BESANCON – LA MAIRIE VA EFFACER LA FRESQUE ANTISEMITE DE NACLE

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Depuis plus de 10 ans, ce mur est régulièrement utilisé comme une toile géante permettant l’expression artistique libre et engagée. Mais en cette fin janvier 2026, cet espace situé au sein du complexe sportif de la Malcombe à Besançon est le théâtre d’une polémique initiée par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).
La cible du tumulte ? Une fresque peinte le 7 octobre 2025 par Nacle, un artiste bisontin spécialisé dans les graffs.
Une fresque jugée « antisémite » par le CRIF
C’est d’abord un passant qui a pris le temps d’alerter, selon Laurent Hofnung, président du CRIF de Bourgogne-Franche-Comté. « Au départ, ce sont ces usagers qui ont ressenti cette fresque comme ayant un caractère antisémite », précise-t-il. « Et ça nous a amenés à réagir. […] Pour nous, il y a une fausse innocence dans sa position (celle de l’artiste). Bien sûr, nous pourrons le rencontrer, mais nous savons pertinemment qu’il a une prise de position sur les réseaux sociaux très pro palestinienne, ce qui est tout à fait son droit. Mais nous ne pouvons pas penser qu’il y avait simplement la volonté de marquer le drame de ce conflit. »
Selon nos sources, dans un courrier adressé à Rémi Bastille, le préfet du Doubs, et daté au 25 janvier, le CRIF dénonce « une fresque pour le moins tendancieuse » : « Le prétexte de ‘création artistique’ ne saurait exclure, et cela semble patent ici, l’utilisation des symboles visant une communauté – la Menorah symbole du judaïsme – la rendant responsable de la ‘Mort’ symbolisée ici coiffée d’un keffieh, symbole palestinien évident et aussi de la juxtaposition des grenades – fruits symboliques du judaïsme et des grenades militaires explosives. »
Après avoir avancé ce constat, les représentants du CRIF de Bourgogne-Franche-Comté expliquent avoir demandé à la maire de « faire effacer cette fresque ». L’association n’a pas déposé de plainte, mais a porté l’affaire à la connaissance du procureur de la République.
Selon l’association, « l’utilisation des citations latines » telles que « si vis pacem, para Bellum » et « memento mori » – traduites littéralement en « pour avoir la paix, il faut se préparer à la guerre » et « aie à l’esprit que tu meurs » – corrobore l’idée que cette fresque arbore « un positionnement militant soulignant que la partie gauche de la fresque – donc juïve par la Menorah – doit se préparer à mourir ».
« Pour moi, la situation actuelle est juste dramatique »
Une interprétation que contredit fermement l’artiste. Ce dernier regrette de voir s’installer des « tensions » et des « interrogations », « sans échange préalable ».
« Ce n’était pas mon intention de heurter les sensibilités de chacun. Mon propos, c’était plus d’évoquer une situation, d’en faire un constat et d’évoquer les souffrances des deux peuples », se défend Nacle, le graffeur à l’origine de la fresque. « Je suis un peu surpris de ce qui m’arrive, je ne sais pas trop comment réagir à cela. »
La mairie de Besançon a tranché : la fresque sera effacée. Mais la municipalité n’a pas clos le débat et élude même la polémique dans sa réaction ce mercredi : « La ville de Besançon a dédié 6 murs d’expression libre sur l’ensemble de la ville, à disposition des artistes et grapheurs, sous leur responsabilité. La fresque peinte par Nacle, ainsi que celles adjacentes, sont sur des murs qui n’en font pas partie. La ville de Besançon va donc recouvrir ces fresques, dans le respect de sa politique d’entretien de la ville. »

happywheels

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  1. joseparis dit :

    Donc il pourra refaire prochainement cette fresque antisémite sur un mur autorisé cette fois par la commune ? Foutage de gueule absolu et lâcheté totale de l’équipe municipale.

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