GENÈVE :Vandalisme antisémite: Anne-Cécile Reimann condamnée
Reconnue sur des images de vidéosurveillance et trahie par une expertise d’écriture, Anne-Cécile Reimann vient d’être condamnée par le Ministère public pour injure et incitation à la haine après la découverte de deux billets antisémites visant une galerie d’art, a appris Léman Bleu. Elle écope de lourdes sanctions financières et annonce faire opposition. 
En janvier 2025, une galeriste de la place de confession juive, retrouve, glissé sous sa porte, un billet manuscrit sur lequel figurent une étoile de David accompagnée des termes «assassins voleurs». Deux mois plus tard, rebelotte, un billet similaire est retrouvé, cette fois collé sur la vitrine de l’arcade. La justice est saisie et l’instruction confiée au procureur Vladimir Guillet.
Rapidement, les soupçons convergent vers Anne-Cécile Reimann, personnalité joviale de 83 ans, décorée par le Maire en 2025, rendue célèbre pour son engagement anti-nucléaire et ses panneaux caractéristiques colorant presque toutes les manifestations.
Les avocats de la victime, Mes Romain Jordan et Ronald Asmar, croient avoir reconnu la célèbre militante d’extrême gauche sur les images de vidéosurveillance ayant capturé les faits.
On y distingue en effet une dame de petite taille, d’un certain âge, s’avancer rapidement pour commettre son méfait avant de disparaître aussitôt. Si la ressemblance est frappante, le rapport de police, cité dans l’ordonnance pénale, dit ne pas pouvoir «affirmer à 100%» qu’il s’agit d’Anne-Cécile Reimann.
En marge de sa première audition de police, près de quarante soutiens d’Anne-Cécile Reimann, emmenés par l’élu de la gauche radicale Tobia Schnebli, arborant keffiehs et pancartes propalestiniennes, n’avaient pas hésité à donner de la voix sur la place du Bourg-de-Four. Un événement couvert par nos confrères de la Tribune de Genève, rendant par là publique l’existence d’une procédure dirigée contre l’activiste. «On va vers un classement», avait alors déclaré son avocate Me Clémence Jung.
À l’époque, le flou semblait volontairement entretenu autour de la nature de cette plainte, laissant croire que ses pancartes – et donc le droit de manifester – étaient ciblés. En vérité, rien de cela.
Expertise d’écriture accablante
Le procureur en charge de l’affaire Vladimir Guillet laisse alors le soin au Dr Raymond Marquis de la faculté des sciences criminelles de l’Université de Lausanne (UNIL) de procéder à une expertise graphologique. Bingo. Les examens comparatifs effectués concluent «fortement» que l’écriture litigieuse est de la main de la militante, selon les termes employés par l’expert judiciaire.
Le rapport indique qu’il est «200 fois plus probable» que l’écriture litigieuse soit de la main d’Anne-Cécile Reimann plutôt que d’un tiers inconnu. Partant, et au vu de l’ensemble des éléments au dossier, le procureur conclut que la probabilité que l’activiste soit l’auteure de ces billets antisémites est de 99,5%, se basant sur un tableau statistique réalisé par l’expert mandaté.

Durant son audition devant le procureur, Anne-Cécile Reimann nie catégoriquement être à l’origine de cette initiative qui renvoie aux pires atrocités des années 30. Elle dira notamment ne pas savoir à quoi ressemble une étoile de David, ni même reconnaître le drapeau d’Israël, et se trouver «beaucoup plus jolie» que la femme apparaissant sur les bandes de vidéosurveillance.
De la pure comédie, pour le procureur, qui tiquera lorsqu’elle dira «je ne comprends pas pourquoi mon sosie a été mettre cela sur une galerie d’art», sonnant comme un aveu de ressemblance. Il goûtera également peu au fait que la militante prétende auprès de la police n’avoir aucun téléphone portable, alors que l’enquête révélera qu’elle en avait un et qu’il avait été actif.
Pour toutes ces raisons, le procureur Vladimir Guillet a décidé le 8 janvier 2026 de condamner par ordonnance pénale Anne-Cécile Reimann à 90 jours-amende avec sursis pour injure et incitation à la haine.
Dans l’ordonnance, de lourdes sanctions financières sont mises à la charge de la figure militante: une amende immédiate de 3’060 francs, 2’500 francs de dédommagement en faveur de la victime, près de 20’000 francs de frais d’avocat laissés à sa charge et l’intégralité des frais de procédures arrêtés à 18’000 francs, soit un total de près de 43’000 francs.
Contactée, son avocate Me Clémence Jung annonce avoir d’ores et déjà fait opposition à cette condamnation: «Ma cliente n’est vraiment pas bien et regrette que malgré l’absence de preuve, elle soit condamnée pour un crime qu’elle dénonce. Elle n’est pas antisémite, persiste à le revendiquer. L’acte commis contre cette galerie est odieux mais ce n’est pas elle sur cette vidéo. Ma cliente se battra pour que son innocence soit reconnue.» Un procès public se tiendra probablement devant le Tribunal pénal. Dans l’intervale, Anne-Cécile Reimann demeure présumée innocente.
Sollicités, les conseils de la galerie d’art, Mes Romain Jordan et Ronald Asmar, réagissent: «Le Ministère public a mené une instruction rapide et efficace à laquelle il faut rendre hommage. De tels actes abjects doivent être sévèrement condamnés.»
Reste que l’affaire pourrait avoir des conséquences encombrantes pour la Ville de Genève, qui avait en février 2025 décerné à la militante la médaille «Genève reconnaissante» des mains du Maire d’alors Alfonso Gomez, distinction qui lui avait valu les honneurs de la presse, dont un grand entretien accordé à notre chaîne.
Source
https://www.lemanbleu.ch/fr/Actualites/Geneve/Vandalisme-antisemite-une-celebre-militante-genevoise-condamnee.html

Bahhh alors Mamie, fait pas encaisser à la caisse maintenant ! Faut assumer un peu vieille sorcière