Bobigny : l’Etat boycotte le colloque sur les extrémismes violents

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La présence du sociologue Said Bouamama a déclenché la polémique.
Un sociologue à qui on demande de ne pas parler de son travail, des représentants de l’Etat absents… L’Etat soutient-il toujours la Sauvegarde de l’enfance en Seine-Saint-Denis dans son travail auprès des personnes radicalisées ?
La question s’est posée frontalement, ce mercredi matin, à l’ouverture d’un colloque international organisé par cette association sur les mécanismes de l’extrémisme violent. Pendant deux jours, des chercheurs, sociologues, psychologues, travailleurs sociaux de France, du Brésil, du Canada, des Etats-Unis, du Tchad, viennent témoigner de leur expérience, pour mieux comprendre les processus d’adhésion à Daech, Boko Haram, ou aux mouvements néonazis.
Said Bouamama, sociologue controversé
Mais à l’ouverture, la présidente de l’association Franceline Lepany s’est retrouvée toute seule sur l’estrade. Les trois sièges réservés pour Fadela Benrabia, préfète à l’égalité des chances, Fabienne Klein-Donati, procureure de la République à Bobigny, et à Muriel Domenach, secrétaire générale du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (Cipdr) sont restés vides. En cause, la présence du sociologue controversé Said Bouamama.
« Said Bouamama est connu pour être signataire de l’appel des indigènes de la République, collectif islamo gauchiste […] qui a appelé en 2017 à participer à une marche contre le racisme et l’impunité des forces de l’ordre », a fustigé Jordan Bardella dans une lettre ouverte adressée au ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, mardi. « Participer aux discours d’ouverture de ce colloque donne du crédit à ces idéologues anti-français et anti-policiers », ajoute l’eurodéputé RN, en écho à une autre tribune du même ton.
L’Intérieur dément avoir passé des consignes
Place Beauvau, on dément toute interdiction : « Le ministre n’a jamais demandé à la préfète de ne pas se rendre au colloque », explique-t-on. La préfecture de Seine-Saint-Denis n’a pas donné suite à nos appels. Pas d’explication officielle non plus au parquet de Bobigny.
Seule à prendre publiquement position, Muriel Domenach, secrétaire générale du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, dont le tampon apparaît sur le dossier du colloque. Elle dément toutefois l’aide financière de 10 000 € pour l’organisation du colloque et renvoie sur son tweet : « En vrai : la Sauvegarde 93 fait un travail de qualité aussi en recherche action. L’intervenant en question n’est pas venu. Sa présence annoncée politisait le colloque. Pas de représentant de l’Etat. Pour ma part, [j’ai] répondu depuis quelques jours aux MP (messages privés, NDLR) inquiets que je n’y serais pas. »

La Sauvegarde «toujours soutenue par l’Etat »
Mais Said Bouamama n’était pas qu’un intervenant parmi d’autres. Il fait officiellement partie, depuis 2015, de l’équipe pluridisciplinaire (social, clinique, sociologique) de la Sauvegarde. L’association est chargée du suivi, depuis quatre ans, de 105 personnes, jeunes hommes, adolescentes, signalés par un parent, mis en examen ou écroués pour des faits en lien avec le terrorisme. La Sauvegarde est d’ailleurs l’unique opérateur missionné par l’Etat en Seine-Saint-Denis.
« J’ai reçu un coup de fil, mardi soir vers 18h30, pour me dire de ne pas venir au colloque suite aux bruits dans les médias, à la demande de la préfecture et du ministère, explique Said Bouamama, joint par téléphone. Je suis habitué aux vieilles critiques de l’extrême droite, sur le parti des indigènes de la République, mon livre « Nique la France » – qui cherchait à comprendre pourquoi certains arrivent à dire ça -, et ma position contre la loi sur le foulard à l’école. Mais si on ne pose pas les questions de fond, ça va être de pire en pire. Le combat des idées est essentiel, le gouvernement cède trop rapidement aux polémiques du Rassemblement national et alimente la lepénisation des esprits ».
Source :
http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/bobigny-l-etat-boycotte-le-colloque-sur-les-extremismes-violents-03-07-2019-8109015.php


Seine-Saint-Denis : l’étrange compromission de l’Etat avec le cofondateur des Indigènes de la République

Par
Amaury Brelet
Twitter
Un colloque, organisé “sous la direction” du sociologue et militant radical, Saïd Bouamama, auteur d’un livre intitulé “Nique la France”, ces mercredi 3 et jeudi 4 juillet, devait accueillir le préfet délégué à l’égalité des chances du département et le procureur de la République au TGI de Bobigny, qui ont finalement renoncé.*
Jusqu’où l’Etat et ses représentants sont-ils prêts à se compromettre ? Fadela Benrabia, préfet délégué à l’égalité des chances en Seine-Saint-Denis, et Fabienne Klein-Donati, procureur de la République au tribunal de grande instance de Bobigny, faisaient partie, avant d’y renoncer, des personnalités annoncées pour participer au discours d’ouverture d’un « colloque international », intitulé « Mécaniques de “l’extrémisme violent” », qui se tient ces mercredi 3 et jeudi 4 juillet, « sous la direction » du militant Saïd Bouamama, cofondateur du mouvement des Indigènes de la République.
L’événement, qui se déroule à Bobigny, est organisé par Sauvegarde de Seine-Saint-Denis, une association de protection de l’enfance qui « assure une mission de service public habilitée par le ministère de la Justice et le conseil départemental, et financée par ce dernier à 85% ». Elle gère notamment un dispositif de prévention et de traitement des basculements vers les extrémismes violents (DPTBEV), auquel participe également le sociologue algérien Saïd Bouamama.

L’association « prend en charge les personnes signalées radicalisées ou mises en examen en Seine-Saint-Denis, voire condamnées pour des faits de terrorisme », indique Le Parisien, qui précise qu’« en quatre ans, 105 personnes ont été suivies en Seine-Saint-Denis, ainsi que 139 autres membres de leur famille depuis juillet 2015 », le tout avec le soutien de « partenaires institutionnels » (conseil départemental, préfecture, TGI, conseil régional d’Ile-de-France…).
Proche de l’activiste Houria Boutelja
Sur la liste des participants annoncés, figurent aussi Stéphane Troussel, président PS du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, et Muriel Domenach, secrétaire générale du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), présidé par le Premier ministre ou par délégation par le ministère de l’Intérieur. Le colloque est monté en partenariat avec… la préfecture de Seine-Saint-Denis, le CIPDR et l’université Paris Descartes.
Saïd Bouamama, lui, est présenté par le programme de l’événement comme « chercheur encadrant le versant sociologique de la recherche du DPTBEV » et membre du « comité scientifique ». Il est en charge, avec d’autres, de la « direction » du colloque. Officiellement chargé de recherche en sociologie à l’Institut de formation action recherche (IFAR) à Lille, il est surtout un militant d’extrême gauche qui professe une propagande antiraciste radicale.
Saïd Bouamama fait, en effet, partie des initiateurs de l’appel « Nous sommes les Indigènes de la République » en 2005 qui a entraîné la création du mouvement racialiste. Il est également un proche de Houria Boutelja, cette activiste franco-algérienne et membre fondatrice du Parti des indigènes de la République (Pir), régulièrement accusée de sexisme, d’homophobie, de racisme et d’antisémitisme et qui a multiplié par le passé les dérapages haineux, taxé les Français de souche de « souchiens » et défendu les terroristes palestiniens du Hamas.
Un militant contre « le racisme d’Etat » et « l’islamophobie »
Lui-même a été mis en examen, avec le rappeur Saïdou, pour « injure publique » et « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence », après la publication d’un livre et d’un CD au titre commun : « Nique la France ». Extraits : « Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes. Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes. » Poursuivi en justice par l’Agrif, Saïd Bouamama a été depuis innocenté des accusations de « racisme anti-blanc ».
Le sociologue militant, pour qui le racisme anti-blanc est d’ailleurs « inexistant » (il est l’auteur d’un ouvrage titré Planter du Blanc : chroniques du néocolonialisme français), préfère lui vitupérer contre « le racisme d’Etat », « le racisme systémique de la police » et « l’islamophobie ». A propos d’un dessin publié dans Charlie Hebdo, Saïd Bouamama a dénoncé sur Twitter « un florilège de sexisme, d’islamophobie, de négrophobie et de mépris de classe qui exprime la vision du monde d’un groupe social et de ses préjugés : les hommes blancs et aisés ».

Quatre jours après l’attaque terroriste islamiste qui a décimé la rédaction de journal satirique, en janvier 2015, il commentait même sur son blog : « Si l’attentat contre Charlie Hebdo est condamnable, […] ces prises de positions écrites ou dessinées ne sont pas des détails ou de simples amusements sans conséquences : elles sont à l’origine de multiples agressions de femmes voilées et de nombreux actes contre des lieux de cultes musulmans. » Au contraire, Bouamama préférait à l’époque s’en prendre à la France, à « l’islamophobie d’Etat » et même à Eric Zemmour, qu’il a depuis diffamé sur Twitter.

Haine d’Israël et soutien à Dieudonné
Farouchement anti-israélien, il vomit aussi sur les réseaux sociaux « l’Etat raciste d’Israël », qualifie le sionisme de « racisme revendiqué » et appelle à « renforcer » le mouvement de boycott BDS, flirtant parfois avec l’antisémitisme et le complotisme. A l’inverse, il vante les mérites de « la résistance palestinienne », à laquelle appartient le groupe terroriste Hamas, et assure même que « le peuple palestinien triomphera tôt ou tard » de ses oppresseurs juifs.

Celui qui a soutenu ouvertement l’humoriste Dieudonné, condamné pour antisémitisme, participait aussi l’année dernière à « la première conférence internationale de personnes de couleur » traitant des « questions concernant les “non-blancs” vivant dans le nord global ». L’événement extrémiste, organisé par le Decolonial International Network et visant à « questionner la mémoire coloniale », avait alors accueilli « des personnalités qui se sont déjà illustrées en matière de complotisme et d’antisémitisme », rapportait Conspiracy Watch.

Membre fondateur du Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP), un groupuscule d’extrême gauche, Saïd Bouamama est enfin proche de l’essayiste belge et conspirationniste Michel Collon (« Les frères Kouachi ont été armés par Fabius », a-t-il dit en sa présence), et tient une chronique sur son site Investig’Action. Un CV sulfureux qui a fini, semble-t-il, par décourager certains invités. « En vrai : Sauvegarde 93 fait un travail de qualité, aussi en recherche action. L’intervenant en question n’est pas venu. Sa présence annoncée politisait le colloque. Pas de représentant de l’Etat. Pour ma part, répondu depuis qq jours aux mp inquiets que n’y serais pas », indique ainsi, ce mercredi, sur Twitter, Muriel Domenach, secrétaire générale du CIPDR. Sollicité par Valeurs actuelles, le préfet délégué Fadela Benrabia ne nous a pas répondu. Quant au procureur Fabienne Klein-Donati, elle était injoignable.
Source :
https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/societe/seine-saint-denis-letrange-compromission-de-letat-avec-le-cofondateur-des-indigenes-de-la-republique-108589

happywheels

4 Commentaires

  1. Franccomtois

    5 juillet 2019 at 7 h 08 min

    Une question,savent-ils dire autre chose que nique la France,mon impression est que ces CPF sur le plan intellectuelle n´amenent rien tout simplement.Nous ne sommes pas riche mais nous serrons les dents pour donner un avenir aux petits Franccomtois,nous leur faisons découvrir les livres,la musique et la volonté d´aller de l´avant,pas de passer son temps á pleurnicher et en vouloir á la terre entiere pour notre galere quotidienne.Nous ne vivons pas en France et le quotidien est particulierement difficile,pas toujours juste,nous critiquons certaines choses du pays d´acceuil sans être insultant.C´est CPF me donne envie de vomir tout simplement,de vrai mendiant,pleurnicheur et aucune dignité.Attention j´ai beaucoup de respect pour celles et ceux qui parmis eux veulent s´en sortir et toute les autres personnes des pays muzz qui veulent apporter la lumiere dans leurs pays oú regne les ténebres.

    Videos:
    Un journaliste algérien: « 80% des musulmans d’Europe vivent des aides sociales » :
    https://youtu.be/ii5GVR5jKUA

    Un écrivain algérien: « Les Arabes sont arriérés et pas adaptés à la civilisation » :
    https://youtu.be/aLEjdpGA0cM

  2. jacko lévy

    5 juillet 2019 at 9 h 50 min

    une tempête ans un verre e thé a la menthe

    qui serait vite maitrisée par l’ expulsion e tous ces Maghrébins dans leur pays d’ origine, ou ce genre de manif serait trés vite résolu, par quelques dizaines d’inculpations pour « complot contre la sureté de l’ état » (j’ adore 😆 ) et ou ces arrogances auraient le temps de se calmer durant les 20 ans de prison infligés

    PS: prisons non pas 5 étoiles comme en France, mais ou les étoiles tu en vois 36 si tu ouvres ta gueule 😆

    en arriver là……en France, comme dirait Du Bellay : « France mère des arts des armes et des lois » (bafouées)

    à Franc Comtois notre fidèle compagnon

    « Un écrivain algérien: « Les Arabes sont arriérés et pas adaptés à la civilisation » :

    je réponds qu il y a dejà 6 siècles le grand Ibn Khaldoun publiait son livre « les prolégomènes » ou on lisait ça a propos des Arabes:

    http://www.amazighworld.org/history/index_show.php?id=1819

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