Comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon : enquête close, Sophia Chikirou mise en examen pour escroquerie aggravée

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L’enquête sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon en 2017 est terminée. La justice doit désormais décider d’un éventuel procès pour plusieurs mis en examen, dont Sophia Chikirou.
Après dix années d’investigations, l’enquête sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2017 vient de se clore, début mai. Quatre personnes ont été mises en examen dans ce dossier, dont l’ex-candidate à la Mairie de Paris Sophia Chikirou.
La justice soupçonne Mediascop, la société de communication de Sophia Chikirou qui travaillait pour la campagne de 2017, d’avoir facturé certaines prestations à des prix trop élevés. Ces surfacturations présumées pourraient constituer une escroquerie au préjudice de l’État, car les dépenses de campagne sont remboursées par des fonds publics.
Selon un rapport d’enquête de mai 2022, révélé par Mediapart, la rentabilité de Mediascop serait passée de 12 % lors de la présidentielle de 2012 à 22 % en 2017, un niveau jugé supérieur à celui d’entreprises comparables. Une estimation à prendre avec des pincettes mais qui suffit à alerter.
Accusations d’escroquerie et de surfacturation
L’enquête a été ouverte à Paris en avril 2018, à la suite de signalements de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), puis de Tracfin, l’organisme de lutte contre le blanchiment d’argent. En octobre 2018, des perquisitions ont été menées au siège de La France insoumise, au domicile de Jean-Luc Mélenchon et chez plusieurs de ses collaborateurs.
Les premières mises en examen, au printemps 2021, visaient l’association l’Ère du peuple et sa mandataire financière Marie-Pierre Oprandi pour prêt illicite de main-d’œuvre. À l’époque, le fait que la justice ne retienne pas les accusations d’escroquerie et de surfacturation avait été perçu comme une bonne nouvelle par LFI.
Mais l’enquête a évolué : en février 2022, les poursuites contre l’association ont été étendues à l’escroquerie aggravée, au faux et usage de faux. D’abord le député LFI Bastien Lachaud a été mis en examen pour prêt illicite de main-d’œuvre, faux, escroquerie et tentative d’escroquerie. Puis Sophia Chikirou, a été à son tour mise en examen en septembre 2024 pour escroquerie aggravée, abus de biens sociaux et recel d’abus de confiance.
Le dossier entre désormais dans sa phase décisive : le parquet doit présenter ses réquisitions, puis le juge d’instruction décidera d’un éventuel renvoi devant le tribunal correctionnel.
La France insoumise rejette les accusations et assure qu’une contre-expertise n’a relevé aucune surfacturation. Jean-Luc Mélenchon et Manuel Bompard n’ont quant à eux été ni mis en examen ni même entendus par les juges au cours de l’instruction.
Source Valeurs Actuelles

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