Taoufik Mathlouthi -Une rencontre que je n’ai jamais oubliée
C’était dans les années 1990. J’étais alors à la tête de Radio Méditerranée Paris, et le métier de journaliste me conduisait parfois dans des salons où l’on croisait des personnalités que l’on n’oublie pas. Ce jour-là, je me rendais chez Jean-Marie Le Pen, pour une interview qui devait, comme tant d’autres, suivre son cours habituel : quelques questions, quelques réponses calibrées, un enregistrement, une poignée de main.
Mais avant que le micro ne s’allume, il y a eu cet échange. Un moment suspendu, hors caméra, hors antenne, qui allait rester gravé dans ma mémoire bien plus profondément que l’interview elle-même.
Je me souviens avoir voulu, ce jour-là, aller droit au but. Je lui ai demandé, sans détour :
« Pourquoi vous attaquez-vous sans arrêt aux Noirs et aux Arabes, comme s’il n’y avait aucun autre problème en France à part ça ? »
Sa réponse, je m’en souviens encore mot pour mot, tant elle m’avait saisi, glacée. Il m’a dit :
« Parce qu’un chien mort ne rend pas les coups. »
J’ai cru avoir mal entendu. « Pardon ? » ai-je lâché.
Il a alors développé, avec une froideur que je n’oublierai jamais :
« Oui. Les Arabes et les Noirs sont comme un chien mort. On peut lui donner des coups de pied, on peut le jeter, on peut le soulever : il ne réagit pas. »
Puis, comme s’il me confiait un secret, il a ajouté :
« Alors que mes vrais ennemis… »
Je l’ai relancé aussitôt : « Qui sont vos vrais ennemis ? »
Sa réponse est tombée, nette :
« Mes vrais ennemis, ce sont les maçons et les Juifs. »
Il a poursuivi, comme pour m’expliquer les règles d’un jeu dont il maîtrisait tous les codes :
« Si je touche un cheveu, même par allusion, le lendemain je suis cuit. Je suis en prison, je suis bloqué, interdit des médias, le parti disparaît. »
Et puis, avec un sourire que je revois encore, il m’a dit cette phrase qui, à elle seule, résume toute la conversation :
« Mais ne vous inquiétez pas, cher ami. Mes vrais ennemis sont ceux-là. Vous, je vous utilise comme moyen, tout simplement. »
Comme pour se disculper par avance de tout soupçon de racisme, il a enchaîné, presque fier :
« Regardez, la nounou de mes enfants est martiniquaise, mon chauffeur est algérien, mes gardes du corps sont algériens et africains. Donc je ne suis pas raciste. »
Il a conclu, en substance, avec cette phrase qui disait tout de sa stratégie :
« Mais je ne peux pas aujourd’hui m’adresser directement aux véritables ennemis de la France. »
Voilà ce que Jean-Marie Le Pen m’a confié, ce jour-là, avant que l’interview officielle ne commence. Des années ont passé, mais cette conversation, je ne l’ai jamais oubliée. Elle en dit peut-être plus long sur l’homme que n’importe laquelle de ses déclarations publiques.

Le père était dans son rôle : celui qui lui avait été fixé
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Je me souviens il y a qqs temps qu’il y avait eu une brouille entre le père et la fille, brouille qui a duré ! Le père s’est toujours contenté du rôle de croquemitaine politique tel qu’imaginé par ses anciens camarades de route : la clique à Tonton Francisque (ce dernier utilisait déjà l’extr. droite à ses fins : affaire des jardins de l’Observatoire). Le père a toujours ouvert sa gueule pour sortir quelques saloperies quand son parti caracolait au-dessus des 15% c’était systématique (Assemblée, députés etc …). C’était le parti croupion de la socialie vichyste qui ne devait pas devenir un parti présidentiable ! La fille a vite compris je pense l’arnaque d’où la brouille ! D’autre part il est certain qu’après l’épisode d’entrisme soralien et le débauchage par la raclure de certains « gudards » tout aussi vérolés, le ménage s’imposait, non ? Je ne dois pas avoir tout faux là-dessus ?