Ainsi parla Mohamed Karrat à la mosquée : un antisémitisme toléré ?

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Par : Mohamed Louizi
«L’État sioniste a été vaincu !»
«L’État sioniste a perdu !»
«Le mythe de l’armée invincible est tombé à l’eau !»
«L’armée sioniste a été malmenée et humiliée !»
«L’État sioniste a perdu le pouvoir de décision !»
«Le peuple juif, maintenant, considère Israël comme un fardeau !»
«Le monde a découvert le vrai visage de l’État fasciste, un État barbare et monstrueux !» 
«L’image de l’État sioniste est celle d’un tueur d’enfants et de femmes.»
«Netanyahou a ramené le doute, il a ramené la peur aux colons et aux sionistes, mais il a même ramené le doute dans la pérennité de cet État cancéreux dans le corps de l’Oumma ! »
Ces passages sont extraits d’un prêche de vendredi, toujours accessible sur Youtube (ici), datant du 29 août 2014 (cf. en-dessous le verbatim en PDF). Le lieu ? Le Centre Islamique de Villeneuve d’Ascq (CIV), au Nord de la France. L’imam ? C’est le Frère musulman Mohamed Karrat, toujours professeur de mathématiques au Collège-lycée Averroès à Lille-sud, un établissement islamiste privé sous contrat d’association avec l’État. Le sulfureux Mohamed Karrat est aussi «recteur» du CIV financé, en partie, par Nectar Trust (ex-Qatar Charity) qui, par ailleurs, a soutenu et financé des organisations terroristes à travers le monde. Ce jour-là, Mohamed Karrat avait assuré le rôle d’imam : non pas parce qu’il n’y avait pas le Frère musulman Ahmed Miktar, l’ «imam polygame» au vu et au su de la République, mais parce que dans cette mosquée, comme dans d’autres gérées par les frérosalafistes, l’imam régulier cède sa place, de temps en temps, au président de l’association lorsqu’il s’agit de délivrer aux fidèles un message politique et une position officielle des Frères musulmans. Une sorte de partage des rôles, entre une mission soi-disant religieuse et une mission assurément politique, d’un édifice censé être cultuel à 100 %.
Le public présent ce jour-là fut, comme d’habitude, très hétérogène, composé de filles et de garçons de tout âge, de femmes et d’hommes de toute origine, d’élèves et d’étudiants de toute provenance, de retraités et d’actifs de tout métier. Ce vendredi avait la particularité d’être le dernier vendredi des vacances scolaires d’été, à la veille de la rentrée des classes, le mardi 2 septembre 2014. Au lieu que ce prêche, dans un tel contexte éducatif et scolaire, où parents et enfants se préparent à reprendre le chemin de l’école, serve symboliquement à rappeler aux élèves et à leurs parents que « l’encre du savant est plus sacrée que le sang du martyr », mettant ainsi les élèves dès le début de l’année sur l’orbite de la réussite, ce professeur de mathématiques avait certainement fait d’autres calculs en préférant, sous les yeux et les oreilles d’un État curieusement bienveillant, consacrer ce temps de prière et de recueillement spirituel au soutien formel au … Hamas palestinien ! Pour moins que ça, certains sont fichés « S ». Mais quand on est Frère musulman, particulièrement en France, il est vrai que l’on peut se sentir protégé et pousser des ailes.
«Les Israéliens – disait-il – vivent dans la peur comme c’est le cas des Palestiniens. On s’habituait à voir les Palestiniens courir vers les écoles, pour se réfugier [dans] les refuges. Maintenant, on voit les sionistes courir vers les refuges. Plus de cinq millions de sionistes étaient dans les refuges pendant la guerre : l’équilibre de l’épouvante !»
«Les Brigades Al-Qassam, la résistance palestinienne, nous rappellent ce que c’est le vrai sens du jihad.»
«La résistance palestinienne a revivifié le vrai sens du jihad en islam après qu’il soit déformé et diabolisé par les ennemis de l’islam. Et on les voit, parfois dans les médias, voyez au journal, avant de parler de Gaza, qu’est-ce qu’on ramène en premier, on ramène bien sûr les monstruosités de l’État Islamique. Et après, on va vous parler de la résistance palestinienne pour faire le lien entre les deux : Tiens ! Les musulmans sont des monstres et sont des terroristes !»
«Cette agression a encore revivifié la cause palestinienne dans les cœurs de toute l’Oumma de l’islam.»
«Certains diront : «Comment prétendez-vous la victoire de Gaza alors qu’il y a eu plus de 2.000 victimes ?» Certes, avec une vision matérialiste, ce sont des pertes humaines, mais une vision éclairée par la foi considère le martyr comme un honneur, une victoire en soi. Et quelle victoire que d’être choisi par le Seigneur de l’univers ! Écoutons ce que dit Allah, dans un verset, dans une partie : «Et Il élit parmi vous des martyrs. C’est Allah qui choisit.» Et quel honneur d’être choisi, d’être élu par Allah ! Et quelle victoire ! Il dit aussi dans le Coran : «Ne crois surtout pas que ceux qui sont tombés pour la cause de Dieu – c’est-à-dire les «martyrs» – soient morts. Ils sont au contraire bien vivants auprès de leur Seigneur qui les comble de Ses faveurs.»»
«Non, nous sommes fiers de la notion du jihad. Si les Occidentaux veulent lui donner une autre définition, c’est leur problème.»

Sur presque 52 minutes, en alternant des passages en arabe et des traductions, par moments, pas tout à fait conformes au discours en arabe et aux textes évoqués, cet «imam» – qui, par ailleurs, reste aux yeux des élèves présents un professeur du Collège-lycée Averroès – livra sa vraie pensée, sa vraie vision. Il se leva avec une gravité perceptible sur son visage. «Victoire de Gaza» était le sujet choisi. Il commença avec une introduction ritualisée, apprise par cœur, répétée tous les vendredis, dans presque toutes les mosquées, depuis des siècles. Il la répéta à son tour, sans regarder la feuille. Car, paraît-il, les fidèles écoutent mieux lorsque l’imam ne regarde pas sa feuille. Ils sont impressionnés. Cela les rassure.
En vérité, cette introduction ne sert à rien, si ce n’est à faire silence autour de l’imam. Celui-ci s’impose en étant la seule personne légitime à discourir pendant presque une heure. Et pourquoi pas ? diraient certains. Aucun débat n’est permis. Personne n’a le droit de l’interrompre, de le contredire ou de poser la moindre question. Il n’y a plus que l’imam et sa parole colérique et envahissante. Plus de dialogue possible. Il parla. Les autres sont condamnés à acquiescer dans le silence absolu, « le silence des mosquées », des cimetières à tapis, tels des asservis consentants réduits à avaler leur langue et à n’être que des oreilles. Ils pouvaient tout de même dire : Amen !
«La victoire de Gaza – disait-il – est un souffle de vie pour l’Oumma, […] Gaza a levé la tête de l’Oumma très très haut. Gaza a fait goûter à l’Oumma la douceur, la dignité et la fierté, après qu’elle a vécu dans l’amertume de l’humiliation et du rabaissement durant des décennies !»
«Gaza a combattu au nom de toute la communauté de l’islam. Gaza a défendu notre terre sacrée : la Palestine.»
Si on écoute «religieusement» le discours intégral et intégriste de ce professeur sur Youtube, on peut repérer 47 mots-clés, 47 unités linguistiques : 47 «armes». Ci-après le top 20 des mots-clés les plus utilisés, par ordre décroissant, avec l’occurrence, la fréquence de répétition, entre parenthèses : Gaza (44 fois), Palestine/Palestiniens (33 fois), Résistance (32 fois), Sioniste (28 fois), Victoire (25 fois), Dieu/Allah (23 fois), Musulmans (20 fois), Armes/Armée (14 fois), Israël/Israéliens (11 fois), jihad (11 fois), Frères musulmans (10 fois), Combattre (10 fois), Hamas (9 fois), Hassan al-Banna (9 fois), Colons/colonies (8 fois), Oumma (8 fois), Guerre (7 fois), Juif (6 fois), islam (6 fois), Arabe (6 fois).
Au total, on entend 119 fois des termes renvoyant au «jihad» ; «résistance», «guerre», «martyrs», etc. 62 fois des termes renvoyant à «Israël» ; «sioniste», «juif», et d’autres les qualifiant de «fascistes», de «barbares» et de «tueurs d’enfants». Le terme «paix» n’a été prononcé qu’une seule fois. Plus incroyable mais moins surprenant, c’est que des noms comme « Frères musulmans», «Hassan al-Banna» ou «Hamas» cumulent, à eux seuls, une occurrence totale de 28 fois. Quand la mosquée, maison de Dieu, devient un QG politique et une caisse de résonance du discours islamiste …
«Cette victoire de Gaza – poursuivait-il – n’est pas le fruit d’aujourd’hui. On vous parle bien sûr de l’éducation du Hamas, du cheikh Ahmed Yassine, d’Abdelaziz al-Rantissi, d’Ismaël Hanniyyah, de Khaled Micha’al, mais la graine, le premier à avoir semé cette graine, c’est une personne qui a donné sa vie pour la Palestine. Cette personne, c’est Hassan al-Banna.»
«Hassan al-Banna qui a commencé à se soucier du problème palestinien dès l’âge de 14 ans ! C’est-à-dire dans les années 20, vers 1920, il est né en 1906, il a commencé à écrire des articles dans un journal local pour mettre le doigt sur le danger sioniste à 14 ans !»
«En 1936, il a envoyé des combattants égyptiens pour combattre à côté d’Azzedine Al-Qassam. En 1948, des milliers de Frères musulmans ont traversé la frontière, que ce soit du côté de l’Égypte, de la Jordanie, de la Syrie ou du monde arabe tout entier, pour aller combattre l’ennemi sioniste, et ils ont réalisé des prouesses !»
«Les Frères musulmans et les bénévoles ont assiégé les sionistes : 10.000 sionistes assiégés, isolés du monde. C’était la «fin» du «sionisme». Malheureusement, comme à leur habitude, les gouvernements arabes ont trahi. À ce moment-là, où il fallait en finir avec le sionisme, les gouvernements arabes ont signé la trêve.»

On peut distinguer dans ce discours deux niveaux : le relatif et l’absolu, le circonstanciel et le fondamental, le temporel et l’intemporel, l’habillage et l’essence, le variable et le constant, l’événement et l’idéologie. Deux niveaux qui se superposent : un noyau dur et une croûte ; un cœur et une écorce. Deux niveaux qui s’empilent pour produire l’énergie nécessaire entretenant le seul discours qui compte. Lorsque le Frère musulman professeur parlait de la «Victoire de Gaza», cela n’était qu’un habillage, qu’un vernis, qu’une chapelure et qu’une occasion parmi tant d’autres, pour rappeler des principes idéologiques et des dogmes politiques dans un lieu de culte (!) et arborer par les mots qui radicalisent les armes linguistiques du jihad là où l’on accomplit la prière. L’article 26 de la loi 1905 n’a jamais représenté un frein pour les islamistes. Ils l’ont toujours piétiné. Et pour que la fête soit davantage belle, on voudrait même leur offrir l’abrogation de la loi de séparation des Églises et de l’État, à la modique somme théorique de quelques 17 milliards d’euros selon le chiffrage de l’Institut Montaigne, payée par le contribuable français.
Le fond du sujet, son cœur visé, chez cet «imam» frériste intermittent, était de rappeler, premièrement, l’appartenance primordiale des musulmans à une Oumma islamique, géographiquement indéfinie, au sens spirituel comme au sens politique. D’insister, deuxièmement, sur l’islamité prétendue de la question palestinienne et sur sa centralité évidente dans tout discours islamiste, quel qu’il soit. De rappeler, troisièmement, l’obligation religieuse absolue du jihad armé telle que le théorisent les Frères musulmans depuis 1928. De promouvoir, quatrièmement, l’obligation de sacrifier sa vie, en martyr si besoin est, pour la cause palestinienne. Cinquièmement, d’enjoindre aux fidèles à prendre comme seuls exemples Hassan al-Banna, les Frères musulmans et le Hamas palestinien : quand bien même ce dernier est considéré par l’Union Européenne comme organisation terroriste. Et de rappeler, enfin, que l’État d’Israël est illégitime, aux yeux des islamistes, et que les israélites, quelles que soient les époques, étaient, sont et resteront à leurs yeux des «ennemis» de l’islam et de l’Oumma islamique, envers qui les Frères musulmans recommandent plus de prudence et moins de tolérance. Il est vrai que des mosquées en France diffusent l’antisémitisme sous couvert du soutien au peuple palestinien. Il est vrai aussi qu’en France, un professeur qui fait la promotion du Hamas mérite de rester professeur à qui l’État, le ministère de l’Éducation nationale, confie des élèves et paye un salaire mensuel. Quant au Collège-lycée Averroès qui l’emploie, il demeure protégé par le Rectorat de Lille qui ne veut pas rendre public l’intégralité d’un rapport de l’inspection académique datant de 2015. Mais que cache-t-on ?

Vers 17 heures, le 10 septembre 2018 à la Préfecture du Nord à Lille, j’ai franchi la porte de la salle Erignac, répondant à l’invitation du cabinet du Préfet pour participer aux «Assises territoriales de l’Islam de France». Ce même professeur de mathématiques, ce même «recteur» du centre islamiste de Villeneuve d’Ascq qui tient toujours des discours incendiaires quand il s’agit de parler Gaza, Palestine, Syrie, Frères musulmans, Qaradawi, voile islamiste et parler aussi de bien d’autres sujets, sans se soucier que des jeunes puissent se radicaliser certainement, définitivement, était là, présent au beau milieu d’au-moins six autres Frères musulmans notoires. Il a même pris la parole à plusieurs reprises. J’ai eu comme l’impression que les autorités préfectorales étaient presque obligées de les inviter à la table de la République quoi qu’ils disent, quoi qu’ils fassent. Quand le Préfet a décidé de donner le mot de la fin au Frère musulman Ahmed Miktar, l’ «imam polygame» de Villeneuve d’Ascq, j’ai baissé ma tête par retenue, serré mes dents par écœurement, et me suis dit : La France a certainement perdu le Nord.
Vous pouvez voir et revoir ce prêche ici :
« >
Source:
http://mohamedlouizi.eu/2019/02/24/ainsi-parla-mohamed-karrat-a-la-mosquee-un-antisemitisme-tolere/#more-1897

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8 Commentaires

  1. Yaacov

    2 mars 2019 at 19 h 59 min

    Il doit confondre avec DAESH
    Plus c gros mieux ça marche

    Ce mec est un gros tas de merde et finira ds les égouts là où est sa place

  2. Myriam

    2 mars 2019 at 20 h 13 min

    La france est la complice de tous les actes odieux, racistes et antisemitiques actuels et passes !!!
    Il est certain que rester dans ce pays c est etre complice !!!

    • vrcngtrx

      2 mars 2019 at 22 h 40 min

      du bon sens en fait, quel bonheur de lire que je ne suis pas le seul à parvenir à cette conclusion !
      Pour ma part plus une goutte de sueur pour ce pays de merde depuis quelques années, puis départ en prévision puisque c’est de pire en pire …

  3. Yaacov

    2 mars 2019 at 20 h 13 min

    quelle merde d époque quelle complicité des politiques !!
    Suis mieux à Tlv même si ça n est pas parfait au moins je me sent bien

  4. vrcngtrx

    2 mars 2019 at 22 h 34 min

    là encore c’est même pas la peine de s’attarder sur des sous-merdes pareilles, la vie est trop belle pour se la gâcher avec de tels déchets. Si McRond nous lit, et bien les voici « les gens qui ne sont rien » !!

    ps. sur un autre post j’évoquais la marque sur le front d’un islamiste due à des prières en se tapant la tête par terre. Maintenant je viens de comprendre pourquoi ce type sur la 1ère image et dans la vidéo en possède deux : ce sont les traces des cornes de la chèvre qu’il encule chaque jour, islamo-romance oblige !

  5. Maccabe2b

    3 mars 2019 at 10 h 02 min

    Des paroles, des paroles, des paroles.
    Qui pour croire ces absurdités ?
    A part des demeurés.
    Pauvre humanité !

  6. Rosa SAHSAN

    3 mars 2019 at 13 h 52 min

    Alors Castaner le ministre des cultes vous continuez à accepter toutes ces merdes antisémites? Vous croyez qu’il vous suffit d’aller vous inclinez au Mémorial de la Shoah avec tous les hypocrites de ce gouvernement pour croire vos discours?
    La France Sans les juifs…bla bla bla. Vous êtes pathétiques. Et dire qu’il y a des cons pour vous croire.
    ROSA

  7. benjamin

    3 mars 2019 at 17 h 09 min

    moi ce qui me fait bien rigoler c est le vieux barbu a roulettes expediè derechef dans les nuages avec son fauteuil roulant par un drone sioniste !!a la sortie de la grande prière du vendredi a gaza !! il roule désormais dans les nuages !!!il prend l air!!!

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