FRANC-MACONNERIE -Thomas Guénolé suspendu un an du Grand Orient de France
Soutien à la Jeune Garde, propos sur le 7 Octobre, comportement en loge… Selon nos informations, Thomas Guénolé a été suspendu pour un an par la plus haute instance judiciaire du Grand Orient de France.
Après avoir assumé en janvier 2026 son appartenance au Grand Orient de France, obédience maçonnique, Thomas Guénolé s’est montré depuis étonnamment discret sur le sujet. Il faut dire que, selon des informations portées à la connaissance du Point, le politologue a été suspendu un an par le Grand Orient en avril dernier. Une décision qui s’inscrit dans la lignée de notre enquête parue en janvier, décrivant l’entrisme des Insoumis et de leurs relais au sein de l’obédience républicaine.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’appartenance ouvertement assumée de Thomas Guénolé au Grand Orient de France a fait grincer des dents sur les parvis des loges. Le politologue, ancien pilier de La France insoumise, dont il chante à nouveau les louanges aujourd’hui après un parcours très chaotique, avait tenu à rendre public sur son compte X son appartenance au Grand Orient. Une annonce censée couper l’herbe sous le pied du Point, qui l’avait contacté pour en savoir plus sur les tensions en interne suscitées par certaines de ses prises de position.
Depuis, Thomas Guénolé, ancien passager d’une des flottilles pour Gaza, aux côtés notamment de Rima Hassan, a enchaîné les sorties polémiques. Il a, par exemple, pris position en faveur de la Jeune Garde, collectif d’ultragauche dissous par le ministère de l’Intérieur, dans le cadre du meurtre du militant identitaire Quentin Deranque, tué à Lyon le 14 février 2026. « Je veux dire aux jeunes militants antifascistes de tout le pays, et notamment à Raphaël Arnault, que je suis fier d’eux : face à la montée de l’extrême droite, leur détermination est précieuse », écrivait-il sur Instagram quelques jours plus tard.
Une décision de la Chambre suprême de justice maçonnique
C’est une interview, donnée en février au média turc Nouvelle Aube, relais du régime d’extrême droite d’Erdogan, connu pour véhiculer des propos homophobes et complotistes, qui a été la goutte de trop. Visé par une plainte du conseil de l’ordre, l’organe exécutif du Grand Orient de France, Thomas Guénolé a vu en avril ses « droits et qualités maçonniques » suspendus pour une durée d’un an.
Cette décision n’a pas été prise par un jury régional, mais par la Chambre suprême de justice maçonnique, une instance supérieure et indépendante du conseil de l’ordre, chargée notamment des procédures en vue de suspendre ou d’exclure un franc-maçon.
Cette plainte a été motivée par « son soutien aux actions du Hamas, sa relativisation des morts israéliens le 7 Octobre, son soutien à la Jeune Garde », mais aussi « son comportement en loge », énumèrent plusieurs sources internes. Une décision dont Thomas Guénolé pouvait interjeter appel, ce qu’il n’a pas fait. Contacté, il n’a pas souhaité commenter.
Embarras général
De son côté, il avait réfuté tout soutien au Hamas, après avoir été vivement critiqué pour avoir mis en avant sur ses comptes sociaux un autre passager de la « Global Sumud Flottilla », un des convois ayant pris la route pour Gaza en 2025. Celui-ci portait un tee-shirt dont le motif évoquait l’arrivée des terroristes en parapente lors des attaques du 7 Octobre.
Depuis, le politologue embarrasse jusque dans les rangs propalestiniens, après avoir proposé en août de débattre avec Alain Soral, antisémite et négationniste multicondamné. Une invitation acceptée par Alain Soral lui-même, occasionnant de nombreuses critiques à Thomas Guénolé sur les réseaux sociaux, sans recueillir le soutien de La France Insoumise.
De son côté, l’obédience élira le 27 août prochain lors du convent de Bordeaux son nouveau Grand Maître. Une élection où Guillaume Trichard, ancien Grand Maître, fait figure de favori.
Source Le Point
