France : procédures contre six mosquées et des associations

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Le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé la prochaine dissolution de dix associations et la fermeture de six mosquées
ENTRETIEN – Les deux locataires de Beauvau annoncent la dissolution de six lieux de culte et de dix associations radicales.
Le 2 octobre 2020, Emmanuel Macron déclenchait aux Mureaux l’offensive contre le «séparatisme islamiste» et se faisait le chantre de la «République en actes». Un an après, alors que la charia tente de s’imposer dans les cités gangrenées par le salafisme, l’heure est au bilan.
Le thème sera ce mercredi au cœur du Conseil des ministres. Dans un entretien au Figaro, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, et la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, dévoilent leur nouveau plan de bataille.
LE FIGARO. – Un an après qu’Emmanuel Macron a déclaré la guerre au séparatisme islamiste, que répondez-vous à ceux qui vous accusent de mollesse dans la lutte contre les mosquées radicales?
Gérald DARMANIN. – Jamais un gouvernement n’a fait autant contre l’islamisme politique. Une dizaine de structures ont été dissoutes en quatre ans. C’est-à-dire trois fois plus que sous les deux précédentes mandatures réunies. Avant même la loi séparatisme promulguée fin août, cette lutte a été à l’origine de 24.000 contrôles menés tous azimuts et de 650 fermetures de lieux fréquentés par des fondamentalistes. Par ailleurs, les 89 lieux de cultes soupçonnés d’être radicaux et répertoriés par les services de renseignement ont tous été contrôlés depuis novembre et un tiers sont désormais fermés ou hors d’état de nuire.

Des procédures sont enclenchées pour en fermer six autres dans la Sarthe, en Meurthe-et-Moselle, en Côte-d’Or, dans le Rhône ou encore dans le Gard. Nous adoptons aussi une stratégie d’entrave pour empêcher leur construction, comme à Valenton, où nous avons fait retirer la garantie d’emprunt. À Strasbourg, nous nous sommes même opposés à la construction de la mosquée, en dépit d’élus locaux qui y étaient favorables. La détermination du président de la République est totale.
Les attaques contre la laïcité et l’influence de l’islam radical se déploient aussi sur les réseaux sociaux. Que fait l’État pour endiguer la haine en ligne?
Marlène SCHIAPPA. – Nous avons renforcé les moyens de la plateforme de signalements en ligne Pharos, qui fonctionne désormais 24 heures sur 24 et permet aujourd’hui de supprimer 80 % des contenus haineux portés à sa connaissance, en moins de 48 heures
Une inédite unité de contre-discours républicain a en outre été créée au sein du ministère de l’Intérieur: elle réunit une vingtaine de personnes qui font de la veille sur les réseaux sociaux, débusquent les influenceurs de la «djihadosphère» et empêche leurs mensonges et leurs menaces de se répandre. Nous avons lancé un appel à projets, via le fonds Marianne, doté de 2,5 millions d’euros, pour mobiliser la société civile dans ce contre-discours.
Depuis les coups d’arrêt prononcés contre le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) ou BarakaCity, le rythme des dissolutions d’associations semble avoir marqué le pas. Qu’entend faire l’exécutif pour accélérer la lutte?
G. D. – D’abord, rappelons que nous avons déjà dissous cinq associations liées à l’islam politique et à la propagande djihadiste. La loi séparatisme nous permet désormais d’aller plus loin. Ce mercredi, en Conseil des ministres, je vais demander la dissolution de deux structures: la maison d’édition islamiste Nawa, qui incite à l’extermination des Juifs et légitime la lapidation des homosexuels, ainsi que la Ligue de défense noire africaine, qui appelle à la haine et à la discrimination. Dans l’année qui vient, dix autres associations vont faire l’objet d’une procédure de dissolution, dont quatre dès le mois prochain.
Quelques dizaines d’écoles posent encore des problèmes, en particulier les structures « coraniques » qui donnent cours dans leurs locaux. Elles font l’objet de contrôles très poussés.
Gérald Darmanin
Lesquelles sont dans votre viseur?
G. D. – Parmi elles figurent une structure censée lutter contre l’«islamophobie» dans le Rhône, une association salafiste dans l’Est, une autre qui verse dans le pseudo-humanitaire. Nous avons aussi procédé à 205 gels d’avoirs d’associations proches de la sphère séparatiste et nous ciblons les personnes radicalisées: deux imams ont ainsi tout récemment fait l’objet d’une procédure d’expulsion. À Gennevilliers, nous avons invité les fidèles à se séparer de leur imam pour éviter de voir leur lieu de culte fermé.
Le discours des Mureaux a frappé les esprits et déstabilisé les plus radicaux: certaines mosquées qui se savent dans le collimateur font désormais relire les prêches par des avocats ; d’autres se sont délocalisées en Angleterre ou en Turquie tandis que leurs responsables ont fui le territoire national. J’y vois une grande victoire de la République. Nous commençons à diffuser la terreur chez ceux qui voulaient nous l’imposer.
Emmanuel Macron a annoncé qu’il fallait libérer l’islam de France des influences étrangères et qu’il fallait mette fin au système des imams détachés. Où en est-on?
G. D. – La promesse du chef de l’État sera tenue. Nous comptons aujourd’hui quelque 350 imams détachés en France. Il n’y en aura plus en 2023. Ces imams ne sont pas toujours islamistes, mais ils sont les porte-parole d’un État étranger. Pour éviter que certains d’entre eux se maintiennent sur le territoire, j’ai donné une instruction très claire aux préfets: toute conversion de titre de séjour d’imam détaché sera interdite. En France, pour organiser le culte, on peut être étranger, mais on ne peut pas être payé par un État étranger.
Le «contrat d’engagement républicain», outil visant à contraindre les associations à respecter les principes de la République, figure dans la loi mais n’a toujours pas été mis en place. Quand verra-t-il le jour?
M. S. – Nous préparons le décret d’application. Nous sommes aujourd’hui en phase de consultation, avec les associations, mais aussi les élus locaux, qui seront chargés d’appliquer ces contrats et de demander le remboursement de subventions, si les structures n’ont pas une activité conforme à nos valeurs.
Le contrat d’engagement républicain sera intégré au dossier de demande de subvention, et le moindre écart fera l’objet de signalements. Il entrera en vigueur en janvier 2022. L’idée est simple: pas un euro ne doit être versé aux ennemis de la République. Par exemple, si la loi avait existé, le maire de Grenoble, Éric Piolle, aurait pu récupérer l’argent public qu’il a choisi d’utiliser pour financer le CCIF.
«L’école doit redevenir un creuset républicain», a déclaré le chef de l’État en octobre 2020. Comment contrer les extrémistes qui continuent à infiltrer les établissements hors contrat?
G. D. – Quelques dizaines d’écoles posent encore des problèmes, en particulier les structures «coraniques» qui donnent cours dans leurs locaux. Elles font l’objet de contrôles très poussés avec le concours du ministère de l’Éducation nationale, sachant qu’une dizaine de ces écoles ont été fermées depuis un an. Je veux saluer ici l’excellent travail fait par Jean-Michel Blanquer et ses services dans cette lutte contre l’islam radical.
Une réserve générale de polygamie est ainsi introduite dans notre droit pour retirer ou refuser tout titre de séjour aux étrangers en situation de polygamie.
Marlène Schiappa
Des plans de lutte contre la radicalisation sont menés depuis 2017 dans 15 quartiers en proie au communautarisme. N’est-il pas temps de changer de braquet pour élargir le champ d’action?
G. D. – Cette action s’est révélée efficace. Mais plus l’État met la pression sur les lieux de culte et des établissements, comme les clubs sportifs, par exemple, plus la radicalisation change de lieu. Nous allons donc passer d’une logique de territoire – ces 15 quartiers visés – à une logique de profession – snacks, associations présentées comme caritatives mais dirigées par des islamistes, librairies islamiques diffusant des textes salafistes et des écrits antisémites… Au total, 175 sites vont être visés. Nous investissons le champ culturel.
Vous avez promis de renforcer votre lutte contre les certificats de virginité, les mariages forcés et la polygamie, laquelle concernerait 125.000 femmes en France. Où en sommes-nous?
M. S. – Nous appliquons désormais des dispositions qui manquaient jusque-là dans le droit. Une réserve générale de polygamie est ainsi introduite dans notre droit pour retirer ou refuser tout titre de séjour aux étrangers en situation de polygamie. La loi a été votée, mais il faut désormais la faire connaître et la faire appliquer. C’est pourquoi j’ai réalisé, avec la fédération nationale GAMS, un guide des pratiques contraires à la dignité humaine, qui est mis à la disposition des associations et des élus locaux à partir du 3 octobre. Il faut en passer par un combat culturel pour que la loi soit véritablement appliquée.
L’exécutif a choisi de durcir drastiquement l’octroi de visas aux Algériens, Marocains et Tunisiens. Pourquoi décider de hausser le ton maintenant?
G. D. – Pour inciter nos voisins à accepter de réadmettre leurs ressortissants, nous avons décidé de prendre des mesures fortes. Nous avons par ailleurs augmenté de 70 % les retraits ou refus de titre pour motif d’ordre public depuis ma circulaire du 29 octobre dernier. Quelque 41.000 personnes sont concernées. On ne peut accepter ni le renouvellement ni l’adhésion au titre de séjour français si on a été condamné pour trafic de stupéfiants, violences intrafamiliales ou conjugales, menaces, etc. Grâce à l’opération Plaza, 361 des 1100 étrangers condamnés à cinq ans de prison et plus ont déjà été expulsés du territoire en deux mois.

La dernière rentrée du quinquennat est marquée par la persistance des discours sur l’identité nationale, à droite et à l’extrême droite. Ce thème sera-t-il au cœur de cette campagne?
G. D. – Je n’ai jamais été persuadé que l’identité culturelle était la principale préoccupation des Français. La grande question qui les intéresse, c’est l’économique et le social. Ils ont besoin de sécurité et de maîtrise de l’immigration, mais c’est d’abord le travail et la baisse du chômage qui les intéressent.
Votre ami, l’ancien premier ministre Édouard Philippe, crée son parti le 9 octobre. Le rejoindrez-vous?
G. D. – Je suis adhérent de LREM depuis que j’ai été exclu des Républicains. Je resterai évidemment dans le parti du président de la République, par loyauté. J’ai par ailleurs eu l’occasion de dire tout le changement nécessaire qu’il fallait faire au sein d’En marche! pour en faire un mouvement plus proche de nos concitoyens. Édouard Philippe a mon entier soutien amical, et je fais partie de ceux qui pensent qu’il peut apporter énormément à notre majorité et dans la réélection du président de la République.
SOURCE
https://www.lefigaro.fr/actualite-france/gerald-darmanin-et-marlene-schiappa-nous-n-avons-jamais-autant-fait-contre-l-islamisme-politique-20210928

happywheels

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  1. joseparis dit :

    Effet d’annonce comme d’habitude avec Darmanin. Tout le monde court derrière Zemmour et ses propositions, puisque c’est lui qui imprime le rythme de la campagne pour l’instant. Cela fait presque 5 ans que ce gouvernement est au pouvoir avec des résultats sur la sécurité qui sont nuls. L’ensauvagement et l’islamo-gauchisme ont progressé à vitesse grand V dans la société. On sait très bien que presque personne n’est expulsé de France. Les français souffrent de cette situation au quotidien.

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