Armé d’une pierre, il menace de mort le patron d’un supermarché en tenant des propos antisémites : à Castelnaudary, un délinquant condamné à six mois ferme
Jeudi 21 mai, un homme âgé de 26 ans a été jugé en comparution immédiate devant le tribunal de Carcassonne pour répondre de « menace de mort réitérée, commise en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion, en récidive ». Les faits reprochés se sont déroulés le 18 mai à Castelnaudary.
Un Chaurien de 26 ans était jugé en comparution immédiate, ce jeudi 21 mai. Il devait répondre devant la juridiction carcassonnaise de « menace de mort réitérée, commise en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion en récidive ». Les faits qui lui sont reprochés remontent au 18 mai, à Castelnaudary.
Ce jour-là, le gérant d’un petit supermarché de Castelnaudary a reçu l’appel de son employée, lui signalant qu’un homme violent et très alcoolisé aux abords du magasin menaçait les clients souhaitant rentrer. Aux alentours de 16 h 15, alors qu’il était parti, il était ensuite revenu avec une pierre dans une main et une bouteille d’alcool fort dans l’autre. Cette fois-ci, il a menacé l’employée qu’il croyait être la femme du patron : « Je vais brûler le magasin », s’était-il exclamé.
Toi, tu es mort, je vais te crever
Arrivé sur les lieux, le gérant du magasin a ensuite réussi à retirer la pierre des mains du prévenu. Celui-ci s’en est alors violemment pris à lui : « Ton fils je le connais, je vais le crever. Je vais te crever toi et te planter ». Le tout, en tenant des propos antisémites : « C’est la faute des juifs, il faut tous les tuer. Ils dirigent le monde, je vais tous les crever ».
À la barre, le mis en cause a rétorqué être « sous les effets de l’alcool ce jour-là. J’étais sur les nerfs, car j’avais des problèmes personnels et que j’avais aussi eu des différends avec son fils. Je sais que ce n’était pas une raison pour l’insulter à lui… Par contre, je n’ai pas menacé l’employée ». De quoi faire réagir la présidente du tribunal : « Ce monsieur n’a rien à voir avec vos problèmes personnels ! »
La juge a poursuivi en l’interrogeant : « S’il avait été réellement juif, cela vous aurait-il posé un problème ? » « Non, non, j’étais sous les effets de l’alcool. Pour moi, tout le monde est pareil », a-t-il répondu… Pour justifier l’état de colère dans lequel il se trouvait le jour des faits, ce sans domicile fixe récemment sorti de prison a expliqué au tribunal qu’il attendait désespérément que « l’argent de mes droits soit versé. Depuis que je suis sorti de Seysses, je n’ai pas un euro ni les moyens d’avoir un appartement ».
Présent à l’audience, le plaignant a tenu à s’exprimer : « J’ai cinq commerces dans le quartier, et ces jeunes pensent que j’ai volé leur quartier. Ils ne comprennent pas ma réussite. Lui, je le connais depuis qu’il a 9 ans. C’est la première fois que je le vois dans un état comme ça. Ce jour-là, je ne pense pas qu’il y avait que l’alcool. »
Déjà hospitalisé pour troubles du comportement
Selon l’expert psychiatre, le prévenu est sujet à une défaillance familiale. C’est quelqu’un qui est allé en maison de redressement, en familles d’accueil. Il est SDF depuis trois ans et ne travaille pas. Il a un antécédent d’hospitalisation en pédopsychiatrie pour troubles du comportement. Il présente un état dépressif lié à sa précarité. Son casier judiciaire comporte douze mentions, avec notamment des condamnations pour des menaces de mort, un port d’arme ou encore des vols…
Huit mois de prison requis
« Chez le prévenu, on ressent de la colère, il est à la limite de l’irrespect. On voit qu’il est sur le fil, il se parle à lui-même », a indiqué le substitut du procureur Guillaume Reininger. La peine de huit mois de prison a été requise. Ce à quoi Me Victoire Uzac, l’avocate de la défense, a rétorqué : « C’est la chronique d’un échec avancé. Si mon client avait été pris en charge, il n’en serait pas là… Il a un petit truc en plus, il ne sait pas réagir. Il est sans famille ni revenus. Il a besoin d’être suivi et d’une prise en charge correcte ». Après en avoir délibéré, le tribunal a finalement déclaré le prévenu coupable en le condamnant à six mois de prison avec un maintien en détention. Très agacé par la décision, il s’est emporté à sa sortie de la salle d’audience : « Vous me dites de préparer mon avenir, mais vous me mettez en prison madame la juge, alors que mon projet de sortie est prêt. »
Source
https://www.lindependant.fr/
