Lana Nusseibeh candidate d’origine palestinienne au poste de secrétaire général de l’ONU
Diplomate émiratie de 48 ans et d’origine palestinienne, Lana Nusseibeh est entrée officiellement dans la course pour succéder à António Guterres.
Lana Nusseibeh est entrée cette semaine dans la course au poste de secrétaire général de l’ONU pour succéder à Antonio Guterres. Le président émirati, cheikh Mohammed ben Zayed, a déposé la candidature dans une lettre adressée aux présidents de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité.
Le lendemain de ce dépôt de candidature, les six pays du Conseil de coopération du Golfe, dont l’Arabie saoudite et le Qatar, ont exprimé un soutien unanime.
Lana Nusseibeh est née à Abou Dhabi en 1978, mais l’histoire de sa famille commence à Jérusalem. Elle appartient à une éminente famille palestinienne de Jérusalem et a acquis la nationalité émiratie par son père, Zaki Nusseibeh, conseiller culturel du président des Émirats.
Son père, né à Jérusalem en 1946, était étudiant à Cambridge lors de la guerre des Six Jours. Journaliste, puis traducteur personnel et proche conseiller du cheikh Zayed, fondateur de la fédération, il a constitué une bibliothèque privée de plus de 40 000 volumes.
Son grand-père, Anouar Nusseibeh, a été une figure de la vie politique palestinienne et jordanienne : blessé en 1948, ministre jordanien de la Défense, puis gouverneur de Jérusalem sous administration jordanienne. Après 1967, il a mené des contacts discrets entre Israël et la Jordanie sur l’avenir de la Judée-Samarie. Son oncle, Sari Nusseibeh, philosophe et ancien président de l’université Al-Quds, a été représentant de l’OLP à Jérusalem et a lancé avec l’ancien chef du Shin Bet Ami Ayalon l’initiative de paix « Voix du peuple ». Il appelle aujourd’hui à débattre d’une solution à un seul État.
Lana Nusseibeh dit avoir voulu, adolescente, prendre le contre-pied de la tradition familiale. Elle a étudié à Wycombe Abbey, puis l’histoire à Cambridge, avant un master en études israéliennes et juives à l’université de Londres, obtenu avec mention en 2003. Elle parle arabe, anglais, français et hébreu.
Elle débute à l’UNESCO à Paris et dans la recherche sur la sécurité et le terrorisme. En 2009, elle crée le service de planification politique du ministère émirati des Affaires étrangères, puis devient en 2013 la première femme ambassadrice des Émirats à l’ONU. Elle a été représentante permanente de 2013 à 2024, vice-présidente de l’Assemblée générale et présidente du conseil d’administration d’ONU Femmes, et elle a présidé deux fois le Conseil de sécurité pendant le mandat émirati de 2022-2023.
Pour Israël, son profil est complexe. Elle entretient des liens avec des organisations juives et, après les Accords d’Abraham, a rencontré des dirigeants de la communauté juive américaine. Après le massacre du 7 octobre, elle a condamné explicitement le meurtre de civils et l’enlèvement d’otages, et a affirmé que le Hamas ne représente pas le peuple palestinien.
Elle a aussi accusé Israël de bombardements sans discernement à Gaza, réclamé un cessez-le-feu et s’est fermement opposée à toute annexion en Judée-Samarie. En septembre 2025, elle avait averti qu’une annexion serait une « ligne rouge » pour les Émirats. En décembre 2023, elle a été l’une des chevilles ouvrières de la résolution 2720 du Conseil de sécurité sur l’aide humanitaire à Gaza. En février 2024, elle a dirigé la délégation émiratie devant la Cour internationale de justice, où elle a affirmé que « le droit international n’est pas un menu » dans lequel on choisit à sa guise. L’ambassadeur palestinien Riyad Mansour lui a remis une plaque de reconnaissance à son départ.
Si elle était désignée, elle serait la première femme à la tête de l’ONU, la première musulmane et la première d’origine palestinienne. Le seul secrétaire général arabe à ce jour, l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali, était copte.
L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon, s’est abstenu de se prononcer, indiquant que son pays suit la course de près et attend du prochain secrétaire général qu’il combatte l’antisémitisme au sein de l’organisation.
Source IsraJ
