Antisémitisme : un étudiant de la Sorbonne condamné à un mois de prison avec sursis pour s’être prononcé «contre les juifs» dans un sondage

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Par Clara Hidalgo
Paul L., âgé de 18 ans, était jugé pour avoir répondu en août dernier à un sondage «Les juifs, pour ou contre ?» sur un groupe de discussion WhatsApp de la promotion de première année de licence en économie de la prestigieuse université.
Un étudiant de l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne a été condamné à un mois de prison avec sursis ce mardi 19 mai pour avoir participé à un sondage à caractère antisémite dans un groupe WhatsApp de sa promotion. La peine prononcée par le tribunal correctionnel de Paris prévoit également un stage obligatoire de deux jours au Mémorial de la Shoah.
Paul L., âgé de 18 ans, était accusé d’avoir répondu en août dernier à un sondage «Les juifs, pour ou contre ?» sur un groupe de discussion WhatsApp de la promotion de première année de licence en économie – il a voté «contre» les juifs. Le jeune homme fait savoir au Figaro par le biais de son avocate qu’il ne «pense pas faire appel» de cette condamnation «même si elle est sévère au regard de sa personnalité». Me Marjolaine Vignola explique que son client est un «jeune un peu perdu».

Une autre étudiante attendait le délibéré de son jugement ce mardi mais le tribunal a reporté sa décision en raison d’un problème d’organisation interne. Teba N., également âgée de 18 ans, était accusée d’avoir exclu d’un autre groupe de discussion (cette fois sur Instagram) plusieurs étudiants aux noms à consonance juive – selon elle – en septembre dernier. Elle était poursuivie pour «harcèlement scolaire» et «provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine».
Ces deux jeunes avaient été jugés en février dernier devant le tribunal correctionnel et le délibéré avait été renvoyé au 19 mai. Le parquet avait requis contre Teba N. 10 mois de prison avec sursis et 3 mois avec sursis contre Paul L.. Un stage mémoriel sur la Shoah avait également été requis pour les deux étudiants – à défaut de stage, une amende de 4000 euros a été réclamée.
«Actes antisémites»
Ces dérives antisémites avaient fait grand bruit au moment de la rentrée universitaire 2025-2026. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, avait immédiatement condamné «avec la plus grande fermeté» des «actes antisémites», assurant que «tout sera fait pour poursuivre» les coupables. Les premiers faits se sont déroulés en ligne le 24 août 2025. Un étudiant, Esteban – dont le cas a été renvoyé devant le tribunal pour enfants de Perpignan car il était mineur – a créé un sondage «Les juifs pour ou contre ?» sur un groupe WhatsApp d’étudiants de la même promotion.
Il a lui-même répondu «contre» à son sondage, tout comme Paul L., provoquant l’indignation de certains membres du groupe de discussion. «Tu as fumé la moquette ?», «Ça va pas la tête ?», ont par exemple réagi des étudiants.
Quelques jours plus tard le 15 septembre, plusieurs personnes ont été exclues d’un autre groupe de promotion sur Instagram par Teba N. parce qu’elles avaient, selon elle, des noms à consonance juive. «S’il y a d’autres sionistes dans ce groupe en plus de ceux que j’ai déjà tej [virés], vous pouvez d’ores et déjà le quitter, on veut pas de vous ici. Pareil pour les racistes de manière générale», avait-elle écrit, accompagnant son message d’un drapeau palestinien.
Procédure disciplinaire
À son procès, la jeune femme, étudiante en première année de licence d’économie a expliqué son geste en affirmant que sur Instagram, ces étudiants étaient abonnés à des «comptes militaires pro-israéliens» et au compte «Soutien à Israël», ce qui l’avait «gênée» et conduite à «enlever les profils par précaution» du groupe de promotion, rapporte Le Monde . «Si cela avait été en soutien au Hamas plutôt qu’à Tsahal, j’aurais fait pareil», a soutenu Teba N..
Devant la cour, Paul L. avait de son côté assuré n’avoir eu «aucune arrière-pensée, aucun grief contre le peuple juif». Le jeune homme a expliqué avoir été «très alcoolisé» quelques heures avant de répondre au sondage, détaille Le Monde.
Alertée par les faits, l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne avait engagé une «procédure disciplinaire » contre Teba N., tout en rappelant qu’elle «ne tolérera aucune menace, pression ou campagne de harcèlement» et affirmant que «les actes et propos antisémites, racistes ou xénophobes n’ont pas leur place à l’université». Le 17 novembre, Teba N. avait toutefois été relaxée à l’issue du conseil disciplinaire, poussant la présidente de l’université Christine Neau-Leduc à faire appel de cette décision devant le tribunal administratif.
Loi contre l’antisémitisme à l’université
Le ministre Philippe Baptiste avait soutenu cet appel, estimant qu’il s’agissait de la «bonne décision». «Cette affaire démontre l’urgence de professionnaliser ces instances (…) et la loi Levi-Fialaire apportera cette réponse dès le 1er mai prochain. Elle garantira que des faits d’une telle gravité soient examinés avec toute l’expertise et l’impartialité nécessaires», avait-il ajouté sur X.
Cette loi entrée en vigueur au début du mois prévoit en effet des mesures en matière de sensibilisation et de sanctions disciplinaires, et rend obligatoire la création de «référents» dédiés à la lutte contre l’antisémitisme et le racisme dans les universités.
Source Le Figaro

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2 Commentaires

  1. David 92 dit :

     » sursis… sursis…. sursis  »

    La justice « Hallal ».

  2. benjamin dit :

    cette teba exclut des etudiants dont le nom pourrait etre d origine juive !!et elle cette teba !!son nom est de quelle origine ???qu elle ait donc le courage de notifier ses origines !!foutue conne !!!

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