BOBIGNY-Un « like » sur un appel au meurtre des Juifs fait basculer la carrière d’une agente du ministère de l’Intérieur
Identifiée comme agente du ministère de l’Intérieur, une fonctionnaire affectée à Bobigny a été révoquée après des publications sur X. Le juge refuse de suspendre la sanction.
Une fonctionnaire affectée à la direction territoriale de la sécurité de proximité de Seine-Saint-Denis, à Bobigny, a vu sa révocation disciplinaire confirmée en urgence par le tribunal administratif de Paris. En cause : de nombreuses publications diffusées sur le réseau social X, jugées incompatibles avec les obligations qui s’imposent à un agent public.
Un signalement après un « like »
L’affaire débute au printemps 2024. Selon l’ordonnance du juge des référés, le compte X de cette agente, qui occupait les fonctions d’adjointe à la cheffe du pôle personnel de la DTSP de Seine-Saint-Denis, fait l’objet d’un signalement par le Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation. Le déclencheur est un « like » apposé sur un message appelant au meurtre des Juifs.
Les investigations mettent ensuite au jour de nombreuses publications consacrées au conflit israélo-palestinien.
Des publications jugées incompatibles avec ses fonctions
Dans sa décision de révocation, prononcée en avril 2026, l’administration estime que ces messages présentent un caractère antisioniste, anti-institutionnel et pro-Hamas.
La rectrice de l’académie de Paris, dont dépendait administrativement cette secrétaire administrative détachée au ministère de l’Intérieur, considère que l’intéressée a véhiculé des idées discriminatoires et d’incitation à la haine, en violation des devoirs de neutralité, de réserve, de dignité et d’exemplarité auxquels sont soumis les agents publics.
Selon l’administration, ces publications ont également porté atteinte à l’image du ministère de l’Intérieur.
Le juge passe les messages au crible
Contestant cette sanction, la fonctionnaire demandait en urgence sa suspension, estimant notamment que sa révocation la privait de toute rémunération et qu’aucune faute ne pouvait lui être reprochée.
Mais le juge des référés examine les nombreuses captures d’écran produites par les deux parties.
L’ordonnance relève notamment des messages insultant plusieurs responsables politiques, des publications comparant les Israéliens aux nazis, d’autres niant le droit à l’existence de l’État d’Israël ou relayant de fausses informations sur le conflit.
Le magistrat évoque également des messages mettant en doute ou relativisant le caractère terroriste du Hamas, ainsi que des publications valorisant le traitement réservé par le mouvement islamiste à ses otages.
Son identification comme agente a pesé
Autre élément déterminant : son identification comme agente publique. Le juge souligne que son compte X, public et suivi par près de 3 000 personnes, pouvait être rattaché à son identité. Au cours d’un échange sur le réseau social, elle écrivait notamment : « Je pars pour le ministère de l’Intérieur. »
Son compte Facebook mentionnait par ailleurs qu’elle travaillait au ministère de l’Intérieur.
Pour le tribunal, cette identification renforçait les conséquences de ses publications sur l’image de son administration.
La révocation reste en vigueur
Le juge estime ainsi qu’aucun des arguments avancés n’est susceptible, à ce stade, de faire naître un doute sérieux sur la légalité de la sanction. La demande de suspension est donc rejetée et la révocation demeure applicable.
L’affaire n’est toutefois pas terminée. Si la fonctionnaire poursuit son recours au fond, le tribunal administratif de Paris devra encore se prononcer sur la légalité définitive de cette révocation dans les prochains mois. Si cette sanction était finalement annulée, elle pourrait ensuite demander réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis.
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