Tribune – NAZA – la haine de soi, une haine aussi ancestrale que la haine des juifs

By  |  1 Comment

Le regard de Daniel Saada sur le documentaire anti-israélien primé à Venise.
Au cours de toutes les périodes de l’histoire juive, et donc également au cours de toutes les périodes de l’antisémitisme, sous toutes ses formes, exprimé à l’encontre de notre peuple sur tous les continents et à toutes les époques, des Juifs ont contribué à alimenter la haine contre leur propre peuple ou à le trahir par leurs actes et leurs paroles.
Faut-il rappeler les mensonges éhontés des « explorateurs », ou bien Datan et Aviram, descendants de Eliab, de la tribu de Reuven, qui s’opposaient à l’autorité de Moshé et n’ont pas hésité à le dénoncer à Pharaon après qu’il a tué un Égyptien qui frappait un Hébreu ?
Le prophète Samuel nous raconte comment les habitants de Zif, en Judée, appartenant pourtant à la même tribu que David tentèrent de le dénoncer et le livrer à Saül qui le poursuivait.
Flavius Joseph nous a-t-il trahis après sa capture par Vespasien qui l’a pourtant relâché pour des raisons qui sont obscures jusqu’aujourd’hui.
Un Juif converti au christianisme, Nicolas Donin de La Rochelle, a dénoncé le Talmud auprès du pape Grégoire IX en l’accusant de contenir des propos insultants envers Jésus et Marie. En conséquence, Saint Louis a organisé une confrontation à Paris entre des rabbins et des ecclésiastiques. C’est cette « disputation » qui a mené à la condamnation et au brûlement public de milliers de manuscrits talmudiques à Paris en 1242 en place de Grève (l’actuel parvis de l’Hôtel de Ville).
Les « Judenrat », les conseils juifs mis en place par les nazis et plus tard les kapos de triste mémoire dans les camps ont œuvré contre leurs propres coreligionnaires.
Bref, notre peuple n’est pas exempt de traîtres, de renégats et d’ennemis de l’intérieur.
En fait, c’est même un des effets pervers de l’antisémitisme : la haine de soi juive.
En 1930, un philosophe germano-juif a popularisé cette notion en 1930 dans son livre La haine de soi juive (Der jüdische Selbsthaß). Il y explique comment la persistance de l’antisémitisme ambiant et puissant pousse un juif à éprouver de la honte, du mépris ou du rejet à l’égard de sa propre identité, allant parfois jusqu’à adopter des clichés ou des attitudes antisémites. Il va même beaucoup plus loin car après avoir étudié l’attitude de plusieurs intellectuels et mêmes dignitaires de la communauté juive allemande de cette époque, il a constaté comment certains Juifs intégrés en Allemagne finissaient par intérioriser le regard hostile et méprisant de la société dominante sur leur propre communauté. Il y décèle un besoin de nier ou de cacher ses origines, souvent accompagné d’une sur-identification avec la culture dominante.
C’est ainsi que ces « infidèles » à leur propre peuple décident de reproduire des stéréotypes négatifs ou hostiles envers les Juifs pour complaire au milieu ambiant ou pour se persuader soi-même d’être « différent » des autres membres du groupe.
N’est-ce-pas là exactement ce qu’on fait les réalisateurs de ce documentaire ?
Ils se sont achetés à vil prix un moment de gloire, par le mensonge et la trahison.
Sans compter les ignobles raccourcis consistant à ne pas dire un mot de la genèse de ce qui s’est passé à Gaza ce 7 octobre, l’amateurisme incontestable d’un documentaire qui filme des « témoignages » anonymes et jamais documentés, l’égrenage de mensonges et de fictions qui auraient dû inviter les spectateurs à se révolter face à tant de simulacre et de fourberie.
Ils ont voulu témoigner des « dommages collatéraux » (NZ’’A pour Nezeq Agavi en hébreu) mais ils sont eux-mêmes les « dommages collatéraux » de la haine antisémite et de la détestation d’Israël entretenues depuis ce 7 octobre partout dans le monde.
Alors oui, iIs ont gagné 25 minutes d’ovation.
25 longues minutes au cours desquelles un public assoiffé de haine et de mépris ou tout simplement plongé dans l’ignorance et l’obscurantisme mais gavé des titres d’une campagne médiatique et politique à charge contre Israël depuis bientôt 3 ans, les ont applaudis et acclamés.
25 minutes c’est long et c’est paraît-il une première dans l’histoire de la Mostra de Venise.
Mais une vie entière ne leur suffira pas pour effacer l’abjection de l’infamie et de l’abomination qu’ils ont commises.
En ces jours de pénitence, espérons qu’ils prendront un jour la mesure de leur laideur et de leur flétrissure.
Daniel Saada était ambassadeur d’Israël en France

happywheels

1 Comment

  1. liguedefensejuive dit :

    Tres interressant

Publier un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *