appartement avec Abdelkader Merah, le grand frère de Mohamed. À l’époque, Mohamed et Essid sont des gamins… Souad Merah est une « sœur » respectée. « Nous sommes après le 11-Septembre, raconte un ancien enquêteur toulousain, ils détestent avant tout les Américains, les Juifs. Ils se rendent fréquemment chez Corel, qui est leur maître à penser. Cette communauté d’une quinzaine de personnes vit alors en quasi-autarcie. Ils se marient entre familles. »
Contacté vendredi par le JDD, Olivier Corel affirme « ne plus avoir aucun contact avec ce groupe ». « Je sais qu’Essid s’est marié et qu’il a eu des enfants, raconte-t-il, mais je ne l’ai pas revu depuis des années. » À son retour à Toulouse, Essid a tout d’abord repris une vie apparemment normale. Il a décroché un emploi dans une entreprise du bâtiment en qualité de grutier, le métier de son père. Il s’est ensuite marié religieusement. C’est Souad Merah qui aurait présenté les deux familles. Au cours de la dernière année, il aurait quitté son emploi et le couple aurait vécu des allocations de mère isolée de son « épouse ». Pour l’état civil, le mariage n’existe pas… Depuis des mois, Sabri Essid préparait en fait son départ. Une dizaine de ses « frères » toulousains, issus majoritairement des quartiers de la Reynerie, de Papus et des Izards, l’auraient précédé sur les terres du djihad. Thomas ¬Barnouin, son compagnon de 2006, aurait quitté la Ville rose au début de l’année 2013.
Á tel point que le parquet antiterroriste de Paris a ouvert une information judiciaire en septembre 2013 confiée aux juges Trevidic, Poux et Le Vert, dont l’objet est d’enquêter sur les agissements d’un groupe « Artigat 2 », « susceptible de commettre des attentats sur le sol national » et d’assouvir sa soif de djihad syrien… Mais pour l’instant, comme il l’a déclaré pour Souad Merah, le ministre de l’Intérieur ne dispose d’aucun moyen juridique pour s’opposer à ces départs.

lire l’article du JOURNAL DU DIMANCHE du 25 Mai 2014 en cliquant sur le lien ci-après

http://www.lejdd.fr/Societe/Faits-divers/Tout-le-clan-Merah-est-parti-en-Syrie-668116

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1 Comment

  1. Delphine 27340 dit :

    Bon débarras, et surtout, qu’ils y reste.

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