PARIS ¬- DIMANCHE 10 DÉCEMBRE 2023 à 10 heures 45 Cérémonie commémorative de la rafle des Juifs de Tunis par les SS

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(9 décembre 1942) en mémoire des Juifs de Tunisie victimes de la Shoah
au Mémorial de la Shoah 17 rue Geoffroy l’Asnier 75004 PARIS
et en présence de différentes
personnalités civiles et militaires
Sous l’autorité du Colonel SS Walter Rauff, les nazis ont persécuté la population juive de Tunisie de novembre 1942 à la libération de Tunis par les Forces alliées, le 8 mai 1943.

La population arabe de Tunisie fidèle à ses traditions de haine antijuives ne s’est jamais opposé aux mesures antijuives

Le 9 décembre 1942, Walter Rauff procéda à l’arrestation de cent otages juifs suivie de l’assassinat de nombreux membres de la communauté juive de Tunis réunis à la Grande Synagogue, au saccage des rouleaux de Torah et à la profanation de la synagogue.
Après l’établissement du régime de Vichy, les Juifs font l’objet des mesures discriminatoires édictées en France : l’article 9 du Statut des Juifs du 3 octobre 1940 indique que les lois antisémites sont applicables aux « pays de protectorat », et donc en Tunisie où elles s’appliquent « à tout israélite tunisien comme à toute personne non tunisienne issue de trois grands-parents de race juive ou à deux grands-parents de même race si le conjoint est lui-même juif »12.
Ahmed II Bey, après avoir mollement résisté, signe le premier décret beylical le 30 novembre : il les exclut de la fonction publique et des professions touchant à la presse, à la radio, au théâtre et au cinéma, en permettant toutefois la publication d’un « Journal israélite de Tunisie », rôle endossé par Le Petit Matin à partir du 15 décembre267. Il impose aussi un numerus clausus pour l’exercice des professions libérales268 mais il n’est jamais appliqué en ce qui concerne les médecins, qui ne peuvent exercer qu’auprès des Juifs12, les dentistes, les pharmaciens et les architectes.
Le 19 mai 1941, lors du pogrom de Gabès, plusieurs membres de la communauté juive locale sont assassinés271,272. Le décret du 5 juin 1941 dissout les associations de jeunesse et celui du 29 septembre dissout le Conseil de la communauté israélite de Tunis et le remplace par un Comité d’administration nommé273. Le recensement des Juifs et de leurs biens est décrété le 26 juin 194112. Par ailleurs, la loi du 22 juillet 1941, concrétisée par le décret du 12 mars 1942, permet au secrétaire général du gouvernement de nommer des administrateurs provisoires pour toute entreprise, biens ou valeurs, appartenant à des Juifs « en vue d’éliminer toute influence juive dans l’économie nationale »274. Enfin, l’accès à l’enseignement secondaire leur est limité273.
C’est alors que la Tunisie est occupée par les armées de l’Axe à la suite de l’opération Torch lancée par les alliés le 8 novembre 1942. Toutefois, les Juifs de Tunisie ne sont pas contraints de porter l’étoile jaune275, malgré la demande des forces d’occupation, car le texte préparé par la résidence générale et signé en février 1943 n’est jamais entré en vigueur276, ce qui est notamment le fait des pressions de Moncef Bey qui désapprouve publiquement les mesures antisémites dès son intronisation le 19 juin 1942277 ; le Parti populaire français (PPF) pétainiste, l’impose toutefois brièvement à Sousse.
Durant les six mois d’occupation, outre les pénuries alimentaires et les bombardements subis par toute la population tunisienne, la population juive doit supporter le poids des réquisitions militaires et se voit frappée d’exorbitantes amendes collectives283. Les communautés du Sud, à Djerba et Gabès en particulier, doivent verser près de 70 kilos d’or composés notamment des bijoux des femmes qui étaient pour beaucoup leur seule fortune, en raison de leurs ressources en espèces limitées283.
La population juive se voit aussi imposer le travail obligatoire comme en témoigne Albert Memmi12 : le haut commandement allemand convoque le 6 décembre le président du Comité d’administration Moïse Borgel et le grand-rabbin Haïm Bellaïche à la Kommandantur. Le colonel SS Walter Rauff leur indique que le Comité d’administration est dissous et remplacé sans délai par un nouveau comité présidé par le grand-rabbin, qu’il doit fournir le lendemain matin une liste de 2 000 Juifs âgés de plus de 18 ans pour travailler au service des forces occupantes et qu’il prendra en charge le ravitaillement, l’habillement et l’outillage des travailleurs, ainsi que les allocations pour les familles.
À la suite d’une prorogation du délai fixé, le nombre de travailleurs à fournir passe à 3 000 mais, le 9 décembre au matin, seuls 125 hommes se présentent. Rauff se rend alors à la Grande synagogue de Tunis, y fait irruption et arrête tous ceux qui s’y trouvent, ainsi que tous les Juifs qui passent à proximité
. Les rafles continuent durant la journée, comme aux abords de l’école de l’Alliance israélite universelle277. Le Comité d’administration décide donc d’appeler au travail les Juifs âgés de 18 à 27 ans, ce qui apaise Rauff qui ne donne pas suite à ses menaces contre les volontaires et les raflés, mais fait arrêter cent notables juifs pour servir d’otages et être fusillés en cas de désobéissance288,277. Dans l’après-midi, un millier de Juifs se présentent avant d’être répartis par groupe de cinquante et embarqués vers leurs lieux de destination. Le soir même, la première victime juive, Gilbert Mazouz (19 ans), ne pouvant avancer assez vite en raison d’un léger handicap, est abattue par un officier allemand sur la route du camp de Cheylus289.
Durant cette période, la Tunisie ne connaît qu’un seul cas de déportation, vers les camps de concentration d’Allemagne, d’Autriche ou de Pologne, organisé par voie aérienne en avril 1943 et ce en raison du manque de navires et d’avions mobilisés pour des besoins militaires plus pressants292. 17 déportés n’en sont pas revenus selon la liste du monument aux morts du cimetière du Borgel12, où figure aussi le boxeur Young Perez, champion du monde poids mouches, arrêté en France, déporté et abattu au cours des marches de la mort le 22 janvier 1945293.
C’est pourquoi les forces allemandes veulent exterminer les Juifs en les fusillant, objectif empêché par le faible nombre de SS à disposition277. Quant aux tentatives de pousser la population musulmane au pogrom, elles échouent grâce à l’action de dignitaires, comme Aziz Djellouli, le grand vizir M’hamed Chenik et Mahmoud El Materi277, à la désapprobation du résident général Esteva qui fait part aux Juifs de sa « compréhension » ou de sa « sympathie », à la sollicitude de Moncef Bey et à la répugnance du Néo-Destour à attiser les haines raciales. Les manifestations d’hostilité et de collaboration294 restent au total assez rares, la majorité de la population faisant preuve de réserve295.
Par ailleurs, Rudolf Rahn, qui publie ses mémoires après la guerre277, justifie alors dans une note du 24 décembre 1942 « l’inopportunité des pillages de boutiques et des pogroms tant que les troupes allemandes n’auront pas atteint la frontière algérienne », ce qui n’empêche pas des soldats allemands de pénétrer en janvier dans la Hara de Tunis pour violer des femmes et saisir leur argent et leurs bijoux.
Il semble donc que ce sont les combats incessants puis la victoire finale des Alliés qui ont empêché les forces allemandes de continuer d’appliquer la solution finale aux Juifs de Tunisie. Les noms des victimes juives tunisiennes de la Shoah sont listés dans l’exposition Shoah au musée national Auschwitz-Birkenau (46 sont morts dans les camps de travail forcé en Tunisie et 160 Juifs de Tunisie vivant en France ont été déportés vers les camps de la mort). Toutefois, selon Victor Hayoun, c’est plus de 700 Juifs d’origine tunisienne qui auraient été tués durant la Shoah : 50 dans les camps tunisiens de travail forcé, 390 d’une autre manière en Tunisie et 365 dans les camps de la mort, principalement à Auschwitz297.

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10 Commentaires

  1. David dit :

    Tunis a été libéré le 7 mai 1943.
    L’occupation D. Merci n’a duré que 5 mois …sinon il y aurait eu beaucoup de déportés . Beaucoup avaient été arrêtés et fait prisonniers .
    Les allemands avaient exigé de la communauté des millions de francs , sommes astronomiques pour une petite communauté démunie de tout à part certains plus aisés.
    Le consul de France n’a pu protégé ses Juifs…même le Bey n’a pu rien faire . Les Juifs avaient un sentiment de solitude prêts au même sacrifice que ses frères européens .
    D merci les américains ont délivré Tunis le 7 mai 1943 .

    • liguedefensejuive dit :

      Aucun pays allié ou pas n’a fait une action contre la destructions des juifs par les nazis. Ils s’en foutaient pendant la guerre et après la guerre aussi.En 1955 soit 10 ans après la fin de la guette le film « Nuit et Brouillard » d’Alain Resnais a été censuré car dans ce film on voyait l’image d’un policier français portant le képi typique français devant le camp de Pithiviers.
      Inutile de faire savoir que les juifs furent arrêtés par des policiers français et non par des policiers allemands

  2. David dit :

    @ldj

    Pourquoi aller si loin..
    et aujourd’hui qui à part les américains qui trouvent eux aussi leur intérêt soutiennent Israël après ce pogrom ?
    Même les femmes et les enfants qui ont subi les pires sévices d’une barbarie jamais atteinte ne sont pas soutenus ni écoutés
    Imaginons une secondes si Israel n’existait pas .

  3. David dit :

    J’ai très bien connu Joe Guez le manager de Young Perez .
    Je faisais de la salle chez lui de 59 à 61 .
    Sa salle était située près du lycée Carnot rue de la Loire à Tunis .

  4. David dit :

    Young Perez

    C’est cette salope de Mireille Balin qui l’a  » balancé  » aux boches après avoir bien profité de son argent car c’était un flambeur et un mec généreux .

  5. David dit :

    une anecdote marrante »’

    Un oncle qui était interprète dans l »armée anglaise avait invité un officier anglais à la maison .
    On avait mis à sa disposition une chambre .
    Dans cette maison vivait aussi ses sœurs et frères dont mon père.on connaît la méfiance des mères juives comme celle interprétée par Élie Kakou avec sa fille Fortunée.

    En effet une fois que l’anglais allait se coucher ma grand mère l’enfermait à double tour et gardait la clef .
    Si la nuit il avait un besoin urgent il frappait à la porte on le libérait le temps qu:il retourne dans sa chambre .
    MDR….Les mères juives ce n’est pas une légende .

  6. David dit :

    Nous habitions le quartier Lafayette à Tunis.
    Nous avions comme voisins des italiens qui exerçaient le métier de boulangers .
    Ils nous avaient protégés tout naturellement puisqu’ils étaient de l’autre côté de la rive et bien sûr fourni du pain .
    Après la libération on les a couvert à notre tour.
    Parmi les membres de cette famille se trouvaient Pino Lattuca et son frère Yvano respectivement pianiste et batteur dans l’orchestre de Jacques Martin .

  7. Franccomtois dit :

    Que rajouter á cela?
    -PAPY FAIT DE LA RÉSISTANCE 1983 N°2/4 (Gérard JUGNOT, Martin LAMOTTE, Jacqueline MAILLAN)
    https://youtu.be/JbRMneVNQ40?feature=shared

    -La Rafle (2011) HD Movie Trailer
    https://youtu.be/g3ClPF0ZKzE

  8. Franccomtois dit :

    Comme il est bon de rire par les temps qui courrent 😂!Pour trouver de s humoristes de talent aujourd´hui,ils se font rare!
    -Elie Kakou – Madame Sarfati : allô la police ? (Live au Dôme de Marseille 1997)
    https://youtu.be/yersYWLfheI
    Une coquine cette madame Serfati:
    -Elie Kakou « Fortunée ma fille ! » | Archive INA
    https://youtu.be/5Il2JC4diiU?feature=shared

  9. David dit :

    Après la guerre beaucoup de Juifs pauvres se rendaient en Palestine pour devenir des palestiniens.
    Il faut le rappeler de temps en temps .
    La  » Palestine a toujours été une Terre Juive .

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