BRUXELLES- Agression antisémite à l’ULB: un ancien étudiant et un ressortissant palestinien réclament l’acquittement

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Les deux hommes contestent les accusations de violences à caractère antisémite liées aux incidents survenus lors de l’occupation pro-palestinienne du bâtiment B de l’université en mai 2024.

Les deux prévenus poursuivis dans le dossier des violences survenues le 7 mai 2024 devant le bâtiment B de l’Université libre de Bruxelles ont contesté mardi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles les accusations portées contre eux, rapporte Belga. L’ancien étudiant T.B. et le ressortissant palestinien A.A. sont poursuivis après des altercations ayant opposé des militants pro-palestiniens, des militants pro-israéliens et des membres du service de sécurité de l’université dans un contexte extrêmement tendu autour du génocide à Gaza.
Le parquet reproche à T.B. d’avoir agressé G.D. avec une circonstance aggravante d’intention antisémite. Il est également poursuivi pour des violences visant E.L.. A.A., lui, est accusé d’avoir frappé E.L. et de lui avoir volé son talkie-walkie durant les incidents. Le ministère public a requis 15 mois de prison contre T.B. et un an contre A.A., sans s’opposer au sursis dans les deux cas.
La défense conteste les témoignages et l’intention antisémite
Durant l’audience, les avocats de T.B. ont longuement contesté la qualification antisémite retenue par le parquet. Selon eux, leur client ne s’en est pas pris à G.D. en raison de sa religion mais dans le cadre d’une altercation née du climat de tension qui entourait alors l’occupation du bâtiment B par des étudiants pro-palestiniens. T.B. reconnaît avoir poussé G.D., mais nie formellement l’avoir insulté de « sale juif » avant les faits comme l’affirme la partie civile. La défense estime par ailleurs que plusieurs déclarations présentes dans le dossier sont contredites par les images de vidéosurveillance examinées lors d’une précédente audience. Les avocats de T.B. ont également insisté sur le fait que l’altercation physique n’aurait duré que quelques secondes et qu’il n’y aurait pas eu de passage à tabac comme cela avait pu être évoqué dans les premières réactions relayées après les faits. Ils reprochent à certains témoins d’avoir exagéré ou déformé les événements. La défense a notamment évoqué un témoin ayant, selon elle, « menti à neuf reprises » dans ses déclarations.
Concernant les violences visant E.L., ancien directeur de la sécurité de l’université, les avocats de T.B. ont plaidé la légitime défense. Selon eux, leur client aurait simplement cherché à se dégager après avoir été saisi physiquement par le responsable sécurité. Ils contestent également toute intention de vol concernant la radio de communication du directeur de la sécurité, affirmant que l’appareil se trouvait déjà au sol au moment des faits. La défense d’A.A. a adopté une ligne similaire en demandant elle aussi l’acquittement. Son avocat, Me Robin Bronlet, a évoqué un « méli-mélo d’émotions » ayant entouré cette soirée de tensions et estime que plusieurs témoins auraient ajouté après coup des insultes ou des injures qui n’apparaissaient pas dans les premières déclarations. Il a demandé au tribunal d’examiner avec prudence la crédibilité des différents témoignages repris dans le dossier.
L’avocat d’A.A. conteste également la prévention de vol concernant le talkie-walkie d’E.L. Selon lui, son client aurait immédiatement rendu l’appareil au directeur de la sécurité et n’aurait jamais eu l’intention de se l’approprier. Le prévenu est uniquement poursuivi pour des violences envers E.L. et non pour des faits visant G.D.
Des violences sur fond de tensions
Les faits remontent au 7 mai 2024, premier jour de l’occupation pro-palestinienne du bâtiment B de l’ULB. Une centaine d’étudiants s’étaient alors installés sur le site du Solbosch afin de dénoncer le génocide palestinien à Gaza et demander à l’université de boycotter Israël. En fin de journée, des militants pro-israéliens s’étaient présentés devant le bâtiment occupé avec des drapeaux israéliens, ce qui avait fortement tendu l’atmosphère. Plusieurs participants avaient commencé à se filmer mutuellement avant que la situation ne dégénère physiquement.
Selon les déclarations faites à l’audience, G.D., alors co-président de l’Union des étudiants juifs de Belgique, se trouvait parmi les militants pro-israéliens présents devant le bâtiment lorsque l’altercation a éclaté. Les avocats des prévenus estiment toutefois que les premiers récits diffusés sur les réseaux sociaux et dans les médias après les faits ne correspondaient pas totalement aux images de vidéosurveillance. Présente comme partie civile dans le dossier, l’Université libre de Bruxelles n’a pas souhaité faire de commentaire à l’issue de l’audience. T.B. avait déjà comparu devant la commission disciplinaire de l’université après les faits. S’il avait été sanctionné pour les violences commises, l’université n’avait toutefois pas retenu de motivation antisémite dans son chef.
Verdict attendu en juin
Le parquet continue néanmoins de considérer que l’intention antisémite est établie dans le chef de T.B. Pour les coups portés à G.D., la défense demande quant à elle une simple suspension du prononcé de la condamnation. Concernant A.A., le ministère public avait requis un an de prison avec possibilité de sursis. Son avocat estime pour sa part que les éléments du dossier ne permettent pas de retenir les préventions de vol et de violences telles qu’elles sont formulées.
Le jugement dans cette affaire est attendu le 16 juin prochain à 14h.
Source BruxellesToday

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