Sophie Aram: »Non, vous n’êtes pas des enfants de Gaza. Vous êtes des enfants gâtés »

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De Jean-Luc Mélenchon à Rima Hassan, la gauche radicale n’a cessé de légitimer la violence. Bilan d’une imposture morale.
Greta Thunberg, Omar Sy, Angèle, vous êtes où ? Je m’inquiète. Il y a encore quinze jours, vous étiez partout : sur Instagram, sur les plateaux télévisés, au bas des pétitions. On vous a vus bouleversés par « ces jeunes qui descendent dans la rue pour un avenir meilleur », émus aux larmes devant « cette petite lumière face à un pays à la dérive ». Et puis plus rien. Pas une story, pas même un émoji cœur brisé. Une mairie incendiée, des rues saccagées, des commerçants pillés et brisés… et vous vous êtes volatilisés. Alors je pose la question, sans la moindre arrière-pensée : vous ne seriez pas un petit peu allergiques aux lendemains de fête ?

Notez, vous n’êtes pas les seuls. Voilà un mois que tout ce que la gauche compte d’intellectuels, de journalistes, d’humoristes et de commentateurs s’extasient devant « cette formidable mobilisation citoyenne ». Que dis-je : ce sursaut républicain.
Quand la gauche appelle au chaos
Bally Bagayoko qui nous explique que « la violence peut être légitime ». Jean-Luc Mélenchon qui appelle à « abattre la citadelle ». Et Rima Hassan, toujours prête à rendre service, fournit la notice du parfait casseur. Qu’Omar Alsoumi (du collectif Urgence Palestine) appelle à « l’Intifada dans les rues de Paris » et que tout le monde reprend en chœur dans les cortèges : « Nous sommes tous des enfants de Gaza ! »

Alors non, vous n’êtes pas des enfants de Gaza. Au mieux, vous êtes l’alliance d’une gauche bourgeoise et culturelle travaillée par le tiers-mondisme, la haine de soi et d’Israël ; au pire, une banlieue travaillée par l’islam identitaire et politique, la haine de l’Occident et des Juifs. Vous n’en avez rien à cirer des enfants de Gaza, pas plus que des enfants d’Iran, d’Ukraine ou du Soudan. Vous vous foutez d’eux comme vous vous tamponniez à l’époque des enfants de Boutcha ou d’Alep.
La violence au nom de la Palestine
Des mois à justifier la violence, et finalement le chaos est advenu. Au nom de la Palestine des iPhone ramassés dans une vitrine. Pendant que des « antifas » encagoulés saccagent une vague agence du Crédit mutuel, histoire de rappeler qu’on lutte contre le capitalisme, que des mômes en furie pillent un H & M et un Monoprix, récupérant des culottes made in China pour les uns ou des rouleaux de PQ pour les autres, quand les moins dégourdis feront un crochet par la garde à vue et seront jugés en comparution immédiate, en attendant que des agents de propreté souvent immigrés viennent au petit matin nettoyer leurs merdes.
Alors j’ai un message de service pour la gauche, « la pure, la vraie, la dure ». Le problème, ce n’est pas que vous souteniez des revendications des lycéens, somme toute légitimes, mais dont chacun sait qu’elles n’ont, à sept mois de la présidentielle, aucune chance d’aboutir ; non, le problème, c’est votre obstination à tout excuser, y compris ceux qui cassent, brûlent, saccagent et se comportent en barbares.
Vous serez balayés deux fois. Une première fois par l’extrême droite, à qui vous faites la courte échelle avec une constance qui force l’admiration. Une seconde fois par cette alliance morbide entre le tiers-mondisme et l’islam identitaire.
Enfants gâtés d’un pays à bout
Non, vous n’êtes pas des enfants de Gaza. Vous êtes des enfants gâtés d’un pays qui endette ses arrière-petits-enfants pour maintenir à bout de bras l’un des systèmes sociaux les plus redistributifs du monde. Un pays qui hypothèque, qui n’investit plus, n’innove plus, ne sait plus se réinventer ni se mettre d’accord sur rien. Sauf, visiblement, sur une chose : quand ça brûle, il y a toujours quelqu’un pour applaudir.
Vous n’êtes pas des enfants de Gaza. Vous êtes des glands. Et je le dis avec toute la bienveillance dont je suis encore capable.
Retrouvez Sophia Aram pour son nouveau spectacle, L’Insoumise, au Palais des glaces, à partir du 14 janvier 2027.
SOURCE LE POINT

happywheels

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