Mickaël Harpon : terroriste ou schizophrène ? Les dernières révélations de l’enquête

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Deux mois après la tuerie, le profil psychologique de Mickaël Harpon dressé par les enquêteurs révèle une personnalité « affectée par une problématique de schizophrénie ».
Le 3 octobre dernier, Mickaël Harpon, fonctionnaire de la Préfecture de police de Paris, poignardait à mort quatre de ses collègues dans les locaux de la prestigieuse direction du renseignement. Deux mois plus tard, l’enquête en cours diligentée par le parquet antiterroriste permet d’affiner le portrait posthume de l’agent administratif chargé de l’entretien du matériel informatique. A-t-il commis un acte terroriste? Est-ce plutôt le geste fou d’un homme au psychisme ébranlé? Ou même ce que les Anglo-saxons qualifient de « suicide by cop », un suicide par policier interposé? Pour le moment, les responsables policiers se gardent bien de trancher. « De toute façon, comme il est mort, on ne saura sûrement jamais le fin mot de l’histoire », lâche un gradé de la police. « S’il avait vécu, les experts auraient-ils conclu à une altération au moins partielle du discernement? La question pourrait se poser », complète une source proche du dossier.
Le profil dressé par un psychologue de la brigade criminelle montre « une personnalité extrêmement trouble et fragile, certainement affectée par une problématique de schizophrénie », ayant « trouvé une ressource dans la religion avec un environnement d’individus salafistes », comme le résume un bon connaisseur de l’affaire. D’ailleurs, la nuit précédant la tuerie de la préfecture, Harpon se montre très agité. Ses cris réveillent sa famille et même quelques voisins aux petites heures du matin, comme l’a révélé L’Express. Sa femme Ihlam décrira aux enquêteurs une scène qui confine à la folie: son mari, comme possédé, tremble de tout son corps et alterne prières, pleurs et incantations religieuses. « Papa va se suicider », s’inquiète l’un de ses deux enfants.

Les fantômes de son douloureux passé ont-ils rattrapé ce Martiniquais de 45 ans? « Il a vécu une enfance chaotique, raconte un policier. Il a été maltraité, abandonné, puis placé, mais sans jamais vraiment rompre les liens avec sa famille biologique. Et la grave méningite dont il a souffert lui a laissé un lourd handicap auditif. Fragile psychologiquement, il a trouvé un soutien dans l’islam. »
Converti depuis une dizaine d’années, il pratique assidûment sa religion et fréquente des salafistes. En 2015, après l’attentat de Charlie Hebdo, il justifie l’attaque qui a coûté la vie à 12 personnes : le journal satirique l’a bien cherché, ses journalistes s’en sont pris à Allah avec leurs caricatures de Mahomet. Ce dérapage ne sera pas signalé à la hiérarchie. Harpon prend ses distances vis-à-vis de ses collègues féminins. Mais ce rigorisme fait long feu, semble-t-il. « Il est passé dans mon service, peu de temps avant le 3 octobre, et je l’ai vu faire la bise aux agentes administratives », témoigne un cadre de la direction du renseignement.
Au fil des ans, les frustrations ont assombri le quotidien de Mickaël Harpon. Au travail, il réclamait des stages et une progression hiérarchique qui ne venait pas. A la maison, il ne parvient pas à oublier la « femme de sa vie »: celle dont il était tombé éperdument amoureux alors qu’il était séparé de son épouse. Il a peut-être renoué avec la mère de ses enfants, mais son coeur est ailleurs.
Les importantes investigations techniques ont apaisé les premières craintes: l’agent Harpon n’a pas transféré de données sensibles vers des correspondants extérieurs ou vers ses supports informatiques personnels. « Il avait accès à des documents administratifs, mais pas aux notes classifiées, ni aux éléments concernant les informateurs de la direction du renseignement », précise un policier. Aucune propagande djihadiste n’a été détectée dans son ordinateur, ni dans son téléphone, uniquement des « pièces relevant du fonds documentaire du service ».
La clé USB retrouvée dans son bureau contenait les mêmes éléments que ceux détenus par ses homologues du service informatique: du contenu issu des sauvegardes d’ordinateurs. Les enquêteurs ont même réussi à rétablir des données effacées sur son Mac personnel sans pour autant y déceler un quelconque élément incriminant. Seule sa messagerie Gmail n’a pas encore pu être exploitée par les policiers. Une demande d’entraide internationale pourrait être émise.
Reste le mode opératoire du secret et taciturne Mickaël Harpon : la façon dont il a égorgé sa première victime rappelle les exécutions mises en scène par les djihadistes de l’Etat islamique. « Mais, objecte un responsable de la préfecture, s’il avait vraiment été un infiltré désireux de commettre un acte terroriste, il aurait pu s’en prendre aux chefs, comme à la directrice du renseignement Françoise Bilancini dans le bureau de laquelle il se rendait parfois, ou même au préfet de police Didier Lallement, qu’il croisait quelques fois. »
Source :
https://www.lexpress.fr/actualite/societe/enquete/terroriste-ou-schizophrene-les-dernieres-revelations-de-l-enquete-sur-mickael-harpon_2109667.html

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2 Commentaires

  1. roni

    3 décembre 2019 at 12 h 35 min

    ils ont mis un faible pour commetre un attentat le but c est de s attaquer a un symbole la pp.

  2. Hector

    3 décembre 2019 at 13 h 04 min

    « Mais, objecte un responsable de la préfecture, s’il avait vraiment été un infiltré désireux de commettre un acte terroriste, il aurait pu s’en prendre aux chefs, comme à la directrice du renseignement Françoise Bilancini dans le bureau de laquelle il se rendait parfois, ou même au préfet de police Didier Lallement, qu’il croisait quelques fois »

    Faudrait que ce « responsable » soit sommé d’exposer sa thèse fumeuse aux familles des victimes, dont celles du bataclan. Entre les déséquilibrés assassins et les nuls qui n’ont toujours pas compris mais qui sont aux commandes, y a du soucis à se faire POUR LES GOUVERNANTS .

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