Le Mouvement des étudiants juifs français (MEJF) est né

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TRIBUNE. Refusant l’autocensure et le déni de réalité des autres organisations communautaires juives, cette association de jeunesse patriote et sioniste dénonce notamment l’antisémitisme islamo-gauchiste.
Par David Weissberg
Aujourd’hui, en tant que jeunes Français juifs, nous constatons avec tristesse un décalage criant entre les paroles spontanément entendues chez de nombreux fidèles et les discours des institutions officielles du judaïsme français, tel le Crif ou l’UEJF.
D’un côté, les communautés s’alarment, à raison, de la nature intolérante et violente d’un islamisme en pleine expansion ; de l’autre, les discours publics persistent à placer sur un pied d’égalité deux dangers qui, pour nous, ne s’équivalent en rien : l’antisémitisme d’extrême droite, heureusement devenu anecdotique mais artificiellement monté en épingle, et l’antisémitisme islamiste, l’un des poisons les plus terrifiants de l’époque.
C’est dans ce contexte, grave et inédit, que nous sommes fiers d’annoncer la création d’une nouvelle grande association de jeunesse : le Mouvement des étudiants juifs français (MEJF), qui naît d’un triple constat.
1. L’antisémitisme d’aujourd’hui ne vient plus guère de l’extrême droite mais plutôt de l’islam radical, avec lequel l’extrême gauche, doublée d’une gauche en perte de vitesse historique, s’allie pour des raisons sinon idéologiques, du moins bassement politiciennes.
2. Les institutions juives françaises, contrairement à de nombreux fidèles qui n’hésitent pas à nommer un chat un chat, refusent d’entériner pareille évidence. Elles continuent de jeter l’opprobre sur le courant aujourd’hui majoritaire de la droite, comme si ces organismes craignaient qu’en n’agissant pas ainsi, ils puissent se voir accusés de racisme.
3. Ce faisant, par cette autocensure, ce déni de réalité et cette ostracisation de pans entiers de l’opinion publique française, ces associations communautaires juives se coupent durablement de leur base.
Les ravages de l’intolérance islamiste
Au fond, elles reproduisent, auprès des fidèles juifs, ce sentiment que tant de Français de toutes confessions nourrissent lorsqu’ils écoutent les discours, contradictoires, creux et pusillanimes, des gouvernements successifs, si tragiquement impuissants face aux ravages de l’intolérance islamiste et d’une immigration que tous les Français – tous, si ce n’est leurs élites – estiment complètement dérégulée.
En se comportant de la sorte, elles se conduisent ni plus ni moins comme le pouvoir, terrifié à l’idée de voir lui échapper la situation à un point tel qu’il balance constamment entre déni de réalité et inaction coupable, sans voir, ou en affectant de ne pas voir, que c’est cette lamentable politique de gribouille qui nous prépare au désastre.
Aussi, nous, Français juifs, ne nous sentons plus représentés par la majeure partie des institutions juives, lesquelles tirent pourtant leur légitimité en parlant, et sans cesse, en notre nom.
Le franco-judaïsme toujous d’actualité
Nous reconnaissons à Éric Zemmour un rôle de lanceur d’alerte, d’éveilleur, d’aiguillon qui a contribué, sur la scène politique, à dessiller les yeux de nombre de nos compatriotes au sujet de cet antisémitisme, qui n’est pourtant pas nouveau.
Nous saluons de même, à la suite de Serge Klarsfeld, l’attitude sans ambiguïté aucune de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, présents, le 12 novembre dernier, à la “marche contre l’antisémitisme”, malgré leur déplorable relégation en queue de cortège, comme si eux étaient moins légitimes que d’autres…
Dans la lignée du Consistoire israélite de France, institué par Napoléon en 1808, nous continuons de croire au franco-judaïsme et à son actualité brûlante.
Attachement qui n’est en rien incompatible, au contraire, avec notre engagement en faveur d’Israël et du sionisme. De la même manière, nous ne pensons pas que la spiritualité juive et l’identité française, nullement réductible aux seuls droits de l’homme, se soient rencontrées par hasard, ou bien que cette union relève aujourd’hui du passé : nous estimons au contraire que ces deux identités, en s’interpénétrant, ont débouché sur un mariage d’une grande fécondité culturelle, où chacune s’approfondit au contact de l’autre.
Esther, Proust et Offenbach
Rappelons-nous la fascination qu’ont exercée sur un Racine les figures des reines Esther et Athalie, et la splendeur classique de la langue dans laquelle le grand auteur du XVIIe siècle a coulé les hauts faits de la première et les forfaits de la seconde.
Souvenons-nous de l’œuvre si complexe d’un Proust, qui n’a jamais renié ses origines juives, en faisant, par exemple, réciter le kaddish à la mort de sa mère chérie, en 1905.
Et, dans un registre de pure légèreté, comment oublier l’itinéraire d’un Offenbach, promu roi de l’opérette et d’une certaine “vie parisienne” sous le second Empire, alors qu’il n’était qu’un immigré juif allemand ?
Ce n’est pas un hasard, enfin, si, parmi les défenseurs, souvent inquiets, de racines françaises aujourd’hui foulées aux pieds, l’on compte tant de nos coreligionnaires : c’est parce que la question de la sauvegarde et de la transmission de l’identité est bien au cœur de la religion juive, qui oscille toujours entre un particularisme ardent et une quête passionnée de l’universel.
En fondant le MEJF, nous appelons à un changement d’ère, dans la continuité de ce noble courant du franco-judaïsme, illustré par les figures lumineuses des grands rabbins Zadoc Kahn ou Jacob Kaplan, de mémoire bénie – dans le sillage desquels, aujourd’hui, nous nous plaçons, avec humilité et émotion.
* David Weissberg est membre et trésorier du Mouvement des étudiants juifs français (MEJF).
Source Valeurs Actuelles

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5 Commentaires

  1. Franccomtois dit :

    👍🙏

  2. joseparis dit :

    Nul doute que ces jeunes vont avoir du succès. L’uejf ne représente plus rien, puisque comme le président du Crif, ils refusent de nommer l’islamisme comme la cause principale de l’antisémitisme en France. Au mieux, ils renvoient l’extrême droite et l’extrême gauche dos à dos. Seulement depuis 1945, les seuls français juifs assassinés sur le sol Français l’ont été par des islamistes. Bon vent à ces jeunes patriotes français et juifs.

  3. Sahsan.rosa dit :

    Bravo! Cela nous changera des discours du CRIF qui ne représente plus que lui-même. Et qui ne voit le danger que dans l’extrême droite. C’est sûrement le minable de l’Elysee qui doit lui dicter ses discours.
    ROSA

  4. Vérité et justice dit :

    MEJF
    Mazel tov 🥳 vous êtes essentiels et indispensables👏🏻👏🏻👏🏻👏🏻🥂🥂🥂🍸🍸🍸🍸🍸🍸🍾🍾🍾🍾🍾🍾🍾🍰🎉🎁🎈🎊🎉🎁🎈🎊🎉🇫🇷🇮🇱

  5. Lior dit :

    Kol hakavod !
    Et Pourim Sameah !

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