«Ce n’est pas elle, la juive qui s’est fait harceler ?» : le nouveau combat de l’influenceuse Gisèle Journo, victime d’insultes antisémites en ligne

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En marge de la Journée nationale de lutte contre le cyberharcèlement, cette entrepreneuse revient sur le raid numérique dont elle a été victime. Et se dit prête à se mobiliser pour sensibiliser les jeunes.
À 27 ans, cette petite femme décidée paraît en pleine forme, ongles manucurés et sourire franc. Pourtant, son avocate Julie Jacob nous avait prévenus : la faire replonger dans l’horreur de son été 2026 pourrait la perturber. « Gisèle Journo est forte mais elle a été marquée à vie », assurait-elle. L’entrepreneuse à la tête de Gisèle Paris, agence qui rayonne dans le milieu de l’influence et des relations publiques, a vécu l’horreur d’un raid numérique, en juillet dernier. Les réseaux sociaux dont elle vit, et dont elle sait en principe jouer, ont failli tuer son entreprise, et la mettre, elle, hors jeu.

« J’ai subi ce raid pendant trois longues semaines. C’était violent et incontrôlable, au point que la police a été obligée de monter la garde devant l’agence. J’étais terrée chez moi, dans l’angoisse », raconte-t-elle. Son histoire, qu’elle a tenue à raconter à la veille de la Journée nationale de lutte contre le cyberharcèlement, organisée chaque année le 5 novembre, est presque banale en 2026. Elle dit tout des excès de notre époque, de la folie du monde virtuel et montre, si besoin était, la puissance d’une meute lorsqu’elle se met en ordre de marche. Surtout lorsque cette dernière a la possibilité d’agir de manière anonyme, et qu’elle est, comme dans l’affaire Journo, « poussée » par la députée européenne insoumise Rima Hassan.
De 15 minutes de célébrité à trois semaines de cauchemar
Née dans le 19e arrondissement de Paris, élevée dans une famille juive tunisienne « avec des vraies valeurs, une éducation en or, un respect des lois et une pratique religieuse joyeuse », Gisèle crée son agence il y a sept ans avec son frère et un ami. Aujourd’hui, elle met en relation une cinquantaine d’influenceurs – ici dénommés « talents » – avec des marques. Gisèle passe d’ailleurs son temps le nez sur son iPhone, sa fenêtre sur ce monde à la fois puissant et dévastateur.
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C’est en juillet dernier, après des vacances à l’île de Ré, que sa descente aux enfers va commencer. Alors que le temps file entre rigolades baignades et bonnes bouffes, l’influenceuse Lena Mahlouf (Lena Situations) rejoint le groupe de copains. Tout ce petit monde – Lena et ses 4,9 millions d’abonnés en tête – étant connecté 24 heures sur 24 sur les réseaux sociaux, des photos de ce moment sont postées. Les vacanciers apparaissent même dans le « vlog » (reportage personnel filmé en vidéo, puis partagé sur des plateformes en ligne) très scruté de Lena Situations. Las ! Ce quart d’heure de célébrité va se payer très cher.
Après ces publications, il se trouve un anonyme pour fouiller dans le passé numérique de Gisèle Journo. Il exhume des vidéos de soldats israéliens, ainsi qu’une autre vidéo prise lors d’un concert d’Omer Adam, un chanteur pop israélien à succès.
On ne dira jamais assez à quel point, aujourd’hui, Israël est un carburant de haine sur TikTok et sur Instagram. En quelques secondes, le fameux internaute réalise un montage avec les posts de Gisèle, sur fond musical de Me and the Devil (Le diable et moi), tube de la chanteuse autrichienne rock Soap and Skin. Alors que les réseaux sociaux commencent à frémir, le coup de grâce est donné, quelques jours plus tard, par l’eurodéputée Rima Hassan : « L’agence relaie et soutient le contenu de l’armée israélienne en plein génocide », s’étouffe-t-elle, appelant purement et simplement à son « boycott ». Oubliés les rires et les vacances, le visage de Gisèle la « sioniste » est brusquement flouté du vlog de Lena Situations – une technique que les bolcheviks n’auraient pas reniée.

Le montage de l’internaute anonyme et le message pousse-au-crime de Rima Hassan sont vus et commentés des millions de fois. Gisèle, dont le portable croule soudain sous les messages de haine, ne comprend d’abord « rien » à ce qui se passe, imaginant un raid de concurrents jaloux. « J’ai mis plusieurs jours à saisir que c’était ma judéité qui était en cause », assure-t-elle, trois mois plus tard.
Elle qui n’a jamais été communautaire, affiche des copains de toutes origines ainsi qu’une agence volontairement « tolérante et apolitique », se voit soudain qualifiée d’« insecte » sommé d’aller « à la douche ». Sur Instagram, un autre ose écrire : « Vous serez chassés et traqués et tabassés, ce n’est qu’une question de temps, sales sionistes. » L’effet de contagion se répand au fil des jours : ses abonnés la quittent en masse, ses clients influenceurs reçoivent à leur tour des insultes, et sont poussés à boycotter Gisèle Paris. Son univers s’écroule, elle n’en dort plus. À la rentrée, le harcèlement finit par se tasser, la haine numérique s’étant reportée sur le champion olympique Léon Marchand. Lors d’un passage sur France 2, le nageur n’avait tout simplement pas voulu prendre de position politique, affirmant préférer « rester loin de tout ça ».

Impliquée dans la lutte contre le cyberharcèlement
En ce début novembre, Gisèle Journo est remontée sur son cheval, continue de se battre pour son agence, mais elle sait qu’on lui a enlevé une part d’insouciance. « Un matin, j’étais dans un café parisien et j’ai entendu : ce n’est pas elle, la juive qui s’est fait harceler ? »
Dans un premier temps, son avocate a déposé plusieurs plaintes, et des signalements ont été adressés au Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) du parquet de Paris, pour des menaces de mort, des injures antisémites et sexistes, ainsi que des faits de cyberharcèlement.
Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris, le 20 août 2026, et confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre les personnes (BRDP). Les enquêteurs sont chargés de retrouver non seulement l’auteur de la première vidéo mais aussi, tous ceux qui ont participé à la campagne de haine.
Lutter contre ces meutes, organisées tranquillement depuis leur chambre avec un simple téléphone – quand ce ne sont pas des trolls – s’avère compliqué. Les réseaux sociaux sont une hydre agissant comme un jeu de dominos, et les plateformes, qui sont censées collaborer avec la justice, ne jouent pas forcément le jeu. « Le cyberharcèlement n’est jamais virtuel, ses conséquences sont réelles et parfois foudroyantes, explique pourtant Karen Noblinski avocate pénaliste qui conseille Gisèle Journo avec ses confrères Julie Jacob et David Smadja. L’urgence est que ceux qui y participent prennent pleinement conscience de la gravité de leur acte ». L’avocate aimerait que les générations actuelles comprennent qu’internet n’est pas une zone de non-droit, et qu’un simple retweet ou un « like » entraîne une responsabilité, si ce n’est morale, du moins pénale : le risque de peines va jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

Quant à Gisèle, elle est décidée à s’investir dans la lutte contre ce mal du siècle. « Nous ne sommes pas définis par ce qui nous arrive, mais par ce que l’on en fait », dit-elle joliment. Sa parole, auprès de jeunes ou des pouvoirs publics, sera utile pour amener à une prise de conscience nationale : outre ce que les internautes appellent les « sionistes », particulièrement visés aujourd’hui, 35 % des élèves de 11 à 17 ans ont déjà été exposés à des situations de cyberharcèlement.
Source Le Figaro

happywheels

2 Commentaires

  1. danny dit :

    Il est temps que des têtes tombent. Celles des raclures qui postent leurs merdes comme on pond un étron, certes, mais aussi celles des admins des RS et de certains sites participatifs (il existe des jurirprudences).
    Il est temps que la pute syrienne réponde de ses actes et que son sursis de pacotille tombe pour de bon. Ras le cul de l’impunité des racailles antujuives, ras le cul d’une justice pourrie corrompue, partisane et arbitraire.

  2. joseparis dit :

    C’est une fille courageuse. Je lui espère de rebondir et de continuer avec succès son activité professionnelle. Par contre, on n’oubliera pas ce qu’ont fait la rima hamaSS et surtout l’attitude de la mahlouf qui l’a laissé tomber avec une lâcheté et une hypocrisie extraordinaire malgré que cette connasse ne soit célèbre uniquement grâce au travail de Gisèle Journo depuis des années avec son agence.

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