L’Altalena, une tragédie du peuple Juif à la naissance d’Israël.

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Ou combat de la « gauche criminelle » au pouvoir, contre le pacifisme de droite représenté par Menahem Begin qui plus tard a créé le Likoud.
78 ans après, … Ce problème interne à Israël n’est toujours pas réglé !

par Nili Naouri
Présidente, Israel Is Forever – Moreshet Jacques Kupfer

L’Altalena retrouvée : 78 ans après, l’Histoire remonte à la surface
Lorsque Ben Gourion, alors Premier ministre de l’État d’Israël, vint en visite en France et participa à une cérémonie au Mémorial de la Shoah, les mouvements de jeunesse étaient présents.
Mon père, Jacques Kupfer (z »l), était à la tête du Betar.
Il refusa la main tendue de Ben Gourion en disant trois mots qui rendirent livide Ben Gourion : « Arlozoroff, Saison, Altalena ».
Ces mots symbolisaient la haine viscérale de la gauche de l’époque contre le camp jabotinskyen et qui s’était traduite par le sang juif versé.
Soixante-dix-huit ans après avoir sombré sous les tirs, l’Altalena a été retrouvée.
À 503 mètres de profondeur, au large des côtes israéliennes, repose encore le navire qui fut au cœur de l’un des épisodes les plus douloureux de l’histoire de la renaissance d’Israël.
Retrouver l’Altalena, ce n’est pas seulement retrouver une épave. C’est faire remonter à la surface une histoire que certains auraient préféré laisser au fond de la mer.
En juin 1948, l’État d’Israël vient à peine de naître et se bat pour sa survie.
L’Altalena, acquise par l’Etzel (l’Irgoun), arrive d’Europe chargée d’armes et de matériel militaire indispensables à la guerre, mais également de volontaires juifs venus rejoindre le combat pour l’indépendance.
Parmi eux, une majorité de jeunes issus du mouvement révisionniste et du Betar, dont la plupart sont des survivants de la Shoah. Ils venaient se battre pour l’État d’Israël.
À ce moment-là, l’Etzel avait accepté son intégration au sein de la nouvelle armée israélienne.
Une exception subsistait cependant : Jérusalem, qui se trouvait dans une situation juridique et militaire particulière et où les unités de l’Etzel continuaient à combattre indépendamment.
Begin demanda donc que 20 % des armes transportées par l’Altalena – toutes les armes avaient été trouvées par l’Etzel – soient attribuées au bataillon de l’Etzel combattant à Jérusalem. Ben Gourion accepta.
Le 22 juin 1948, face aux plages de Tel-Aviv, l’impensable se produisit.
Sur ordre de Ben Gourion, qui prétexta une tentative de putsch (!!!) de la part de Begin, Yitzhak Rabin et ses soldats ouvrirent le feu sur l’Altalena et le bombardèrent.
Le navire prit feu et finit par sombrer avec les armes à bord.
Seize hommes de l’Etzel, dont plusieurs rescapés de la Shoah, furent tués.
Ben Gourion qualifiera plus tard le canon ayant tiré sur l’Altalena de « canon sacré »!
Begin se trouvait lui-même sur le navire. Ses hommes étaient armés. Ils étaient attaqués par d’autres Juifs. Et pourtant, il leur ordonna de ne pas répondre.
Son intervention, diffusée par la radio de l’Etzel, contribua à empêcher une riposte qui aurait pu précipiter le jeune État dans une guerre fratricide.
Pour comprendre pourquoi la découverte de l’Altalena est si importante aujourd’hui, il faut replacer cet épisode dans une histoire plus longue des rapports entre le mouvement travailliste, dominant au niveau politique, et le camp révisionniste de Jabotinsky.
Il y eut d’abord l’affaire Arlozoroff, en 1933.
Après l’assassinat du dirigeant sioniste travailliste Haïm Arlozoroff, des militants révisionnistes furent accusés à tort.
Avraham Stavsky fut même condamné avant que sa condamnation ne soit annulée en appel.
Quinze ans plus tard, ironie tragique de l’Histoire, Stavsky mourut lors de l’affaire de l’Altalena.
Il y eut ensuite « la Saison » — la « Saison de chasse » des années 1944-1945, lorsque des membres de l’Etzel furent pourchassés, arrêtés et livrés aux autorités britanniques par les membres de la Haganah.
Pour rappel, 12 membres de l’Etzel et du Lehi montèrent à l’échafaud, exécutés par les forces britanniques.
La Haganah a même été responsable de l’assassinat de membres de l’Etzel.
Puis vint l’Altalena.
Ces épisodes éclairent tant la confrontation entre les deux camps : l’un qui se prétend démocrate et qui accuse l’autre d’extrémisme, alors qu’il n’y a pas eu plus totalitaire que le camp Ben Gourion, ni plus cruelle que la Haganah.
Mais Ben Gourion, en historien chevronné, savait qu’il fallait écrire un scénario historique flattant son camp pour que ce soit celui qui perdure.
Et ce récit tronqué commence avant même la création d’Israël.
L’un des exemples les plus frappants concerne l’insurrection du ghetto de Varsovie.
Pendant des décennies, le récit dominant a placé au premier plan Mordekhaï Anielewicz et la ŻOB, l’Organisation juive de combat.
Le courage d’Anielewicz et de ses combattants est incontestable.
Mais ils n’étaient pas seuls et n’ont pas été à la tête de la révolte.
En attestent les rapports de Jürgen Stroop, chef SS chargé de l’écrasement de l’insurrection.
Une seconde organisation juive combattit dans le ghetto : le ŻZW — Żydowski Związek Wojskowy, l’Organisation militaire juive (ATZI en hébreu), fortement liée au mouvement sioniste révisionniste et au Betar.
Parmi ses principaux commandants figurait Paweł Frenkiel, militant du Betar.
Ses combattants participèrent aux combats les plus violents de l’insurrection, notamment autour de la place Muranowski.
Un livre de Moshe Arens, édité il y a quelques années seulement, a enfin mis en lumière le rôle prépondérant de l’ATZI.
De même, durant les annees 30, le camp travailliste, qui dominait alors l’agence Juive chargée de repartir les certificats d’Alya accordés par les britanniques (qui avaient fortement limité l’immigration juive en Eretz Israel alors que le nazisme sévissait en Europe) ne les delivrait pas aux betarim.
Et après l’indépendance du pays, celui qui n’avait pas le « Pinkas haadom » (le livret rouge certifiant son appartenance politique au camp de la gauche) ne trouvait pas de travail. Une discrimation terrible…
Et c’est précisément là que l’Altalena prend aujourd’hui une dimension qui dépasse largement son épave.
Elle porte avec elle la mémoire de ces hommes venus combattre pour Israël, celle des combattants de l’Etzel tombés sous des balles juives; elle porte avec elle, la memoire d’un homme qui, au moment où tout pouvait basculer, refusa de transformer une tragédie en guerre civile.
Menachem Begin avait toutes les raisons personnelles d’ordonner à ses hommes de riposter. Il choisit Israël avant son propre camp. C’est ce qu’a toujours fait le camp national.
C’est une des leçons de l’Altalena. Et elle mérite d’être rappelée aujourd’hui à cette gauche qui incite à la haine contre le camp national.
La découverte de l’Altalena n’effacera pas les blessures de 1948.
Mais elle peut contribuer à réparer quelque chose d’autre : une mémoire nationale trop longtemps écrite par un seul camp.
L’épave est sortie de l’oubli.
À nous maintenant d’en faire sortir toute son histoire.
78 ans après, l’Altalena témoigne encore.
Et avec elle, resurgit de l’oubli, l’héroïsme des membres de la famille combattante jabotinskyenne à qui nous devons l’État d’Israël.
Que nous en soyons dignes.
Me Nili Naouri
Présidente, Israel Is Forever – Moreshet Jacques Kupfer

Liste des 16 membres de l’Irgoun tués sur l’ordre d’Itzhak RABIN
Avraham Stavsky (l’un des principaux organisateurs de l’achat du navire)
• Daniel Levy (volontaire Machal originaire de Cuba)
• David Mitrani (volontaire Machal originaire de Cuba)
• Chai Michel Assouid (volontaire Machal originaire de France)
• Eliyahu Abramovitz
• Yitzhak Cohen
• Dov Reuven Kahn
• Aharon Karshner
• Lipa Friedman
• Dan Ginline
• Yisrael Yaakovovitz
• Mendel Kaufman
• Shlomo Kutner
• Avraham Cohen
• Itamar Lifshitz
• Victor-Arieh Ben-Zvi [1, 2, 3]

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