Hyper Cacher et Charlie Hebdo : Abdel jugé pour provocation à un acte de terrorisme

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La cour d’appel jugeait, hier après-midi, un détenu condamné à deux ans de prison ferme pour provocation directe à un acte de terrorisme.
« Je n’ai jamais dit ça », dit Abdel (appelons-le Abdel), la quarantaine musclée, la voix perchée, dans le box de la cour d’appel de Bourges.
Hier, il conteste sa condamnation à deux ans de prison pour provocation directe à un acte de terrorisme, une condamnation prononcée en mai 2015 devant le tribunal correctionnel de Châteauroux. Il est entouré d’une armada de gendarmes, dehors et dedans (trois fourgons, voiture, motards…)
Deux gardiens
Le 15 janvier 2015, à la centrale de Saint-Maur, quelques jours après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, deux gardiens expliquent l’avoir entendu tenir des propos plus qu’ambigus à propos d’Amédy Coulibaly, l’auteur de l’attentat de l’Hyper Cacher, en janvier 2015.
Les gardiens comprennent qu’Abdel s’adresse à un autre détenu, fraîchement arrivé dans le quartier d’isolement. Il lui explique de se tenir tranquille, en prison, comme Amedy Coulibaly l’a fait. Mais, qu’une fois dehors… Il aurait même ajouté : « C’est un héros qui est parti en martyr ».
Abdel conteste, du haut de son impressionnant casier judiciaire : vingt-sept condamnations pour meurtre, stup, port d’armes, violences, outrages… Il débute, bientôt, derriè-re les barreaux, sa première année de fac de droit. Il parle sur un fil, en équilibre. « J’ai perdu la foi après la destruction de ma famille, dit-il. Je me suis rasé la barbe. Je n’ai jamais fait l’apologie du terrorisme. De la violence, oui, je le dis, pas du terrorisme. »
Pourtant, la suite de son discours laisse l’avocat général plus que perplexe. Abdel explique à la cour avoir hébergé, pendant un an, la femme de Coulibaly, « elle connaissait ma femme à l’époque ».
Délibéré au 23 mars
Il ne voit aucun lien entre ce qui lui est reproché et cette affirmation. Pas plus qu’il se refuse à condamner les actes de Coulibaly. « Je les déplore, je ne peux pas les condamner », enchaîne-t-il.
L’avocat général réclame trois ans au lieu de deux, en première instance. L’avocate d’Abdel souhaite « moins d’émotion et plus de droit. Il y a des doutes sur les propos. Il a prononcé les mots qui ont été dits mais ils ont ensuite été raccordés entre eux. C’est pourquoi je demande la relaxe. Mais si vous décidiez autrement, l’apologie dont il est question ne peut être que privée, pas publique. Nous avions là deux détenus dans un même délire ». La cour d’appel a mis l’affaire en délibéré au 23 mars.
Rémy Beurion
[email protected]
Source :
http://www.leberry.fr/bourges/justice/2017/03/17/hyper-cacher-et-charlie-hebdo-juge-pour-provocation-a-un-acte-de-terrorisme_12324662.html

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