CE SOIR-Patrick Chesnais dans le rôle de Laval sur France 3: «J’aime me colleter avec l’ambiguïté»

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Par Blaise De Chabalier

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Laval est quelqu’un qui a fait des choses monstrueuses, mais qui n’était pas un monstre» explique Patrick Chesnais, ici dans le rôle du collaborateur à la célèbre cravate blanche. Jean-Claude LOTHER/FTV

Dans le saisissant téléfilm inédit Laval, le collaborateur, produit et écrit par Jacques Kirsner et réalisé par Laurent Heynemann, Patrick Chesnais joue avec brio et finesse le rôle de Pierre Laval. Le comédien restitue parfaitement la complexité d’un personnage au charisme ambigu, dans cette oeuvre diffusée ce mardi 2 novembre à 21h05 sur France 3. Entretien.
LE FIGARO. – Cela a-t-il été facile d’accepter un tel rôle?

Patrick CHESNAIS. – Très facile. Vous savez, j’adore jouer ce genre de personnage. Laval est quelqu’un qui a fait des choses monstrueuses, mais qui n’était pas un monstre. J’ai souvent joué des personnages marrants ou sympathiques, mais, quand j’ai l’occasion de me colleter avec l’ambiguïté, j’aime ça. Laval était complexe, contradictoire. C’était un type rusé mais qui avait aussi une part d’innocence et de bienveillance. Il était plein de choses à la fois. C’est ça qui m’intéressait, la multiplicité des sentiments, des attitudes, des comportements, selon les moments et ses interlocuteurs. Il était un politique aguerri. Au départ, un anarchosyndicaliste d’ultragauche qui, peu à peu, s’est imposé comme un homme de pouvoir, ministre de l’Intérieur, président du Conseil, ministre des Affaires étrangères. Ce qui l’intéressait, c’était le pouvoir, il n’avait pas d’idéologie. «Conduire le troupeau me suffit», disait-il. Il y avait chez lui un mélange de vulgarité, de charisme et de séduction.

Comment vous êtes-vous glissé dans la peau de Laval?

Vous savez, j’ai déjà joué de Gaulle pour la télévision (Je vous ai compris: de Gaulle 1958-1962, en 2010 sur France 2, NDLR), et, quand on interprète une figure historique dont on a encore des images, même si celles de Laval sont relativement rares par rapport à celles du Général, eh bien, il faut faire croire au personnage. Et, en même temps, on doit être dans une forme d’imitation de ce qu’on a entendu, vu et lu sur lui. C’est une espèce d’alchimie entre ces deux choses.

Votre jugement sur cet homme a-t-il changé avant et après ce film?
En réalité, Laval n’est pas très connu. On sait simplement de lui, dans le souvenir qu’en ont les gens – y compris moi-même avec ce que je savais depuis mes 12-15 ans -, qu’il était le collaborateur absolu, le salaud, une ordure. Et évidemment, quand on se penche sur la vraie vie de cet homme, ce n’est plus tout à fait ça. C’est ce que dit le réalisateur Laurent Heynemann: dès qu’on entre dans les arcanes d’un personnage historique, plein de choses apparaissent, de sa vie privée et de ses choix politiques. Même si ces derniers sont monstrueux, et même s’il s’est trompé sur toute la ligne, comme Laval. Les choses deviennent plus complexes. Rappelons-nous que François Mitterrand l’a défendu en disant que le mal absolu n’existe pas, ou très rarement, et que Laval n’incarnait pas le mal absolu.
Le film montre que même Laval aurait mérité un procès équitable, n’est-ce pas?
C’était une caricature de procès. La difficulté du film était de faire en sorte qu’on ne ressente pas d’empathie vis-à-vis de l’accusé, tout en montrant qu’il n’a pas été jugé de façon équitable.
Source
https://www.lefigaro.fr/culture/patrick-chesnais-dans-le-role-de-laval-sur-france-3-j-aime-me-colleter-avec-l-ambiguite-20211102

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2 Commentaires

  1. vrcngtrx dit :

    « quelqu’un qui a fait des choses monstrueuses, mais qui n’était pas un monstre »
    Laval était un gros fils de pute, il n’y avait pas besoin d’un procès encore moins d’un film pour que ce tas de merde finisse éternellement dans les chiottes de l’enfer !
    Ceci dit, pour compléter les propos de l’acteur il y a la très juste analyse de H.Arendt :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Banalité_du_mal

  2. Franccomtois dit :

    Á quand une rue Laval en France,un si gentil monsieur,disons un monstre qui ne fut pas un monstre.Une rue doriot,darquier de pellepoix,petin…un monument aux morts pour ces grands patriote de la lvf ne devrait pas tarder á suivre á ce rythme lá!
    Avec toutes ces saloperies nous allons finir par croire que les crapules furent les résitants et que les déportés achetaient leur ticket de train pour aller á la boucherie de leur propre volonté.
    France,pays á l´agonie!

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