Refus de condamner l’attaque de Pittsburgh : le Parti travailliste n’en a pas fini avec l’antisémitisme

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Par Agnès C. Poirier, à Londres
Nouvelle preuve d’un Parti travailliste gangrené par l’antisémitisme au Royaume-Uni : une branche locale a refusé de condamner l’attaque de Pittsburgh dans un communiqué. Motif : le texte proposé par la section « parlait trop d’antisémitisme »…
Alors que Jeremy Corbyn, leader du Parti travailliste, brille par son silence et son absence dans le débat sur le Brexit qui déchire le pays, les instances du Labour continuent à faire parler d’elles pour leur antisémitisme, latent ou actif. Les derniers faits viennent s’ajouter à une longue liste aujourd’hui bien documentée mais qui fut longtemps cachée ou ignorée.
On se souvient notamment du scandale ayant éclaté l’été dernier, de photos réapparues montrant Jeremy Corbyn se recueillant en 2014 sur les tombes des leaders de Septembre Noir (organisation terroriste responsable du massacre de 11 athlètes israéliens aux jeux olympiques de Munich). En fin de semaine dernière, c’est une branche du Parti travailliste de Norton West, dans le Nord-Est de l’Angleterre, qui n’a pas voulu condamner l’attaque antisémite de Pittsburgh, qui a fait onze morts dans une synagogue. Quand le secrétaire de Norton West, Steve Cooke, proposa au vote des militants travaillistes une proposition de communiqué pour exprimer leur solidarité aux victimes de Pittsburgh, elle fut rejetée. Pourtant, le communiqué n’avait rien de controversé : « Ces meurtres démontrent le danger de la montée du sentiment antisémite et du discours de haine dans le monde…/… Nous reconnaissons l’existence de l’antisémitisme dans nos sociétés et affirmons la nécessité de la combattre…/… Nous sommes solidaires de la communauté juive et exprimons nos condoléances à tous ceux affectés par les événements tragiques de Pittsburgh. »
« On parle trop d’antisémitisme »
La raison donnée par les réfractaires pour rejeter le communiqué : « On parle trop d’antisémitisme » ! Ceux-ci proposèrent en échange un communiqué condamnant le racisme en général, gommant ainsi la nature antisémite de la tragédie de Pittsburgh. Pourtant, comme le révèle Steve Cooke, de nombreuses motions condamnant l’islamophobie en particulier ou encore la rhétorique anti-migrants, ont été passées par cette même branche locale du parti travailliste sans susciter de débat.
Cet incident ne semble pas isolé. D’après The Independent, une autre branche du Parti travailliste, à Southend West dans l’Essex, a préféré retirer un passage clef de son communiqué pour condamner l’attaque de Pittsburgh. Effacée donc la phrase : « Nous reconnaissons l’existence de l’antisémitisme dans nos sociétés et affirmons la nécessité de la combattre. » Sans doute ces militants travaillistes estiment-ils également que l’antisémitisme n’existe que lorsqu’on en parle.
Taire les menaces antisémites
The TimesThe Times révélait vendredi dernier des faits plus graves encore. La direction du Parti travailliste, informée de menaces physiques violentes et même de menaces de mort contre notamment sa députée Luciana Berger, d’origine juive, n’en a informé ni l’intéressée, ni la police. Précisons que ces menaces provenaient de militants travaillistes encartés. Cressida Dick, chef de la Metropolitan Police, aujourd’hui saisie du dossier, grâce à l’intervention d’une source anonyme, a diligenté une enquête. La nouvelle a choqué les députés travaillistes qui ont réclamé des explications de leur direction. L’assassinat de la députée Jo Cox voici plus de deux ans, elle aussi constamment menacée sur les réseaux sociaux, est dans toutes les mémoires. L’ancienne ministre et député travailliste Margaret Hodge, elle aussi objet de menaces et d’attaques antisémites, a déclaré : « Voici encore une preuve que la direction du Parti travailliste ne prend pas l’antisémitisme au sérieux. Pourquoi ces menaces violentes n’ont-elles pas été prises en compte ? »
Source :
https://www.marianne.net/monde/refus-de-condamner-l-attaque-de-pittsburgh-le-parti-travailliste-n-en-pas-fini-avec-l

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5 Commentaires

  1. vrcngtrx

    6 novembre 2018 at 11 h 13 min

    « Jeremy Corbyn »
    à savoir que les initiales ‘FDP’ ne signifient pas toujours frais de port …

  2. Yaacov

    6 novembre 2018 at 13 h 31 min

    Oui c un antisémite notoire
    Mais le plus grave c le silence et la complicité de tous

    Alors aucune illusion la bête sauvage est toujours aussi présente elle ne se cache même plus , décomplexée elle se pose en allié de l islamisme tout comme le nazisme avec le grand mufti de Jérusalem

  3. In memoriam

    6 novembre 2018 at 16 h 29 min

    Quel paradoxe qui nous permet de voir une gauche anti sioniste , voire même antisémite, et une extrême droite proche d Israël et qui ne refuse pas la présence du drapeau à l’ étoile de David lors de ses démonstrations de force !

    • AmiedeSion

      6 novembre 2018 at 18 h 46 min

      Et oui, les temps ont changé ! Il reste bien quelques suprémacistes blancs néo-nazis, surtout aux USA, mais le danger principal vient des islamo-gauchistes.

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