ILAN HALIMI : 20 ANS APRÈS LE CRIME ODIEUX DU GANG DES BARBARES, UN HOMMAGE EST RENDU À BAGNEUX CE JEUDI
Ce jeudi 12 février, la ville de Bagneux organise une cérémonie de commémoration pour Ilan Halimi. Le jeune homme, alors âgé de 23 ans, avait été torturé et tué par le «Gang des barbares» à Saint-Geneviève-des-Bois (Essonne) il y a 20 ans.
Une date tragique qui rappelle combien l’antisémitisme reste un fléau. Depuis 20 ans, de nombreux hommages sont rendus à Ilan Halimi, jeune homme de 23 ans qui avait été séquestré 24 jours, torturé et tué par le «Gang des barbares» en Essonne. Il avait été retrouvé près d’une voie du RER C en agonie.

Ce jeudi, la ville de Bagneux (Hauts-de-Seine), où il vivait, va rendre hommage à ce jeune homme, 20 ans après son décès. Le rendez-vous est fixé au jardin Ilan-Halimi dès 18h30 où un hommage officiel lui sera rendu. Puis, la commémoration se poursuivra au théâtre Victor-Hugo où plusieurs classes de primaire et collège rendront hommage au jeune homme par l’art avec des chants, des lectures et des prestations musicales.
UNE RÉCIT TOUJOURS DOULOUREUX, 20 ANS APRÈS
Le 20 janvier 2006, en fin de journée Ilan Halimi avait retrouvé une jeune femme «Yalda» qui l’avait draguée plus tôt à son travail, une boutique de téléphone située boulevard Voltaire à Paris. Cette jeune femme avait été recrutée afin de séduire «un juif» pour le livrer au «Gang des barbares».
Vers 23h, les jeunes gens se sont retrouvé dans un café à Porte d’Orléans avant de poursuivre la soirée en direction de Sceaux (Hauts-de-Seine). Après avoir annoncé le signal, trois hommes cagoulés ont surgit et ont attrapé Ilan Halimi.
Les ravisseurs ont alors amené leur otage à Bagneux (Hauts-de-Seine) afin de le séquestré dans un appartement inoccupé au 3e étage du 1, rue Sergueï-Prokoviev. Le lieu avait été trouvé par Samir Ait Abdelmalek (Smiler) qui avait soudoyé le gardien pour avoir les clefs. Aux alentours de minuit, quatre garçons de la cité avaient été recrutés pour «garder» un homme pendant trois jours. Il était menotté, attaché, entouré par du ruban adhésif.

Le lendemain de l’enlèvement, Youssouf Fofana, cerveau de l’opération autoproclamé, s’est rendu sur place afin d’inspecter les lieux et son otage. L’objectif de cet enlèvement était de soutirer de l’argent à une famille juive car selon les ravisseurs, «un juif, c’est riche» ou encore «les juifs sont solidaires entre eux et ils paieront».
TROIS SEMAINES DE TORTURE
Depuis un cyber-café d’Arcueil, une photo d’Ilan Halimi, bayonné avait été envoyé à ses parents ainsi qu’une demande de 450.000 euros. La famille Halimi a ensuite contacté la police. La brigade criminelle ainsi que l’unité d’élite de la police judiciaire de Paris se sont saisi de l’enquête.
Tandis que le cerveau de l’équipe avait tenté de soutirer de l’argent à la famille Halimi tout en voyageant vers la Côte d’Ivoire. Cependant, au fil des jours et de la torture qu’ils avaient infligée au jeune homme sous les ordres de Youssouf Fofana, «les petites mains» avaient abandonné face à la cruauté affligé au vendeur de téléphone.

2015- La stèle portant l’inscription «Ilan Halimi, victime de la barbarie, de l’antisémitisme et du racisme» avait été érigée en 2011 dans un parc de Bagneux
Après avoir été lâché par la plupart de ses subalternes, Youssouf Fofana a été contraint de relâcher Ilan Halimi après trois semaines de détention. Mais sa libération n’a pas été celle escomptée pour les proches du jeune homme. En effet, après avoir été lavé pour nettoyer toute trace d’ADN, il avait été rasé, bâillonné et enveloppé dans un drap. Puis Youssouf Fofana l’avait placé dans le coffre de sa voiture avant de l’amener dans un bois où Ilan a reçu plusieurs coups de couteau à la gorge avant d’être brûlé vif.
Enfin, il avait été retrouvé agonisant proche d’une station de RER à Sainte-Geneviève-les-Bois dans l’Essonne où il avait succombé à ses blessures sur le chemin vers l’hôpital. L’autopsie avait révélé qu’aucun coup n’a été fatal mais que le jeune homme a succombé à l’ensemble des sévices qu’il avait subis, s’ajoutant une sous-nutrition ainsi que le froid, l’ayant grandement affaibli.
UN PROCÈS DIFFICILE POUR LA FAMILLE
Quelques jours seulement après la découverte d’Ilan Halimi, Youssouf Fofana a été arrêté en Côte d’Ivoire avant d’être extradé en France. Le procès du «Gang des barbares» s’est ouvert le 29 avril 2009 où 29 personnes étaient mis en cause.
La grande majorité des prévenus ont été condamnés. Youssouf Fofana a écopé d’une peine de prison à perpétuité accompagné d’une peine de sûreté de 22 ans. Cependant, depuis sa condamnation, il enchaîne les délits et les peines de prisons. Samir Ait Abdelmalek, bras droit de l’affaire, a écopé de 18 ans de prison tout comme Jean-Christophe Soubou, mineur au moment des faits mais a été le bourreau le plus violent lors de la séquestration d’Ilan Halimi. Leurs peines ont été allongées après la circonstance aggravante de l’antisémitisme.
Actuellement, tous les membres du «Gang des barbares» ont été libérés sauf Youssouf Fofana et Samir Ait Abdelmalek. Les plus de deux mois de procès ont été des plus difficiles pour la famille Halimi. En effet, de nombreux prévenus étaient plus que dissipé lors des audiences, étaient injurieux ou même arboraient de grands sourires.
UNE MÉMOIRE IMPORTANTE
Sur sa pierre tombale, il est inscrit : «Ilan Jacques Halimi, torturé et assassiné en France parce qu’il était juif à l’âge de 23 ans». Enterré à Jérusalem, sa sœur Yaël avait détaillé ce choix afin que «personne ne puisse salir sa tombe».
Cette affaire qui marque un antisémitisme profond de la part des auteurs compte parmi les plus médiatisées de France. Depuis 20 ans, la mémoire d’Ilan Halimi est commémorée chaque année. Plusieurs arbres en hommage au jeune homme avaient été plantés partout en France.
Source
https://www.cnews.fr/
