Face à l’antisémitisme planétaire : celui qui avait tout compris…Et ceux qui n’ont rien compris…

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Par Pierre Lurçat
Jabotinsky, mon maître, s’était penché comme tous les pères fondateurs du sionisme sur la question lancinante de l’antisémitisme, la “haine la plus longue”. Sa réponse, originale et très actuelle, consiste à distinguer un “antisémitisme des hommes” et un “antisémitisme des choses”. Le premier peut parfois être combattu, car certains hommes de bonne foi sont accessibles au raisonnement et à la discussion rationnelle.
Mais le second, celui des choses, est une réalité immuable et permanente qui accompagne le peuple Juif tout au long de sa longue histoire… Il est aussi intangible que la loi du Sinaï, selon l’enseignement de notre Tradition, qui relie le mot “Sina” (haine) au mot Sinaï. Dans ces circonstances, explique Jabotinsky dans un texte inédit en français, publié dans le Dictionnaire amoureux que je viens de lui consacrer, il est tout aussi absurde de prétendre “lutter contre l’antisémitisme” que de vouloir lutter contre la pluie ou contre le tonnerre.
Si l’on prend comme moi au sérieux le diagnostic de Jabotinsky, on ne peut qu’être atterré à la lecture de l’éditorial du président du CRIF publié à l’occasion de Rosh Hashana, le Nouvel An juif. “Le CRIF agit sans relâche pour lutter contre l’antisémitisme et défendre les valeurs de la République“, explique en substance Jonathan Arfi, en se prévalant de la très ancienne présence juive en France (depuis l’époque du Ma’hzor de Vitry, datant du XIe siècle), pour en inférer que l’avenir des Juifs y serait pour ainsi dire “garanti”, comme une chose allant de soi. Prétendre “lutter contre l’antisémitisme” tout en encourageant les Juifs à rester en France relève dans le meilleur des cas de l’aveuglement volontaire, et dans le pire de la tromperie et l’irresponsabilité.
Car si le “combat contre l’antisémitisme est indissociable du combat pour la République“, selon les mots de Yonathan Arfi, alors le CRIF serait bien inspiré de dresser un bilan de faillite dans ses deux “combats” et de reconnaître son échec patenté et total. On peut certes (et on doit) combattre les antisémites par tous les moyens, y compris si besoin en les affrontant physiquement. C’est ce qu’avait compris Jabotinsky au moment du pogrom de Kichinev, en organisant l’autodéfense juive en Russie, aux côtés de l’historien Doubnov et d’autres.
Mais la “lutte contre l’antisémitisme” érigée en slogan par le CRIF et par d’autres institutions n’est qu’un vain mot et un paravent qui dissimule très mal leur impuissance et leur pusillanimité. Car l’objectif déclaré de ces institutions est de tout faire pour pérenniser la présence juive en France, et non pas de veiller aux intérêts bien compris des juifs de France et du peuple Juif. Jabotinsky avait compris en son temps une vérité profonde qui demeure tout aussi actuelle aujourd’hui qu’hier. L’antisémitisme est le lot du peuple juif en exil.
Si le CRIF et les autres institutions juives de France se préoccupaient réellement de l’avenir des membres de leur communauté, ils les inciteraient à apprendre l’hébreu et à préparer activement leur alyah et leur intégration en Israël. Mais au lieu de cela, ils préfèrent se gargariser de vains mots comme le “combat citoyen contre l’antisémitisme” et les “valeurs de la République”… Leur véritable slogan devrait être “business as usual”, car la présence juive en France est devenue pour ces institutions un véritable fonds de commerce ! Hier comme aujourd’hui, les notables juifs n’ont rien compris. A la veille de Yom Kippour, souhaitons que leurs yeux se dessillent et qu’ils admettent leur erreur tragique. En attendant, la réponse qu’on doit leur adresser est : “Lisez Jabotinsky !”
P. Lurçat
J’ai le plaisir d’annoncer à mes lecteurs la Soirée exceptionnelle organisée le 26.10.26 à l’occasion de la parution du livre LE MONDE DE JABOTINSKY au centre Begin de Jérusalem. Réservation obligatoire :

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