« Le procès Céline », un captivant documentaire ranime le débat sur l’écrivain

By  |  5 Comments

Antisémitisme congénital et génie littéraire sont-ils compatibles ? En 52 minutes, Arte relance le débat autour de la figure controversée de Louis Ferdinand Céline.
« L’oeuvre de Céline est impure », assène l’écrivain Yves Pagès dans le captivant documentaire « Le procès Céline ». 50 ans après sa mort, cette « impureté » fait toujours débat. Au coeur du problème, les pamphlets antisémites de Céline dans les années 1930 (Bagatelles pour un massacre, L’École des cadavres et Les Beaux Draps) et son rôle trouble pendant l’Occupation Allemande : tribunes dans la presse sous la forme de lettres appelant au durcissement des lois antijuives, candidature supposée pour le poste de Commissaire général aux questions juives (il n’aurait pas été pris à cause de son côté rebelle), délation contre ses collègues médecins…
Collabo et raciste forcené d’un côté, mais aussi génie littéraire de l’autre, les deux facettes de l’étrange docteur Louis-Ferdinand Destouches n’en finissent pas de fasciner. D’autant qu’elles sont indissociables. De toute se vie, Céline n’exprimera d’ailleurs aucun remords pour sa conduite on ses écrits antisémites durant l’Occupation, se présentant en général comme une victime – après sa fuite à Sigmarigen avec Pierre Laval et le Maréchal Pétain, puis au Danemark, il est certes emprisonné pendant un an et se voit confisquer une partie de ses biens, mais Céline bénéficie ensuite de l’amnistie de 1951 et peut alors se réinstaller en France avec sa compagne, à Meudon. Bref, il ne s’en sort pas si mal.
Le documentaire de Alain Moreau et Antoine de Meaux fait donc le choix de ne pas prendre parti pour ou contre Dr Destouches ou Mr Céline. Ecrivains, historiens et essayistes tels que François Gibault, Philippe Sollers, Stéphane Zagdanski,Marc-Edouard Nabe, Émile Brami, Pierre Assouline, Pascal Ory, Pierre-André Taguieff, Annick Durafour ou encore Serge Klarsfeld se relaient ainsi à la barre de ce tribunal fictionnel pour étayer l’acte d’accusation ou au contraire prononcer de riches plaidoyers en faveur de l’auteur de Voyage au bout de la nuit, Mort à Crédit et Féérie pour une autre fois. Si le film, nourri d’images d’archives, de spectacles de marionnettes, de lectures et de chansons de l’écrivain, n’apprendra sans doute pas grand chose aux céliniens hardcore, il s’avère idéal pour les autres, néophytes et curieux.
On y trouve des images tendres de ses amis, les acteurs Arletty et Michel Simon, des héritiers dans la BD (l’ordurier Capitaine Haddock) et des anecdotes savoureuses, comme celle du perroquet : deux ans après la mort de Céline, le volatile continuait de répéter les mots préférés de son irascible maître : « merde! », « salope! », se souvient une ballerine, encore sonnée. En sondant ses zones d’ombres, « Le Procès Céline » construit finalement en creux le portrait lucide d’un génie hygiéniste, individualiste, pacifiste et amateur de danseuses, obsédé par la mort, l’écriture, les juifs bien sûr, fuyant la pesanteur du monde au même titre que la mauvaise littérature, ce « blabla » permanent. « Blabla », un mot qu’il a d’ailleurs inventé, pour mieux lui mettre une sacrée dérouillée.

lire l’article d’Eric VERNAY en cliquant sur le lien ci-après

http://fluctuat.premiere.fr/Livres/News-Videos/Le-proces-Celine-un-documentaire-relance-le-debat-sur-l-ecrivain-4046659

happywheels

5 Commentaires

  1. tovsayan

    22 août 2014 at 13 h 47 min

    Génie littéraire…..?????
    N’exagérons pas;
    Cette légende colportée d’un écrivain dit grandiose ne résiste pas à l’usure du temps.
    Un écrivain dont la scatologie verbeuse est simplement novatrice,choquante pour l’époque,efficace pour faire mouiller la bourgeoise catho coincée et émoustiller son bourgeois psychorigide de mari.
    Un médecin raté,aigri au diagnostic incertain et la réputation microcosmique incapable de se faire une clientèle
    Un assassin par procuration dont chacun sait qu’il est à l’origine de la déportation et de la mort de robert Desnos par les nazis malgré les grands écarts et contorsions pathétiques de ses réhabilitateurs…
    Un collabo notoire s’étant débiné comme un couard en Allemagne avec le reste de l’armée nazi aprés le débarquement de 1944
    Un sale type dont les héritiers se sont sont toujours refusés à faire republier « bagatelle pour un massacre »,concentré ordurier de haine d’antisémite ayant contribué à chauffer les esprits des petits besogneux de la milice de la rue Lauriston…
    Un pauvre type dont voyage au bout de la nuit se transforme rapidement en voyage au bout de l’ennui pour ceux qui l’ont lu réellement plutôt que s’extasier devant des extraits et colporter cette légende de scribouillard solaire…

  2. Mordechai.A

    22 août 2014 at 16 h 46 min

    Hum: je préfère lire Proust ou Zweig plutot que Céline car j’aime les belles phrases bien construites..

    • tovsayan

      22 août 2014 at 17 h 42 min

      lol,c’est court mais bien mordant comme commentaire !

  3. Francefoutue

    24 août 2014 at 21 h 14 min

    Je ne lirai jamais du celine, de son talent j en ai rien a foutre! Un abruti a qualifie cet antissemite et delateur de genie et les moutons suivent!
    Celine j aime pas ta guelle , et ta place est vraiment en enfer

  4. Chouf f

    26 août 2014 at 17 h 34 min

    Malheureusement le talent et la morale sont dissociable.
    Effectivement notre cher Céline était une ordure de la pire éspèce mais aussi un génie de la meilleure. Captivé, amoureux, on ne ressort pas indemne d’un livre de Céline. C’est dans mort à crédit qu’on retrouve toute la virtuosité de l’auteur, le style coupe, écrase et perce les tréfonds de votre âme et vous met à nu face à l’éternité, vous renvoie le vertige et lannausée qu’on ressent tous face aux étoiles et face à la nuit.
    Quelle dommage qu’il se soit fourvoyé dans ces idées ridicules.

Publier un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *